‹ Le commerce des grains dans la généralité d'Orléans: d'après la correspondance inédite de l'intendant CypierreChapitre 62 sur 74 · LXXXII · texte numérisé non relu

LXXXII

Lettre de M. de Montigny, du 25 octobre 1168.

M. — Comme ce n'est point mon avis particulier qui doit régler ce qu'il y a à faire dans la circonstance présente, je puis plus volons tiers le hasarder. Je ne connais qu'un remède qui puisse s'opposer avec succès au monopole : c'est la libre et entière concurrence. Je ne connais, au contraire, aucune précaution, aucun règlement^qui ne le fasse naître et ne le protège. Il résulte cependant de ce que vous me mandez qu'il est absurde d'accuser la liberté de produire la cherté ; car cette liberté ne peut exister avec la foule de règlements de toutes sortes et de toutes les manières imaginées par les juges de police. Us n'ont pu déraciner le monopole ni empêcher la cherté ; mais il est difficile d'arrêter ces juges de police, lorsqu'ils se croient surtout soutenus parle Parlement. S'ensuit-il de là qu'il faille une loi pour autoriser ce qui, au vu et au su de tout le monde, n'a point fait de bien et ce qui, au jugement de tous ceux qui oni le plus approfondi la matière, peut faire beaucoup de mal ? Je ne le pense pas. Quant à contenir les officiers de police, je ne connais de moyen efficace de le faire que de leur faire lire les lois qui sont rendues ; s'ils ne veulent pas les exécuter, ils font le mal. .le conviens que le remède est difficile à trouver, mais je ne le crois pas dans un règlement. C'est, au surplus, ce qui fait l'objet des délibérations du Conseil du Roi. J'ai mon opinion, mais elle m'est particulière. Pour régler ma conduite, je ne connais que les lois et les décisions du Conseil. Je suis, etc.

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