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BLANCHIMENT

( )n désigne sous le nom de blanchiment la série des opérations au moyen desquelles, non seulement on décolore les plumes, mais aussi par lesquelles on les débarrasse de toutes impuretés pour les amener à un blanc aussi parfait que possible.

Il est évident que la concentration et la nature des produits employés pour obtenir ce résultat doivent varier selon la nature des plumes à blanchir.

Historique. — L'art du blanchiment remonte à la plus haute antiquité. Les Orientaux et les Egyptiens y avaient acquis une grande habileté; leurs procédés reposaient sur l'emploi des alcalis, de l'urine putréfiée, de certaines plantes mucilagineuses, de l'acide sulfureux, de terres argileuses et enfin de l'exposition des tissus à la lumière solaire.

Le procédé ancien qui paraît avoir été le plus 'employé est celui qui consiste à placer les plumes dans de l'eau additionnée d'un quart de son volume d'urine putréfiée et d'un peu de sel de soude à la température de 40 à 500, puis à les rincer ensuite soigneusement dans l'eau courante.

On blanchissait aussi les plumes en les exposant à l'action de la rosée après les avoir dégraissées; pour cela, on les plantait dans le gazon en les espaçant suffisamment et on les laissait ainsi pendant une quinzaine de jours en ayant soin toutefois de les abriter du soleil aux heures chaudes de la journée.

Ce procédé ne donnait, du reste qu'un blanchiment assez défectueux et les plumes étaient souvent détériorées par les intempéries.

On employait aussi l'acid'e sulfureux produit en faisant brûler du soufre au fond d'un tonneau ou d'une caisse à la partie supérieure desquels on suspendait les plumes à blanchir.

Plus tard, on remplaça ces appareils primitifs par un « soitfroir », sorte de chambre munie de portes et d'ouvertures destinées à l'aération et permettant de régler la rapidité de combustion du soufre ; afin d'empêcher le dépôt du soufre volatilisé, les plumes étaient enveloppées d'une toile de coton humide et restaient une dizaine d'heures dans le soufroir.

Après le soufrage, il était nécessaire de bien savonner les plumes pour éviter qu'elles ne jaunissent au contact de l'air; le savonnage a également l'avantage de rendre le duvet plus souple.

Aujourd'hui, tous ces anciens procédés sont abandonnés et on fait usage de l'eau oxygénée qui permet non seulement de blanchir parfaitement les plumes qui sont naturellement blanches, mais encore de décolorer celles qui sont grises ou même noires.

C'est à MM. Viol, Duflot et Boetzel que notre industrie est redevable des progrès apportés dans le blanchiment des plumes par l'eau oxygénée.

En 1865, ces Messieurs imaginèrent d'abord une méthode de blanchiment analogue à celle indiquée par Cloez pour l'ivoire jauni.

Les plumes étaient d'abord trempées dans une essence ou un hydrocarbure pendant un temps plus ou moins long, suivant le degré de blanc que l'on voulait obtenir ; puis on les exposait à l'air pendant plusieurs semaines, ensuite on les savonnait et on les rinçait comme précédemment.

Ce procédé ne permettait cependant pas d'obtenir du blanc pur, et même, quand on voulait les colorer en rose ou en ciel clair, les teintes obtenues manquaient de fraîcheur et d'éclat.

Poursuivant leurs études et leurs recherches, MM. Viol, Duflot et Boëtzel trouvèrent, en 1877, un nouveau procédé de blanchiment qui leur permit d'obtenir un blanc absolument pur. Ce procédé, qui, du reste, n'avait aucun rapport avec le premier, consiste à passer les plumes dans des bains d'eau oxygénée.

Eau oxygénée. — L'eau oxygénée a été découverte par Thénard, en 1818 ; elle contient deux fois plus d'oxygène que l'eau pour une même quantité d'hydrogène.

La chaleur décompose l'eau oxygénée à une température d'autant moins élevée que cette eau est plus concentrée ; quand elle est étendue de son volume d'eau, elle peut résister à une température de 500 sans se décomposer.

Il est donc préférable pour le blanchiment des plumes d'employer des bains d'eau oxygénée étendue d'eau; on est sûr par ce moyen d'obtenir une décoloration régulière et indépendante des changements de température et on évite ainsi la détérioration des duvets.

La cellulose est décolorée par l'eau oxygénée, mais au contact de l'air

au bout de quelque temps, elle se colore légèrement en bistre clair ; on peut expliquer ce fait par la présence de traces d'acide chlorhydrique.

L'eau oxygénée doit être conservée dans un local obscur et frais.

La naphtaline empêche le départ de l'oxygène ; l'alcool ou l'éther en faible proportion possèdent la même propriété.

Pour doser l'eau oxygénée, on prend une éprouvette graduée de 30 centimètres cubes et on la remplit de mercure jusqu'à un centimètre du bord; on finit de la remplir avec l'eau oxygénée à essayer.

On renverse ensuite l'éprouvette sur la cuve à mercure et on note le volume occupé par l'air qui s'y est introduit. Puis on fait passer dans le tube un peu de bioxyde de manganèse pulvérisé et enveloppé dans du papier de soie. L'eau oxygénée se décomposera et quand la réaction est terminée, il ne reste plus qu'à lire la division sur le tube ; il faut déduire du volume trouvé celui occupé par l'air en y ajoutant le centimètre cube de l'eau oxygénée soumise à l'analyse.

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