CLASSEMENT
Classement. — Les lots de plumes brutes, c'est-à-dire telles qu'elles ont été récoltées par les fermiers, contiennent nécessairement des plumes de différentes largeurs et longueurs. D'autre part, le duvet n'est pas le même exactement pour tous les brins ; de plus, les barbes sont plus ou moins abimées ou cassées et même peuvent faire complètement défaut à certains endroits ; quand les plumes ont été détirées, il y a donc lieu de les classer.
Plus la plume est de qualité ordinaire, plus on sera forcé de diviser le lot en un grand nombre de sortes. Pour mesurer la longueur des brins, on se sert d'une planche en chêne verni de o m. 70 de longueur, portant des divisions de 5 en 5 centimètres, et qui a reçu le nom de mesure.
Pour mesurer une plume, on saisit le tuyau entre le pouce et l'index à l'endroit où commence le duvet et on la pose bien allongée sur la planche, les doigts touchant le bord inférieur de celle-ci ; il ne reste plus qu'à lire le chiffre de division sur lequel tombe l'extrémité du brin.
Il arrive souvent que dans les lots de blanc de seconde qualité, il se trouve une assez grande quantité de bayoques ; il faut une grande habitude pour distinguer les sortes et qualités de plumes.
La forme générale des brins décide de leur classement ; si la tête est large et les barbes du corps longues par rapport à la taille de la plume, on les classera pour faire des têtes; au contraire, les brins longs seront Planche à mesurer réservés pour amazones.
Suivant la nature et la grosseur du duvet, les plumes seront classées pour blanc ou pour noir ; la grosseur de la tige est également à considérer.
Tout en procédant au classement, on coupe, avec des ciseaux, les bouts des barbes qui dépassent, de façon à donner au brin une forme aussi régulière que possible.
De l'expérience et du coup d'œil de l'ouvrière dépend un bon classement, d'où découle forcément un emploi judicieux des différentes sortes et, par suite, de bons résultats financiers.
ASSORTISSAGE ET PARAGE
Les plumes amazones ou têtes, destinées à la vente, sont composées de deux ou trois brins superposés, ou même davantage pour les qualités ordinaires. Les duvets n'étant pas toujours régulièrement disposés sur la tige, n'ayant pas une égale longueur de chaque côté de celle-ci et même pouvant manquer à certains endroits, il est nécessaire de choisir des brins de même qualité et de même forme pour qu'en les superposant on arrive à dissimuler ces imperfections.
Ce travail constitue ce qu'on appelle l'assortissage (mot qui, du reste, n'est pas français) et exige une ouvrière très expérimentée.
Pour les plumes de très belle qualité qui ont un duvet large, ferme et très fourni, on peut ne mettre que deux brins superposés, sauf à la tête qui, devant être courbée, exige un troisième brin placé entre les deux premiers.
En général, pour les plumes de qualité courante, on emploie trois brins, plus un et quelquefois deux supplémentaires à la tête ; ces derniers sont souvent constitués par des plumes de queue ; le brin placé au milieu s'appelle intérieur.
Les plumes de qualité très ordinaire peuvent être formées d'un brin pour le dessus et de plusieurs morceaux pour l'intérieur ou le dessous.
Si on voulait réunir ensemble les brins constitutifs d'une plume tels qu'ils viennent du classement, l'épaisseur des côtes faisant saillie dessus et dessous, les empêcherait de s'appliquer étroitement les uns sur les autres.
Il est donc nécessaire de faire disparaître celles de ces saillies qui empêcheraient d'obtenir ce résultat nécessaire ; c'est cette opération qui constitue ce qu'on appelle le pavage.
On commence par racler la côte avec un morceau de verre cassé qu'on choisit de forme arrondie, afin de ne pas couper ou arracher les duvets.
L'ouvrière enlève ainsi le dessus ou le dessous de la côte, ou même les deux faces, selon que le brin doit être utilisé comme dessous, dessus ou intérieur; ce travail doit être fait avec le plus grand soin.
Le raclage se fait sur presque toute la longueur de la côte, mais, près du culot où elle est plus épaisse, il est nécessaire d'en enlever d'abord une
certaine épaisseur, au moyen du couteau à parer, qui est à lame étroite et à
tranchant très aiguisé, genre de scalpel ; ceci a pour but d'empêcher les côtes de rouler les unes sur les autres.
Couteau à parer. Quand on traite les longues plumes du mâle ou
de la femelle, qui ont une côte ronde très grosse, il faut d'abord l'amincir sur une plus grande longueur au moyen du couteau et avant de la racler.
A la suite de cette opération, la côte est devenue blancbe et il faut lui donner la teinte du duvet, afin d'éviter que les parties claires restent apparentes après la couture.