‹ Le commerce et l'industrie de la plume pour parureChapitre 99 sur 152 · Partie d'un filet de plumes · texte numérisé non relu

Partie d'un filet de plumes

Quand les plumes ont une longueur de 40 centimètres et au-dessus, les piquets ne se composent que d'un brin unique ; de 30 à 40 centimètres, ils sont de deux brins, et pour les plumes plus courtes il y a quatre ou cinq brins.

SAVONNAGE ET SECHAGE

Avant de procéder au blanchiment ou à la teinture des plumes, il est nécessaire de les nettoyer ; cette opération s'appelle le savonnage et se compose de plusieurs manutentions successives.

i° Trempage. — On prend un poids de savon de Marseille en pains égal au poids des plumes à traiter et on le dissout dans le volume d'eau nécessaire pour que les plumes y soient immergées complètement.

La température de ce bain ne doit pas dépasser 25 à 300 C; si elle était plus élevée la crasse resterait adhérente à la plume et ne s'enlèverait que difficilement.

La durée du trempage est de 24 à 48 heures selon l'état de la plume. On peut également employer un autre procédé qui consiste à laisser séjourner les plumes pendant un temps suffisant dans une dissolution légère

de carbonate de soude additionnée d'un peu d'ammoniaque ; ensuite on rince soigneusement et à fond dans plusieurs eaux, de façon à enlever toute trace de savon qui produirait des taches lors de la teinture.

L'opération du savonnage

se fait dans des cuves en bois

placées sur des trétaux ; ces

cuves sont percées, à leur partie inférieure, d'un trou de bonde qui permet de

les vider facilement.

Une disposition pratique consiste à placer une rangée de cuves au-dessous de deux conduites, l'une d'eau chaude et l'autre d'eau froide, qui permettent d'obtenir facilement des bains à la température voulue et aussi de nettoyer les cuves.

Afin de gagner du temps, il est pratique d'avoir cinq cuves contiguës, de telle sorte que pour effectuer les rinçages à plusieurs eaux il suffit de retirer les plumes d'une cuve pour les plonger aussitôt dans la suivante ; en même temps, on met en vidange celle qui vient de servir.

2° Frottage ou foulage. — Au sortir des bains de trempage, les filets de plumes sont placés sur un « fouloir » ; cet appareil se compose d'une planche en hêtre de o m. 50 sur o m. 90, dans la largeur de laquelle sont pratiquées des rainures d'environ 15 millimètres alternant avec des plats de même dimension.

Les plumes sont posées sur cette planche la tige perpendiculaire aux rainures et l'on- Coupe iongitudin»ie au fouloir

Batteries de cuves pour le savonnage

<jf+-lS*-1ï*

vrier les frotte en ayant soin de pousser dans le sens du duvet ; on termine l'opération en les brossant avec une brosse en chiendent.

30 Rinçage. — Les plumes sont ensuite passées dans un bain contenant du carbonate de soude à raison de 50 grammes pour cent litres d'eau ; puis on les rince dans cinq bains successifs d'eau pure a 25" C.

40 Piquage. — On prépare un bain à 500 C, contenant de l'acide oxalique en cristaux dans la proportion de 50 grammes par cent litres d'eau et on y fait tremper les plumes pendant 30 ou 40 minutes.

5° Amidonnage. — On vide les trois quarts du bain de piquage et on y ajoute un volume d'eau froide égal à celui du liquide resté dans la cuve. On additionne d'amidon en marrons à raison de un kilogramme d'amidon par kilogramme de plumes.

Après mélange on y plonge les filets et on les y brasse soigneusement afin de bien faire pénétrer l'amidon dans le duvet, ce qui aura pour résultat de le faire ouvrir et gonfler.

6° Essorage, — Les filets sortis du bain d'amidon sont enveloppés dans un torchon ou dans un papier buvard et mis dans une essoreuse que l'on fait tourner deux ou trois minutes.

