‹ Le commerce et l'industrie à FezChapitre 16 sur 63 · RÉCAPITULATION DES EXPORTATIONS · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION DES EXPORTATIONS

a) Régions et villes du Maroc (voir Ténumération ci-dessus.) Impossible à évaluer pour l'instant.

&) France : peaux de chèvres {jeld el mâz) (pour 300.000 fr. environ, dont 100.000 fr. restent en France); cuir de bœuf {jeld el beger): pour 100.000 fr. environ dont 40.000 fr. restent en France; zoiian (sorte d'ivraie): pour 20.000 fr. environ; poil de chèvres (char del Tna^r): pour 25.000 fr. environ; terre à savon (r'asoul) ; laines brutes (exportations très variables suivant les années).

c) Egypte: babouches (fielr'à); haïks neufs en \dime (çouf) ; haïks neufs en soie (h' erir); haïks vieux et lavés (hiah ba/in mecehbenin) ; ceintures « Algériennes » de YQzQi'ezoumdzirin. On estime à un peu plus d'un million le commerce d'exportation que fait la ville de Fez en Egypte.

â) Sénégal : babouches (pour 400.000 fr. environ tous les ans).

e) Algérie : babouches (pour 400.000 fr. environ par année) ; burnous confeclionnés à Fez; kaïks de laine, de coton, de soie, laine et soie; djellabas de laine ; tamis.

f) Angleterre : dattes (temer); impossible à évaluer.

•g) Espagne: dattes; tripes et boyuux (m^sr^m) ; peaux de cfeèvre [jeld el Tnâz).

h] Inde : Tlgentecht (impossible à évaluer).

En 6x<'eptant TEgyple et le Sénégal, les exportations ne se font pas par rîntermédîaire d'agents spéciaux; les mêmes gros commerçants de Fez qui s'occupent d'importation, les mêmes intermédiaires de Marseille et de Tanger auxquels on a recours pour les articles dlmportation, s'occupent de rexportatîon des produits de Fez. Nous avons vu au chapitre II qu'il y a en Egypte et au Sénéeral un certain nombre de F<xsi établis à demeure, assof^iès, correspondanls ou commissionnaires des négociants de Fez, et qui s'occupent uniquement de commander des articles manufacturés à Fez.

Le marebé de Fez souffre aujourd'hui plus que jamais de l'anarchie qui subsiste dans le pays depuis trois ans et tint que le p*ays continuera à être administré par les seuls et ru dîmen taire moyens du Makzen, ee commerce ne prendra aucune extension. lî restera slationnaire et peutêtre ne turdera-t-ît pas à diminuer.

Avant l'année 1902, les babouches, haïks et burnous de laine destinés à l'Algérie étaient expédiés par la route do Taza-Oujda. Mais depuis l'avènement du Suit-an actuel, ce trafic par voie de terre avait peu à peu rtiminué, puis cessa enfin complètement vers la fin de l'année 19G2, par suite des troubles de la région de Taza. En outre, l'iusurr«5Ction de Bcu-Amara a mis fin à l'important commerce de bœufs dirigés des tribus des environs de Fez (Cheraga, Oulad-Djemaâ, Hyaïna) vers le marché de Lalla-Mamia.

Si les transports étaient moins coûteux et les routes plus sûres, on pourrait exporter utilement les produits suivants qui se trouvent sur lemar* ché de Fez:

— co —

Cornes (provenant des abattoirs de la ville, où la consommation de bœufs est abondante) ;

Cire vierge (apportée par les tribus des environs qui fournissent également la ville de miel);

Résidus de peaux pour la fabrication de la colle. (Ils sont considérés à Fez comme inutilisables et rejetés à la rivière, près des tanneries.) ;

Feuilles do roses. (Les rosiers sont cultivés dans tous les jardins qui environnent Fez.) ;

Palmier nain. (Ce végétal est abondant dans toute la région. Utilisé sur place pour la fabrication du crin végétal, il pourrait être exporté sous cette forme.).

iinlin Fez possède au point de vue industriel une richesse naturelle qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans les autres villes du Maroc : ce sont ses eaux courantes et abondantes qui ne tarissent jamais et dont la force motrice, aménagée suivant les procédés de l'industrie moderne,^ donnerait naissance à une série d'usines et de manufactures, source nouvelle d'articles d'exportations. Cette situation géographique permet d'assurer à Fez un avenir important parmi les grandes cités d'exportation, à condilion toutefois que le régime politique du pays dont dépend le régime économique, soit réorganisé sur de nouvelles bases.

Actuellement, le commerce d'exportation de Fez est tout entier entre les mains àesFasiparce que eux seuls, en raison de certaines coutumes traditionnelles du pays, ils savent se plier, pour les achats sur place, à des usages peu commodes pour les Européens. Tel qu'il est, ce commerce ne peut pas s'accroître tant que le Maroc se maintiendra dans la situation actuelle. Son extension est subordonnée à un progrès nécessaire dans les moyens de communication et les facilités de transactions.

Page 1