ACCOUPLEMENT
A l'âge de deux ans et demi ou trois ans les autruches sont adultes et aptes à la reproduction ; il faut alors les apparier, c'est-à-dire les accoupler de façon à obtenir les meilleures plumes possible, ce qui exige une très grande expérience de la part du fermier.
Il faut se garder d'accoupler une jeune femelle avec un vieux coq, car celui-ci la poursuit jusqu'à ce qu'elle tombe épuisée, et peut la blesser dangereusement ; une femelle est bonne pour l'accouplement à l'âge de trois ans et demi.
Dans les grandes fermes, où les oiseaux sont laissés ensemble, les mâles et les femelles doivent être en nombre égal, afin d'éviter que celles-ci se battent pour couver, ce qui entraîne la perte d'un grand nombre d'eeufs qu'elle*peuvent briser dans les nids.
Quand au contraire les oiseaux sont séparés pour la reproduction intensive on donne à chaque coq deux ou trois femelles; il est bon alors d'attendre que les bêtes aient atteint l'âge de 3 ans, époque à laquelle elles sont arrivées à leur complet développement.
La première chose à faire est d'habituer les oiseaux au parc à luzerne dans lequel on les met ; pour cela on leur donnera matin et soir une bonne poignée de maïs et autant de nourriture qu'ils en désirent, sans faire abus du grain qui est coûteux. Une livre de maïs ou d'orge par couple est une nourriture suffisante ; le blé kaffir est excellent aussi, mais coûte cher.
Un reproducteur ne doit être ni trop gras, ni trop maigre; s'il est trop gras il devient paresseux et souvent les œufs ne sont pas fécondés; s'il est trop maigre, l'accouplement n'aura pas lieu.
Quand l'année est favorable, l'accouplement commence en juillet pour se terminer en mars; le moment où il se produit est variable suivant les régions.
On s'aperçoit que ce moment est arrivé quand le coq commence à façonner le nid, quand il poursuit la femelle et lorsque la peau de son cou
et de ses cuisses commence à rougir fortement. La femelle, de son côté, marche la tête basse en ouvrant et fermant le bec à coups précipités et en battant des ailes.
Pendant toute la durée de l'accouplement il est dangereux de s'approcher du coq sans se munir d'une branche fourchue afin de le tenir éloigné pour éviter les coups de pied quelquefois mortels ; on peut également se servir d'un long bâton garni à son extrémité d'un bouquet d'épines, avec lequel on le tiendra à distance, mais en se gardant bien de le frapper ; si on n'a pas cette défense, le mieux est de se coucher à terre et de faire le mort ou encore de chercher à saisir l'autruche par le cou, pour le lui serrer fortement, ce qui est, du reste, peu commode à cause de ses mouvements rapides.
11 ne faut jamais jeter de pierres à une autruche car elles pourraient lui briser une jambe et il n'y aurait plus qu'à l'abattre, car la fracture est inguérissable.
La femelle est inofïensive pendant la durée de l'accouplement et de l'incubation, mais dès la naissance de la couvée, elle devient aussi dangereuse que le coq.
Si la femelle ne veut pas se baisser devant le coq, on lui mettra un capuchon sur la tête pendant quelque temps pour qu'elle s'y habitue.
Autruche mâle en colère