70 Battage. — Les plumes sont ensuite battues pour les débarrasser de l'excès d'amidon ; pour cela on attache les filets sur une batteuse. Cet appareil se compose d'un tambour formé de lames de bois fixées de distance en distance sur un bâti circulaire en fonte ou en fer.

Sur ces lames sont placés des mousquetons dans lesquels on passe la ficelle des filets de plumes. Un peu en arrière et parallèlement à l'axe de ce tambour, est disposée une table inclinée en opaline dont le bord inférieur se trouve à une certaine distance, au-dessus du sol, et d'une autre table en même matière placée sur le sol même et au-dessous du tambour.

Si l'on fait tourner l'appareil, les plumes chassées par la force centrifuge, viennent battre sur la table inclinée, se débarrassent de l'excès d'amidon et subissent un commencement de séchage.

Essoreuse à commande électrique directe, moteur au-dessus

Une bonne disposition (A) consiste à installer deux tambours dans deux pièces contiguës séparées par une cloison vitrée ; un système d'embrayage à main et une poulie commandée par une dynamo complètent le système. L'opération du battage donne lieu naturellement à beaucoup de poussière, aussi

Machine à bame les plumes dite ' 'Magdeleine" J

est-il nécessaire de placer la dynamo dans un carter en bois afin d'éviter un encrassement rapide.

Le rhéostat de démarrage sera placé à l'intérieur des chambres. L'emploi de deux tambours permet d'en réserver un pour le blanc et le savonné et l'autre pour la couleur et le noir.

KC

Disposition A

X Tambours R Rhéostat

em

- -JL-

Disposition B

D Dynamo E Embr^age

T Table inclinée opaline C Cloison vitrée

P Poulie

Une autre disposition (B), mais plus encombrante, consiste à mettre la dynamo en dehors des chambres et par suite à l'abri des poussières d'amidon, ce qui est préférable ; elle permet, en outre, d'effectuer le débrayage sans pénétrer dans les chambres de battage.

Dans les ateliers, la machine à battre les plumes est connue sous le nom de « Magdeleine », du nom de la femme qui la première était chargée d'y attacher les plumes.

Machine à savonner. — Système Eisemann Urevet du 26 octobre 191 1

8° Séchage. — Comme nous venons de le voir, les plumes commencent à se sécher un peu pendant le battage. Pour en terminer la dessication, on peut les suspendre dans une chambre chauffée à 400 par des radiateurs. Mais le meilleur moyen est encore de les faire sécher à l'air libre, car la chaleur fait souvent jaunir un peu le duvet.

MACHINE A SAVONNER LES PLUMES Système Eisemann.

Cet appareil se compose d'une cuve rectangulaire dans laquelle et audessus de laquelle passe une toile sans fin portée par des rouleaux placés de distance en distance.

A la partie supérieure et près de cette toile, se trouvent disposés trois

cylindres enveloppés de ficellle et animés d'un mouvement de va et vient dans le sens perpendiculaire à celui de translation de la toile ; deux tuyaux en cuivre percés de trous projettent l'eau de savon sur la face supérieure de la^ toile.

Un système de leviers d'embrayage et de débrayage placés près de l'ouvrier permet la mise en route ou l'arrêt instantané de la machine.

On attache les filets sur la toile sans fin les uns à côté des autres, de façon que les plumes aient leurs tuyaux placés en avant dans le sens de la translation.

Le mouvement transversal alternatif des rouleaux- supérieurs fait rouler les plumes les unes sur les autres et en produit le nettoyage par frottement ; c'est, en somme, la réalisation mécanique du foulage à la main.

Les plumes sont ensuite entraînées par la toile au fond de la cuve où elles se rincent pour revenir ensuite à la partie supérieure de l'appareil où elles se trouvent soumises à un nouveau savonnage.

Chaque machine fait le travail de dix hommes et permet de savonner et de laver 150 livres anglaises de plumes par jour.

On obtient d'aussi bons résultats pour les sortes communes que pour les qualités les plus belles.

Quand on installe plusieurs appareils, il est bon d'en réserver un spécialement pour le rinçage des plumes teintes en noir.

Page 1