MÉTHODES D'ÉLEVAGE
L'élevage de l'autruche peut être pratiqué de deux façons :
l° La production régulière d'oiseaux donnant des plumes de bonne qualité marchande ;
2° L'élevage, la sélection et la vente d'oiseaux de bonne race pour la reproduction.
Ouel que soit le but poursuivi, la réussite dépend tout d'abord du climat et du genre de nourriture qui se rapprocheront le plus de ceux de l'autruche sauvage ; il faut un climat sec en tout temps et pas trop froid en hiver.
Les conditions climatériques ont une grande influence sur la qualité des plumes et les meilleurs résultats sont obtenus quand la chute de pluie est d'une hauteur de 12 à 18 pouces (o m. 30 à o ni. 55) par an, bien qu'on puisse quelquefois en récolter d'excellentes, même si elle atteint 25 pouces (o m. 625).
Mais le climat sec est encore de tous le meilleur, et celui qui veut s'établir fermier d'autruches doit s'enquérir d'abord de l'importance de la chute de pluie en même temps que de la qualité du « veld » avant d'acheter une propriété.
Le sol doit être autant que possible plat et surtout pas humide; il faut aussi pouvoir le drainer et l'irriguer pour la culture de la luzerne, afin qu les oiseaux puissent paître toute l'année, ce qui est essentiel si on veut récolte des plumes de bonne qualité. Les pâturages naturels doivent répondre à ce taines conditions essentielles au point de vue de la végétation, comme nous 1 verrons par la suite.
Presque toutes les régions du sud de l'Afrique où l'on pratique l'élevage des bœufs et des moutons sont propices au fermage de l'autruche.
Le pays de Karroo (nom qui en hottentot signifie see et dur) convient tout particulièrement à cause de sa végétation très alcaline, et on peut le considérer comme le centre d'élevage. C'est, en effet, une plaine au sol mélangé de sable et de glaise, sur lequel pousse une végétation assez pauvre, mais très riche en principes alcalins.
Dès qu'il pleut, cette plaine se recouvre comme par enchantement d'une herbe verte, grasse et tendre, qui constitue une excellente nourriture pour l'autruche, laquelle s'y trouvait autrefois en abondance à l'état sauvage.
Naturellement, les fermes installées dans de semblables conditions donnent
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d'excellents résultats, mais il ne faut pas croire que l'élevage de l'autruche soit limité à ce pays; ce qui le prouve du reste c'est que, comme nous l'avons vu, cet oiseau avait beaucoup d'autres régions comme habitat eu Afrique.
11 faut donc un climat sec et doux et cependant un sol assez humide pour la réussite des prairies artificielles et surtout de la luzerne ; quand en même temps le sol est suffisamment sablonneux, on aura les plus grandes chances de succès.
La nature du climat est d'une grande importance, surtout pour les jeunes, car à partir de 2 ou 3 ans l'autruche est le plus résistant et le plus robuste des animaux domestiques.
Le climat a également une grande influence sur le rendement et la qualité des plumes ; de même qu'un sol trop humide diminue beaucoup la valeur de la récolte, de même, par exemple, l'influence de l'altitude est indéniable ; c'est pour la même raison qu'il faut avoir soin de ne jamais faire pâturer dans la luzerne mouillée.
Nous avons vu qu'un hiver froid et humide est néfaste au plus haut point; clans cet ordre d'idées, les essais faits par Nagenbeck à Stellingen, près de Hambourg, sont tout à fait indicatifs et ont prouvé que si l'autruche pouvait vivre assez facilement dans un climat froid, la formation de la plume se faisait très mal dans ces conditions défavorables. Cette constatation conduit en outre à penser que, par analogie avec les mammifères, l'autruche serait peut-être susceptible, par une acclimatation très prolongée, de revêtir un plumage d'hiver tout spécial, et, naturellement, le duvet de ces plumes devant être plus épais pour constituer une protection contre le froid, il en résulterait pour elles une plus grande valeur marchande. Bien que cela ne soit pas impossible, on n'en sait absolument rien, et. en tout cas, les irais d'installation et d'élevage étant très élevés, une exploitation faite dans de pareilles conditions climatériques ne pourrait être rémunératrice, malgré la supposition d'une assez forte plus-value de la récolte.
Au début, les fermiers s'emparaient des jeunes autruches sauvages qui venaient paître dans leur voisinage et les envoyaient au pâturage naturel sous la conduite et la surveillance d'un gardien. Ce système présentait l'inconvénient que durant les périodes de grande sécheresse les autruches dépérissaient, ne produisaient que de très mauvaises plumes ou mouraient de faim : quelquefois rnême on était obligé de leur rendre la liberté, et cela juste au moment où Pon pouvait espérer faire une récolte rémunératrice.
D'autre part, les plumes de l'autruche nourrie sur la pâture naturelle sont de mauvaise qualité et n'ont ni la tenue, ni le duvet, ni le brillant de celles des oiseaux qui reçoivent une nourriture artificielle appropriée.
Des recherches chimiques faites sur la substance des plumes suivant qu'elles proviennent de l'élevage naturel ou artificiel, il résulte que, pour obtenir une bonne qualité, il est nécessaire de donner une alimentation renfermant du soufre et des silicates.