LISTE DES ZERZAIA OU PORTEFAIX DE FEZ
Origine, Tribu (Vallée de la Moalouïa)
Nombre Amin
Lieu ou ils se tiennent
EN permanence A FeZ
Ahl tirenls (pfès du Djebel Tii^ents et des Béni
Ouriach). 200 2 amin au pont de Récif.
Ouled Aïd ou Bordad (au
sud de Tinsaf) 20 (pasd'amin) au pont de Rérif.
Bel-hassenal(prèsdcTinsaf) 2 — disséminés.
Ouled el Hassen (en face
de Bel Hasenat) l.'i — disséminés.
Ouled Rezag (près des
Ouled Hassen) 40 — Aux Fekharin.
Ouled Sâfa (près des Oulad
Daoud^ 4 — Aux Fekharin.
R'ouirat (a 1 heure au sud
des précédents) il 4 amin Au pont de Récif.
Béni lloul (près de Sidi i
Mohammed el Yaconb. . ^ 8 ' . » /^i »v
Ahl Ayouch (plus au nord) ( 2 ^ ^'^^^ ^ Uiemaïn.
Zerzaïa 12 1 amin A Chemâïn et à la porte
de Qarouin.
Béni Hayoun .jO 1 amin Au Fondaq en Nejjarin.
Béni Meqebbell 20 1 amin Au Rah'bat qis (prfrs de
de la poste allemande) .
Benou Rached 20 1 amin A Jouthia (quartier
d'Aïn Alou.)
Arjan 12 1 amin Souk el âttariii.
§ IV. — Métiers divers
a) Selliers (Bradâïn)
Les fabricants de bâts (brada), de selles de mulets (seraïj) et de selles de chevaux (serouj) travaillent au Souq es Sekkatin, à proximité de la mosquée de Qaraouïn.
Les plus connus d'entre eux sont les suivants :
Si Mohammed Djedam.
Si Edris Tahari.
Sidi Ahmed Gherraïbi.
Si Omar el Abdi.
Si xMohammed el Helou.
El Hadj el R'ah Sebsi.
Si Edris Sebsi.
Ils s'approvisionnent de cuirs aux fondaqs-marchés des peaux. (Voir chap. de la mégisserie.) Ils fabriquent surtout des beats de mulets et des selles de mulets.
b) Fabricants de peignes (Mechchatin)
Les fabricants de mechat (peignes) sont installés dans une rue à proximité du pont de Bein el Medoun. Ils fabriquent des peignes en bois et en corne à l'usage des femmes de la campagne, car les citadines se servent de plus en plus de peignes importés d'Europe. Pour la fabrication, le mechchat prend des lamelles rectangulaires de bois ou de corne superposées ; à l'aide d'une scie très fine, il scie perpendiculairement les lamelles appuyées sur un petit établi. Il fait ainsi des fentes très rapprochées ; partant, les dents du peigne sont excessivement serrées. Il se consomme une grande quantité de peignes dans les montagnes des environs, chez les Beraber et les Djebala.
Les fabricants qui exportent le plus sont les suivants :
- Si Abd-el Kerim el Abdi.
Si Mohammed el Abdi.
Sidi Mohammed ez Zouli.
Si Mohammed ed Dekas.
El Hadj Bekr ez Zouli.
Si Temim el Abdi.
c) Menuisiers (Nejjarïn)
Les menuisiers forment une corporation importante à Fez. Ils occupent une rue couverte, à proximité de Mouley Idris, appelée Fondaq en Nejjarïn ; c'est un des points les plus connus et les plus mouvementés de la cité marchande à Fas el Bali. Chaque menuisier occupe une vaste échoppe où sont réunis tous les outils que Ton trouve chez un menuisier européen. Ces outils sont d'ailleurs d'origine européenne (allemande ou française). Le mâllem (patron) est secondé par deux ou trois ouvriers et quelques jeunes apprentis.
Le bois pour les constructions et la fabrication dos meubles arrive au Zribat el Khccïicb^ près de Bal) Gissa. Il vient généralement du Rif par Larache. Les menuisiers vont l'acheter à cet endroit ; ils sont en outre à l'affût des caravanes qui arrivent et qui apportent aux négociants des marchandises d'Europe emballées dans des caisses ou dans des tonneaux, car ils achètent à bon marché le bois de ces caisses dont ils se servent pour les meubles qu'ils fabriquent.
Le nejjaT travaille dans son atelier, mais il envoie sans difficulté ses ouvriers à domicile. Il est à la fois charpentier et ébéniste ; il fournit des poutres de construction et des coffrets à serrures de sûreté. Ses ouvriers ont une façon spéciale de faire des sciages de long. La poutre à scier est appuyée sur un montant disposé en forme de chevalet, tau-
dis que l'autre extrémité touche le sol. Un des scieurs se maintient en équilibre, les pieds nus, sur la pente très inclinée que forme ainsi la poutre, et découpe celle-ci à Taide d'une grande scie, aidé par l'autre scieur qui reste à terre sous la poutre. Il n'est pas inutile d'ajouter que les menuisiers de Fez sont assez maladroits en dehors de la besogne courante qu'ils sont habitués à exécuter depuis leur apprentissage. Malgré leur bonne volonté, ils exécutent assez grossièrement les meubles que les quelques Européens de la ville leur commandent. Voici quelques termes techniques employés plus spécialement par les menuisiers de Fez :
ElaLli : banko ;
Varlope : plana ;
Rabot : lerza^ mellasa ;
Ciseau : vfievbouâ^ dîiefra ;
Scie à main : sdTroui ;
Maillet : meniem ;
Tenaille : leqqat ;
Règle : rekab ;
Equerre (de menuiskM) : qerlaboun ;
Cheville : ouUwda ;
Coin (à fendi'c le bois) : Iczaz ;
Poinçon: merchem ;
Compas : qombas ;
Papier émeri : ouzr'a ;
Pierre à aiguiser : mesenn.
