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QUALITÉS ET DÉFAUTS DE LA PLUME D'AUTRUCHE

Le développement et la connaissance plus approfondie des besoins de la fabrication ont conduit tout naturellement les acheteurs et les fermiers à la

fixation du type idéal qui doit réunir toutes les qualités que l'on peut exiger d'une plume d'autruche.

Une côte fine, légère et souple, des barbes et barbules longues régulièrement solides, denses, soyeuses, sans défauts, de longueurs symétriques et implantées à angle droit sur la côte, une forme de brin longue et régulière, une tète large et bien fournie, un duvet ferme et doux au toucher, constituent les qualités requises.

Il est à remarquer que la largeur relative d'une plume a plus d'influence sur sa valeur que sa longueur; en effet, il est toujours possible au fabricant de faire une plume aussi longue qu'il le désirera en ajoutant plusieurs brins les uns au bout des autres, tandis qu'il ne peut en rien modifier la largeur.

Dans les plumes de bonne qualité, les barbes sont toujours implantées presque à angle droit sur la côte, alors que dans celles de qualité inférieure elles forment avec elle un angle plus on moins aigu.

Un duvet est d'autant plus dense que les barbes et les barbules sont plus serrées et plus fournies ; généralement, les barbules se trouvent dans un même plan avec la côte, mais quelquefois elles

-ont si abondantes que le duvet semble double, et c'est ce qui fait dire de ces plumes qu'elles ont un duvet double « double flue » ou, par corruption, h double floss ».

Ces sortes de plumes sont les plus recherchées, et avec raison les plus estimées. Les Anglais résument d'une façon nette et concise la qualité du luvet en disant d'une bonne plume qu'elle possède un « self supporting flue », ce qui signifie à peu près un duvet ferme se tenant bien de lui-même.

En règle générale ce sont les plumes d'ailes du coq qui ont le meilleur luvet ; ce sont elles, du reste, qui résistent le mieux à la teinture en noir, qui, comme nous le verrons, par suite des produits et des manutentions qu'elle exige, enlève toujours au duvet une partie de sa qualité.

Pour qu'une plume ait une bonne forme, il faut que les barbes soient l'égale longueur des deux côtés, très larges et ne se terminant pas en pointe; de plus, la tête doit être aussi large que possible et ne pas avoir une forme pointue.

Plume d'aile, large, beau duvet

La tige de la plume ne doit pas être trop grosse, de façon à ne pas lui donner une apparenee de raideur ; elle doit au contraire être suffisamment flexible pour que la plume présente une courbe gracieuse. Naturellement, les plumes étant vendues au poids, le fermier cherchera toujours à obtenir des plumes ayant une tige aussi grosse et aussi lourde que possible, alors que l'acheteur réduira son offre pour celles dont la tige serait de grosseur exa- ^fam geree.

La couleur naturelle de la plume a également une grande influence sur sa valeur et varie avec la catégorie à laquelle elle appartient, c'està-dire suivant l'endroit du corps où elle se trouve.

Les grandes plumes blanches des ailes, qui sont les plus estimées de toutes, doivent être bien symétriques et avoir un duvet aussi lourd que possible ; leurs dimensions désirables doivent

Plume à grosse côte . / "

être de 24 pouces (o do) de longueur sur 12 a J4 pouces (o'" 30 à o"1 35) de largeur.

Les barbes doivent être symétriquement disposées et très longues, même

au pied du brin, et l'extrémité doit être de

forme obtuse ; le duvet doit être solide, de même résistance des deux côtés, et les barbules doivent se toucher. La tige doit être assez ferme pour porter le duvet, sans cependant être ni trop raide ni trop molle, afin que la plume ne soit ni pas assez ni trop courbée de la tête.

Les plumes ne doivent présenter aucun signe de viscosité pour que le duvet soit bien formé et très soyeux, sans que les barbules |^tv

soient collées ensemble.

