LXXXVII
Autre lettre du Suhdélêgué de Montargis à M. de Cy pierre, du W octobre il68.
M. — J'ai eu l'honneur de vous rendre compte, par le derniei ordinaire, de ce qui s'était passé à l'occasion du blé arrêté le 23 de ce mois par la populace de cette ville. Hier, j'ai reçu une lettre de M. le Contrôleur Général qui me marque, entr'autres choses, vous avoir écrit pour me faire passer les ordres nécessaires pour arrêter à l'avenir pareils procédés, et que, pour ne pas faire perdre à un voiturier un temps qui lui est précieux, il m'écrit directement pour éclaircir les faits et procurer à ce voiturier les moyens de conduire son grain à Fontainebleau, lieu de sa destination , ou autres endroits où on en a le plus besoin, et de prendre les mesures pour éviter toute rumeur de la populace. En conséquence, je me suis arrangé avec M. Aulas de façon que le blé a été chargé et est parti sans le moindre attroupement ni la moindre émotion. Mais j'ai été bien étonné quand ce voiturier est revenu ici dire qu'il avait été arrêté auprès de la première poste par une multitude de peuple qui s'était embusqué dans la forêt. La maréchaussée s'y est transportée sur-le-champ, a trouvé les voitures qui avaient été conduites auprès du château de Cepoy et un seul homme auprès, qui en a déclaré plusieurs, en soMe qu'il y en a six ici en prison. Il paraît que le plus grand nombre de cette populace est des paroisses de Cepoy et Chalette (1). La maréchaussée va informer de cet attroupement et émotion populaire, et uh détachement a escorté le voiturier pour suivre sa rdute. Je rends compte de tout aujourd'hui à M. le Contrôleur Général.
Je suis, etc. . .
(1) Cepoy et Chalette, département da Loiret, arrondissement et canton de Montargis.
[LXXXVIIl]
Lettre de M. le Contrôleur Général, du 25 octobre il 68.
M. — Je vous envoie copie de la lettre que j'ai pris le parti d'écrire à votre subdélégué de Montargis pour ne pas perdre de temps et entretenir la liberté de la circulation des grains, que je crois être le seul moyen d'en modérer la cherté. Je vous prie de lui mander de prendre toutes les mesures nécessaires pour que le voiturier qui m'a porté ses plaintes ne soit pas arrêté, et de prendre toutes les précautions que vous jugerez les meilleures pour empêcher que pareilles choses arrivent dans d'autres lieux de votre généralité. Je suis, etc. . .