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CHAPITRE VIII Les Potiers (Fekhkharin

Tout un groupe de corporations vit à Fez de la terre à potier, recueillie dans le vallon de l'Oued Zitoun. Le» briquetiers et les potiers sont installés autour de lîab-Fetouh. Les potiers sont au nombre d'une douzaine environ ; ils confectionnent des faïences à dessins bleus qui sont un peu grossières, mais assez élégantes ; ces poteries servent dans les maisons à tous les usages domestiques.

C'est également dans ce quartier, à l'ombre des oliviers séculaires de Gueraquaroua, que sontcuits les zellaïj, ces carreaux coloriés et émaillés qui jouent un rôle important dans l'ornementation des intérieurs de maisons. L'argile employé s'appelle tadeqqa; les mottes apportées sont brisées, arrosées et pétries avec les pieds. Le potier en fait des carreaux de 8 centimètres de côté, qu'il met à sécher, puis eu;**© au four ; après quoi il les vernit et les fait recuire. Le vert est un mélange d'oxyde

de plomb (khefif)^ de sable (remet) et d'oxyde de cuivre (neh' as). Le jaune est un mélange d'oxyde de plomb (khefif), de sable (remet), de galène (chemimia). Il est apporté tout préparé de chez les Riata. Le blanc s'obtient à l'aide d'un composé de lîheflf, de remet et de qezdir (étaîn). Le noir, le brun, le bleu s'obtiennent avec des poudres toutes préparées qui proviennet d'Allemagne et d'Italie. Le bleu foncé (berrdia) est un vernis qui vient de Londres. Ce sont ces carreaux vernissés que les nejjarin dezzelij (sculpteurs) tclllent en losanges, en étoiles, en flèches, et^.

Le mâoun ou tour des potiers est très primitif; il est enfoui dans un trou creusé au milieu du dar chf ot (atelier), de sorte que l'ouvrier en s'asseyant dans ce trou a son buste à hauteur du sol, ce qui lui permet de prendre commodément l'argile dont il a besoin et que ses apprentis déposent auprès de lui sur le sol. Le pivot en bois vertical du tour s'appelle mef zety la base de l'axe en pointe est flxée sur un bloc de pierre nommé ras ; un disque de bois (mdida) est flxé à mi-hauteur de l'axe ; en haut est fixée une tablette ronde (feteg). C'est le mouvement du pied qui met la maïda et, par suite, la tour en mouvement. La motte (koura) d'argile déposée sur le fteg est modelée à la main par le potier et régularisée avec un morceau de roseau.

Les pièces ainsi fabriquées sont séchées au soleil pendant 2 ou 3 jours. On procède ensuite à la cuisson. Elle dure trente-six heures. Mais on cuit moins longtemps les poteries à vernisser. Après les avoir vernies, on les recuit cinq ou six heures. Le four (ferran) est cylindro-sphérique. Il est bâti en briques réfractaires et recouvert d'une couche de terre et de pierres sèches. Le four, blanchi à la chaux intérieurement, se garnit dans son pourtour intérieur. La cuisson se fait avec du palmier nain amené de la montagne, et le feu s'allume par le bas. Les poteries une fois cuites sont vendues aux

qechohachin ou mc^rchanda de poterie installés ^ Bab'Mouley-Idris, dans Fas-el-Bali ; oe sont les différents récipients en usage chez les indigènes citadins ou bédouins : plats de formes di^yer^es (tebsil), terrines (zelldif), urnes, carafes en terre poreuse ou vernie, etc. Leur principal mérite consiste dans les dessins bleus si originaux qui ornent ces récipients.

A Bab-Fetouh et aussi à Textérieur du Mellah, il y a des briquetteries où on construit des briques ordinaires pour constructions diversçg (voûtes, égouts, canaux, etc.). Les poteries et briquetteries emploient environ 800 ouvriers.

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