VENTE
Bien avant nous, les étrangers et, en particulier, les allemands et les anglais, ont apprécié le merveilleux parti que leur industrie pouvait retirer de l'utilisation de nos bois coloniaux.
Les américains eux-mêmes n'ont pas hésité à s'assurer des lots importants de ces bois, lesquels nous ont été maintes fois revendus comme bois de l'Honduras.
Sitôt après la guerre, l'Italie s'intéressa à la question ; il lui fallait, comme nous, reconstituer ses stocks. La Hollande suivit le mouvement.
Cette situation, d'ailleurs, ne s'est guère améliorée. Il suffira au lecteur de comparer les entrées dans nos ports à celles de Liverpool, Hambourg, Brème et Gênes pour mesurer l'effort qui nous reste à accomplir afin d'assurer à notre industrie le droit de priorité sur cette matière première, que la grande forêt de l'Afrique équatoriale nous offre avec une prodigieuse libéralité.
Examinons maintenant, les diverses modalités utilisées parles colons pour la réalisation des bois exploités.
Ce mode découle de leur organisation, et l'on peut classer les différentes méthodes de vente comme suit :
Vente anticipée ; Vente forcée ; Vente sur plage ; Vente directe fob ou caf.
Il6 LE COKMERCE ET L'EXPLOITATION" DES BOIS DU GABON
Vente anticipée.
L'énergie ne manque certes pas aux exploitants forestiers. Enthousiasmés par le récit souvent exagéré, de fortunes rapidement constituées avec de faibles moyens, confiant en eux, ils négligent trop souvent d'étudier la voie dans laquelle ils s'engagent. Sans capitaux ou tout au moins sans capitaux suffisant à l'exploitation rationnelle d'un permis de coupe, comment se trouvent-ils amenés à devenir exploitants ?
Employés de sociétés, agents d'exploitants, à fin ou en rupture de contrat, fonctionnaires en disponibilité ou démissionnaires, ils s'adressent aux sociétés d'approvisionnement et obtiennent sans difficulté l'avance de la nourriture nécessaire à la main-d'œuvre indigène qu'ils vont employer.
Cette avance en nature, consiste en petit matériel nécessaire à l'exploitation et en aliments de première nécessité indispensables à l'entretien des indigènes, et leur est faite à la condition expresse qu'une fois le bois exploité et rendu sur la voie d'évacuation (lac ou rivière), il devienne la propriété de la société qui a consenti les avances.
Bien entendu, le prix de cette livraison a été fixé par la société, qui déduit le montant de ses factures du montant de cette dernière et remet au coupeur la soultc restant à son crédit.
En principe, le coupeur ne connaît le prix auquel lui sont facturées les avances en nature, qu'au moment du règlement.
Vente forcée.
D'autres exploitants disposant d'un capital de 3o.ooo à 5o.ooo francs se mettent à l'œuvre.
Certains d'entre eux analysent leur plan d'action dans son ensemble, sans prévoir toutes les nécessités : d'autres les ayant envisagées, comptent sur leur énergie et leur travail pour en venir à bout.
EXPLOITATION FOHESTIEUE