LXXXIX
Copie de la lettre de Af. le Contrôleur Général au subdélégué de Montargis, du 25 octobre il68.
J'apprends, M., par le nommé Jean Petiard, voiturier, qu'il a été arrêté à Montargis conduisant 5ii setiers de froment, qui étaient destinés pour être vendus ici. Cette interruption dans le commerce des grains ne peut que faire le plus mauvais effet et augmenter de beaucoup la cherté qui se fait sentir sur la plupart des marchés. Cette démarche de la part des habitants de Montargis parait d'autant plus extraordinaire qu'on m'assure qu'on n'y manque pas de grains et qu'elle est proscrite par toutes les lois et par la raison. J'en écris à M. l'Intendant pour qu'il vous fasse passer les ordres nécessaires pour arrêter ces entraves. Mais, pour ne pas faire perdre à ce voiturier un temps qui lui est précieux, j'ai cru devoir vous écrire directement pour vous engager à éclaircir les faits et à procurer à ce voiturier les moyens de conduire son grain dans le lieu de sa destination et dans les endroits où on en a le plus besoin. Vous prendrez à cet effet toutes les mesures que votre prudence pourra vous suggérer pour éviter toute rumeur de la part de la populace. Je suis, etc. . .