CYGNE
D'après Littré, le nom de cet oiseau vient du latin « cycnus », qui correspond au grec « kuknos » et au sanscrit « cakuni », mot qui veut dire oiseau; c'est en effet l'oiseau d'eau par excellence et on peut le nommer le roi des palmipèdes, d'abord parce qu'il vit presque exclusivement sur l'eau, et aussi à cause de sa taille qui atteint 1 mètre 90 et de son envergure qui est de 2 mètres 50.
C'est un oiseau migrateur, qui habite les zones froides et tempérées ; on ne le rencontre jamais sous les tropiques; il en existe plusieurs espèces ayant chacune une aire de dispersion très étendue.
Le cygne muet a été domestiqué en Europe au XVIe siècle, comme l'a démontré Geoff roy-Saint-Hilaire ; mais le droit de posséder des cygnes fut pendant des siècles un privilège nécessitant même une autorisation royale.
Nous lisons dans Salerne (1750) que :
« Cet oiseau était autrefois plus à la mode qu'il n'est aujourd'hui; on en voyait la rivière de Seine presque toute couverte, tant au-dessus qu'au-dessous de Paris, témoin l'Isle îilaquerelle, qu'on a nommé l'Isle aux Cygnes, à cause de la quantité de cygnesqu'on y nourrissait; mais aujourd'hui il n'y en a plus; on en nourrit quantité sur le canal de Versailles, à Amiens, à Lille en Flandres, en Prusse et ailleurs, pour le plaisir des habitants. »
Les anciens comme Aristote, Platon, Aristophane, Philostrate, Cicéron, Sénèque, attribuent un beau chant au cygne, surtout quand il est près de mourir; mais Pline et Athénée prétendent que cela est faux pour l'avoir souvent éprouvé. Buffon écrit :
« Il faut leur pardonner leur fables; elles étaient aimables et touchantes, elles valaient bien de tristes et d'arides vérités ; c'étaient de doux emblèmes pour les âmes sensibles. Les cygnes, sans doute, ne chantent point leur mort, mais toujours, en parlant du dernier essor et des derniers élans d'un beau génie, prêt à s'éteindre, on rappelle avec sentiment cette expression touchante : « C'est le chant du cygne ».
Le plumage du cygne est d'une éclatante blancheur, les plumes des ailes sont grandes et bien fournies ; quant à celles du corps elles sont très abondantes et molles et partout accompagnées d'un duvet très épais.
La peau du ventre est très estimée, mais on vend souvent sous ce nom celle de l'oie qui, bien préparée, est presque aussi belle, quoique de dimensions moins grandes, mais aussi beaucoup moins chère.
On est arrivé, depuis quelques années seulement, à teindre en couleur la peau de cygne, ce qui présentait une grosse difficulté en raison du peu de résistance de la peau, qui se désagrégeait dans les bains portés à l'ébullition.
Toutes les plumes de cygne se teignent facilement et restent brillantes après avoir subi cette opération ; les sortes employées sont les mêmes que pour l'oie.
EMEU ou EMOU (DROMÉE ou CASOAR D AUSTRALIE)
Dans l'industrie de la plume on le dénomme faussement casoar, alors que celui-ci n'a que des plumes courtes et sans barbes, se réduisant même pour les rémiges à des tiges cornées arrondies et sans barbules. L'émeu est recouvert d'un véritable plumage formé de plumes longues et étroites, de couleur brune plus ou moins foncée selon la partie du corps où elles se trouvent.
L'Emeu de la Nouvelle-Hollande (Dromaeus Novae Hollandiaee) a le port de l'autruche, mais ses jambes sont moins hautes, son cou moins long et moins nu, et de plus il a trois doigts armés d'ongles puissants.
Il vit très bien en captivité, sa domestication est très facile, et étant originaire d'un pays au climat tempéré, il s'acclimate très facilement en Europe.
De nos jours, les émeus sont répandus dans tous les jardins zoologiques et un grand nombre de parcs; leur élevage n'offre aucune difficulté et peut devenir une source de bénéfices importants.
« Les grands oiseaux inailés, dit Geoffroy-Saint-Hilairc, dans un rapport au ministre de l'Agriculture, pourraient nous offrir de semblables avantages, comme produisant une viande aussi abondante que saine. Ce seront de véritables « Oiseaux de boucherie », terme nouveau, auquel il faut bien recourir pour désigner des usages nouveaux. »
En dehors de cette utilisation alimentaire, l'émeu fournit à notre indus-
trie des plumes en abondance; il est vrai qu'elles n'ont pas une très grande valeur car elles sont à tiges trop souple et leur duvet est assez sec surtout pour les plumes des flancs qui ont reçu pour cette raison le nom topique de « foin ».
Quoi qu'il en soit, la mode les emploie quelquefois avec assez de succès pour créer des fantaisies d'aspect original.
Le prix d'une peau entière varie selon la mode de 25 à 60 francs.