Afin de pouvoir classer les plumes d'une façon exacte on leur attribue un certain nombre de points pour chacune des qualités requises et en se basant sur l'un des deux tableaux ci-après : Plume à cote fine

i° Méthode de Port-Elisabeth

Longueur 14 points

Largeur 11 —

Epaisseur 14 —

Forme 11 —

Coups de bec 10 —

Total 60 points

DE I.A PLUME POUR PARU Kl-!

Méthode européenne

Longueur

i ' points [2 —

Largeur

Belle tête

Barbes régulières

Largeur du duvet au pied 12

Epaisseur du duvet 10 —

Fermeté

Force du brin.

Coups de bec. .

Côte

Total.

100 points

Malgré les améliorations et les soins apportés à l'élevage de l'autruche, aussi bien qu'au choix de la race et des reproducteurs, on n'est pas encore arrivé à obtenir la plume idéale qui réunirait couramment toutes les qualités ; celles-ci peuvent en effet être modifiées par une infinité de circonstances indépendantes de la volonté de l'éleveur, telles que, par exemple, l'état de santé de l'oiseau avant et au moment de la plumée.

Une des principales causes de dépréciation réside dans le défaut qu'on désigne communément sous le nom de « coups de bec », défaut que l'on rencontre aussi bien à l'état sauvage que chez l'autruche domestique. ( >u croyait autrefois que les oiseaux abîmaient ainsi leur plumage en y donnant de grands

coups de bec dans le but de se débarrasser des parasites ; or, il est prouvé par les études du Pr Duerden, du Rhodes Université Collège de Grahamstown, que ce défaut n'est pas dû à cette cause, mais bien à une mauvaise formation originelle des barbes et barbules.

Ce savant, dont les études sur la physiologie de l'autruche sont si intéressantes et si utiles, a observé que la formation de la croissance de la plume ne se fait pas toujours d'une manière très régulière. U a constaté (pie le duvet d'une plume croît plus fortement durant le jour que pendant la nuit, où la circulation et la pression du sang sont plus faibles (1), par suite de l'abaissement de la température du corps. Si la plume pousse dans des conditions normales, la Plume diu -avec coups de bec" différence de croissance est à peine per-

ceptible et les barbes prennent toutes un développement égal; si, au contraire,

(1) Cette conception de croissance nocturne et diurne est due au P' Riddle, de l'Université de Chicago qui l'a décrite en 1908.

par suite d'un froid nocturne excessif, de défaut de nutrition ou du mauvais état de santé de l'oiseau, la pression sanguine pendant la nuit se trouve beaucoup diminuée, les cellules constitutives des barbules ne se développent pas, et il en résulte que des séries de ces barbules ne sont qu'incomplètement formées ou manquent même totalement ; ce sont ces places dépourvues de duvet qui ont l'apparence d'un coup de bec.

Ces observations se trouvent confirmées par la disposition des raies ainsi formées ; si, en effet, on rapproche les barbes de la tige en les serrant contre celle-ci et en les amenant de cette façon dans la position qu'elles occupaient pendant leur croissance, on constate que les manques de barbules sur chaque barbe se trouvent tous dans un même plan perpendiculaire à la tige de la plume. Ce défaut peut exister sur toutes les plumes d'un oiseau ou seulement sur quelques-unes ; celles de droite peuvent l'avoir, alors que celles de gauche ne l'auront pas; une récolte peut être défectueuse alors que la suivante ne le sera pas, et certaines races ont plus de tendance que d'autres à présenter ces défauts. Il arrive quelquefois que par suite de très mauvaises conditions de croissance, non seulement les plumes sont barrées, mais même privées d'une grande partie des barbes placées au delà des barres.

Le moyen de remédier à cette cause de grave dépréciation des plumes reste encore à trouver, et ce n'est évidemment que par des observations prolongées, méthodiques et sérieuses, qu'on aura chance d'arriver à le découvrir.

