‹ Le commerce et l'exploitation des bois du GabonChapitre 36 sur 56 · II · texte numérisé non relu

II

Le recrutement de la main-d'œuvre, l'achat du matériel et des provisions de bouche ont épuisé rapidement leurs disponibilité financière ; ils attendent maintenant que l'évacuation des bois leur soit possible.

Ils scrutent l'horizon chargé de gros nuages noirs mais la pluie se fait attendre, les rivières manquent d'eau et les radeaux qu'ils espéraient vendre à Port Gentil ou dès leur arrivée à la grande voie d'évacuation sont immobilisés.

Il leur faut cependant réaliser ces radeaux. De leur réalisation dépend pour ces exploitants la possibilité de continuer leur travail.

Deux moyens s'offrent à eux : ou demander des avances aux sociétés d'approvisionnement ou leur vendre le bois.

Dans le premier cas, ils opèrent comme il est dit au chapitre précédent. Dans le deuxième, ils cèdent aux offres qui leur sont faites, et réalisent, au plus bas prix, le stock de bois sur lequel ils avaient fondé de bien meilleures espérances.

Il serait trop long d'exposer ici les autres circonstances pouvant mettre ces exploitants dans cette même alternative.

Vente sur plage.

La plage de Port-Gentil s'étend de la pointe Clairette à la pointe Akosso, sur une longueur de 5 kilomètres environ. C'est là que se tient le plus gros marché de bois de toute la côte.

Tous les bois disponibles venant du Fernand Yaz, du bas Ogoné, de l'N'Gounié et des grands lacs y sont rassemblés par les acheteurs et les exploitants ; les uns, en vue de leur évacuation vers l'Europe, les autres pour les y réaliser suivant un cours qui s'établit, tant en rapport avec la demande qu'avec la quantité de bois disponible.

La plupart des exploitants s'y sont assurés des parcs à

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bois où les radeaux sont stockés, à l'abri des risques du mauvais temps, moyennant une redevance versée à l'Administration locale.

Malgré les précautions prises par les propriétaires de radeaux et en raison de l'absence de tous travaux d'aménagement, il n'est pas rare de voir quelques trains, dont la valeur moyenne est de 4o.ooo francs, se perdre en mer.

Ces bois y attendent à Port-Gentil leur embarquement pour la Métropole ou les offres des acheteurs français ou étrangers.

L'importance de ces ventes directes grandira, au fur et à mesure du progrès d'organisation des coupeurs.

Vente Fob ou Caf (ports Européens).

Quelques exploitants forestiers, dont nous souhaitons voir, chaque année, s'augmenter le nombre, vendent fob ou caf (ports européens), tout ou partie de leur production.

Cette méthode est la résultante :

i° De la connaissance approfondie des besoins de l'industrie et du commerce des bois en Europe.

2° De la puissance financière de l'exploitant ;

3° De la réputation acquise par la marque des exploitants.

Il est à souhaiter qu'une organisation professionnelle des exploitants forestiers au Gabon, permette à ses membres adhérents un contact plus direct avec les acheteurs européens, et en particulier avec ceux de notre pays. Acheteurs et exploitants y trouveront leur compte.

Les commerçants en bois établis au Gabon sont tenus à payer une patente de différentes classes.

Ils sont également tenus de déposer au greffe du Tribunal la marque d'un marteau carré, devanl servir à marquer les bois achetés par eus aux exploitants. Le marteau de ces derniers affecte la forme d'un triangle.

EXPLOITATION FORE8TIERE [ig

L'examen des billes permet ainsi de déterminer leur provenanee.

Nous reproduisons un avis de l'Administration de l'A. E. F., paru au Journal Officiel de la Colonie du ier mars 1925.

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