d) Forgerons (h'eddada) et M:iréciiatjx-Ferrants {seirunara)
Les forgerons sont disséminés à Fez ; cependant, on les trouve plus spécialeaiient sur la rive gauche, entre le po©t de Récif ^i celui de Béin et Medonn. Ils se procurent du fer en achetant à des imxx>rtateurs de la ville des morceaux de vieux rails qui viennent d'Angleterre. Leur besogne principale consiste à forger des grilles destinées à être pteoées au-dessus des eours de maisons ou en travers des
canaux (pour empêchier Taocès d'une maison à l'aulre pitr te canal). Ils fabriquent aussi des clés de portes et de boutiques, volumineuses et lourdes, destinées à des serrures massives.
Les maréchaux-ferrants sont asseiz nombreux ; ils se groupent en général dans le même quartier que les forgerons. Assez habiles, ils ferrent les mulets et les chevaux avec des fers qu'ils fabriquent eux-mêmes ; ils ont aussi quelque connaissance de médecine vétérinaire, savent mettre le feu à un cheval et soigner les coliques d'une mule.
Il y a également quelques armuriers (zenaïdt), entre Récif et Beïn-el-Medoun^ qui savent réparer les fusils à pierre et même les fusils modernes à répétition.
Il y a à Fez vingt et un bains maures (h'ammam) qui appartiennent tous à l'administration des habous. Ces bains sont loués à des moualm el h^ammam. Les hommes y vont le matin ; l'après-midi, c'est le tour des femmes. Les soirées sont réservées à des particuliers qui louent le bain pour deux pesetas, de façon à y prendre leurs ébats en famille.
Les teinturiers (cebbar'in) sont nombreux, car les tisserands de Fez tiennent absolument à ce que les fils de soie, de laine et de coton soient teints à Fez. Cette préférence était justifiée tant qu'on se servait à Fez de teintures végétales, pour ainsi dire inaltérables et bien supérieures à toutes les combinaisons chimiques d'Europe. Mais à l'heure qu'il est, les teinturiers de Fez ne se servent plus que de teintures minérales (teintures d'aniline) importées d'Allemagne, de sorte que cette persistance à vouloir teindre Les fils à Fez ne se comprend plus très bien.
L'orfèvrerie est exercée par les juifs au Mellah. Les bijoux indigènes fabriqués sont d'un titre assez inférieur. Les perles employées sont de provenance
européenne en général. Les « pierres précieuses » sont presque toutes fausses. La plupart des bijoux sont vendus à la Médina, dans la Qaïçaria, par des boutiquiers qui les confient à des crieurs publics et qui possèdent les balances et les poids nécessaires à l'estimation des métaux, des pierres et des perles.
Les instruments employés par les bijoutiers juifs t>ont les suivants :
Burin : jnctuiach ;
Lime : mrbred, achkorlina ;
Creuset : lembouV.
Clialuiiieau : b\l en uar.
Moule : galeb ;
Souflet : Uir.
Les ferblantiers (qezdarin) et les étameurs (qezadria) sont peu nombreux à la Médina ; on en trouve, au contraire, beaucoup parmi les juifs dans la première rue qui donne accès au Mellah. Ils se servent de feuilles de fer-blanc qui sont importées d'Angleterre, de. fers à souder et de cisailles qui viennent d'Allemagne. Ils fabriquent surtout des lanternes, des menus objets de ménages pauvres et de cuisine ; ces derniers tendent de plus en plus à être remplacés i)ar la quincaillerie émaillée européenne.
Les restaurateurs ou gargottiers sont assez rares à Fez. On n'en trouve point qui soient organisés comme ceux d'Alger ou de Tunis. Ils sont installés dans des petites boutiques surélevées au-dessus du sol, comme les autres marchands, et débitent des tripes bouillies, des déchets de viande cuite ; d'autres préparent sur de petits fourneaux des kefia, boulettes de viande hachée, agglomérées autour d'une tige de fer ; quelques-uns préparent des bou zellouf ou têtes de moutons cuites au four. Parmi les 44 ifours de Fez, il y en a un qui est spécialement l'êservé à la cuisson dt\^ tttt:> de mouton:^ apportées
tant par les restaurateurs que par les esclaves des particuliers ; ce mets, on le sait, est d'ailleurs considéré comme .fort appétissant dans tous les pays arabes.
Il n'y a pas de « cafés maures » proprement dits à Fez, où, ea faii, on ne consomme que du thé. Dans les familles les plus pauvres, le thé est préparé à la maison.
Les gens assez misérables pour ne pas avoir de famille se passent de thé ou bien ont recours aux quelques rares échoppes où ce breuvage est préparé. Nul doute qu'un indigène algérien, doué de quelque habileté, qui installerait un café maure dans le genre de ceux que l'on trouve en Tunisie ou en Algérie (et en particulier à Relizane, où il y a un très bel établissement monté et tenu par un Marocain), en retirerait d'avantageux bénéflces.
Les barbiers sont disséminés à travers Fas-el- Bali. Ils sont installés dans de petites boutiques assez coquettement tenues. Ils pratiquent aussi la saignée et savent arracher les dents très habilement. Ceux de la Médina ne s'adressent qu'aux musulmans, et ceux du Mellah sont réservés aux juifs.