Un autre défaut réside dans ce fait que parfois les plumes ne s'ouvrent pas, autrement dit qu'elles restent enfermées dans la gaine cornée où s'est effectuée leur formation, et que seules apparaissent les barbes de l'extrémité des brins.

Ce défaut est dû à la nature écailleuse spéciale de la peau de l'autruche qui, lorsqu'elle est basse de condition, et particulièrement à l'époque de l'accouplement, ne nettoie pas son plumage et laisse intacte la gaine, qui continue à pousser en maintenant enfermées toutes les barbes ; dans ce cas. le duvet de ces barbes est très réduit et fort sec, ce qui est un grave défaut.

Les plumes peuvent présenter encore d'autres défauts. tels que le développement irrégulier de la tige ou des barbes ou la mauvaise tenue d'une partie du duvet, défauts qui proviennent, soit du mauvais état de santé des oiseaux, soit d'une plumée faite en temps inopportun ou de l'arrachage prématuré des culots.

En effet, si on arrache les culots trop tôt. c'est-à-dire avant l'expiration des deux mois, nécessaires en règle générale pour qu'ils soient parvenus à maturité, les plumes de remplacement poussent avec une tige tordue.

Si, au contraire, on laisse les culots trop longtemps, la pulpe qui donne naissance à la plume s'atrophie, la croissance de la plume de

Plume dont le duvet est cn'ermé dans la gaine de formation

DK LA PLUMK POUR PARURK

BKv X

■DRK

Plume avec barre longitudinale

remplacement demande un temps beaucoup plus long que d'habitude et. la récolte suivante se trouvant retardée d'autant, il en résulte une perte sérieuse de bénéfices.

La plume peut également présenter des barres verticales formées par l'absence de duvet sur une certaine largeur; ce défaut est dû à la forme intérieure de la gaîne qui, au lieu d'être parfaitement lisse, présente des irrégularités ; on comprend par suite que, les barbes naissantes se trouvant comprimées plus fortement à certains endroits, la croissance de leurs barbules se trouve contrariée. On a remarqué que ces mêmes défauts se reproduisent souvent, pour la même plume, aux mêmes endroits, pendant trois ou quatre plumées successives, ce qui vient confirmer l'explication ci-dessus. Il arrive parfois que les deux défauts, barres verticales et horizontales, se rencontrent dans la même plume.

Les plumes noires du corps présentent parfois des bandes blanches plus ou moins larges, qui proviennent de modifications brusques dans les conditions

physiologiques analogues par exemple aux causes de la disparition des pigments chez les humains à la suite d'une émotion.

Ces bandes décolorées se trouvent parfois doublées et triplées, mais ce cas est plus rare ; on a reconnu que ce phénomène se produisait quand on traitait les oiseaux par l'acide carbolique pour ta maladie du « wire-zvorm »

et que les bandes correspondaient aux époques où ce médicament avait été administré.

Barbes subdivisées

Il existe également des autruches albinos qui ont toutes leurs plumes

blanches, même celles du corps, mais elles sont rares. Le P' Duerden cite le cas d'un oiseau de cette sorte qui se trouvait au Jardin zoologique de Pretoria ; les plumes des albinos portent parfois des taches noires analogues à celles des bayoques.

il arrive parfois que les barbes semblent s'être subdivisées pour former des sortes de bouquets ou houpettes de duvet ; en réalité, il fart croire que les duvets se sont trouvés collés lors de leur développement et ont pris à ce moment cette formation curieuse ; ce cas se rencontre du reste assez rarement d'une façon aussi caractéristique que dans la plume dont nous donnons une photographie.

Nous avons trouvé également des plumes ne portant des barbes normalement développées que d'un seul côté de la tige, alors que l'autre côté en est presque totalement dépourvu, sauf à l'extrémité et au pied, où on en voit quelques-unes, du reste très courtes et mal

Plume ni portant des barbes - ,

j, .,• tonnées.

que d un cote

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