CONSTITUTION DE L'AUTRUCHE
La constitution de l'autruche a fait l'objet de multiples études scientifiques et nous n'avons pas le dessein d'entrer dans des détails autres que ceux qu'il est utile de connaître pour son élevage rationnel.
La forme extérieure de l'autruche est trop répandue aujourd'hui pour que nous nous y arrêtions bien longtemps ; tout le monde connaît sa silhouette composée d'un corps de forme ovoïde recouvert d'un épais plumage, porté sur deux hautes jambes dénudées et muni d'un long cou flexible portant une tête relativement petite et aplatie avec un bec plat et court et deux gros yeux brillants.
La structure des autruches est tout à fait semblable à celle des autres oiseaux ; leur peau est hue, mais n'a, par contre, aucune glande dont la sécrétion nourrisse les plumes. Les jambes sont recouvertes d'écaillés, ce qui leur donne de l'analogie avec les reptiles.
Les os sont pour la plupart plus denses et ne présentent pas de cavités comme ceux des oiseaux qui volent ; le cou très long est muni de vertèbres disposés de façon à lui laisser une grande flexibilité.
L'autruche, étant en effet un oiseau coureur, n'a nullement besoin d'avoir des os aussi légers que les autres oiseaux et la grande souplesse de son cou lui vient en aide dans la course ; ceci se trouve encore confirmé par le peu de développement des os des épaules, dont il n'existe qu'un seul de chaque côté pour servir de soutien à l'articulation de la clavicule.
On trouve encore une autre analogie avec la constitution des reptiles dans le nœud dorsal.
La force des ailes est naturellement très réduite par rapport à la masse du corps, tandis qu'au contraire les jambes présentent une structure particulièrement forte, bien que les os en soient très fragiles.
Le développement des muscles est pour la même raison très considérable vers les extrémités inférieures; ceci s'explique par le fait que la course de l'autruche se compose de bonds successifs par projection du corps en avant ; la jambe a la forme d'un levier puissant à quatre articulations qui prend son point d'appui sur le pied ; pour mettre ce jeu de leviers en mouvement, le muscle fémoral inférieur possède une grande puissance.
lui réalité, l'autruche ne court pas, mais se livre à des sauts successifs qui peuvent atteindre, comme on a pu le constater, jusqu'à quatre mètres de longueur, et Anderson affirme qu'il en a vu parcourir le mille anglais en 30 secondes.
L'œil grand et à fleur de tète a la paupière supérieure très mobile et pourvue de cils très développés, ce qui lui donne un aspect tout à fait particulier en même temps qu'une grande douceur d'expression; sa puissance
visuelle est très considérable; les narines et les oreilles sont bouchées par de petites plumes, aussi l'odorat et l'ouïe sont-ils très peu développés.
L'estomac est assez grand et muni d'un grand nombre de glandes : l'autruche avale souvent de petites pierres ou du sable, dont le poids agit sur
les parois de l'estomac en comprimant les glandes qui les recouvrent et dont la sécrétion aide ainsi à la digestion.
Le foie est de petites dimensions par rapport à celui des autres oiseaux; c'est un des organes les plus sensibles de cet oiseau.
Nous n'entrerons pas dans le détail des autres organes de l'autruche, dont la description et l'étude se trouvent mises au point par les travaux du savant professeur Duerden, aux ouvrages duquel nous prions le lecteur de se reporter.