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PRÉPARATION DES PLUMES POUR LE MARCHÉ

Au début des exploitations, les fermiers du Cap faisaient subir aux plumes un lavage avant de les mettre en paquets, mais les acheteurs ne se laissèrent pas prendre bien longtemps au meilleur aspect ainsi obtenu et leurs préférences se portèrent bientôt sur les lots qui n'avaient pas été lavés.

Aujourd'hui, quand par hasard un lot lavé (washed) est soumis aux enchères, il est de ce fait sensiblement déprécié.

Le lavage était fait comme nous allons l'expliquer et bien que ce travail ne fût pas bien complexe, il exigeait cependant une certaine attention.

On nettoyait d'abord la plume dans un premier bain contenant un peu de carbonate de soude et du savon ; on opérait la dissolution dans l'eau bouillante, mais on n'y plongeait les plumes qu'au moment où le degré de température était supportable à la main; puis on les lavait dans un deuxième bain savonneux plus léger et on les rinçait soigneusement à l'eau froide, de façon à enlever toute trace de savon ; ensuite on les faisait passer dans un bain de bleu comme celui employé pour le linge ; après avoir bien exprimé le liquide avec la main, on les mettait dans un bain épais d'amidon, après quoi on les secouait et on les exposait au soleil jusqu'à ce qu'elles soient bien sèches.

Pour la vente, les plumes sont réunies en bottes ou paquets (bundles) d'une grosseur permettant de les tenir commodément dans la main.

Il est essentiel qu'au moment de la plumée les différentes catégories de plumes soient disposées séparément dans la pièce réservée pour le bottelage et où le fermier en effectuera le triage par qualités et longueurs; cet assortissage doit être fait avec le plus grand soin et plume par plume.

Il faut bien se garder de mélanger dans une qualité déterminée, des plumes d'une sorte inférieure, car il peut en résulter de grands dommages pour le fermier, dont la marque se trouverait ainsi mésestimée par les acheteurs et cela d'une manière souvent définitive ; c'est ainsi que certains districts du Cap sont renommés pour leur bottelage, alors que d'autres sont réputés pour fournir de mauvais paquets.

L'assortissage des plumes ne doit pas être fait avec trop de minutie. Cela ne servirait, du reste, à rien, puisque le fabricant serait quand même obligé de procéder à un nouveau classement dont la nature varie suivant les besoins et le genre de fabrication; d'autre part, en divisant les sortes en de trop nombreuses catégories, les lots seraient en général de trop faible poids et ne répondraient plus aux dénominations commerciales admises partout.

Pour les très belles plumes longues des ailes, il sera bon d'en constituer des lots à part, car cette sorte atteint souvent des prix très élevés à la vente, par suite de leur grande rareté.

Les autres plumes des ailes et de la queue seront classées par longueurs, largeurs, nuances et qualités, en ayant soin de ne pas mélanger celles du mâle et de la femelle.

IlO LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE

Les plumes du corps devront être bottelées avec le plus grand soin par longueurs et qualités, ce qui n'empêchera pas de constituer les lots avec des paquets de différentes longueurs.

Enfin, un bottelage fait avec soin contribue pour une bonne part aux bénéfices réalisés par le fermier.

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