HERONS
Dans l'ordre des échassiers, la famille des Ardeidès, comprend de très nombreuses espèces que l'on rencontre dans le- régions marécageuses et les cours d'eau de tous les pays.
« Le Héron au long bec emmanché d'un long cou », du bon La Fontaine, est le type générique de cette famille dans laquelle les individus ont la tête petite et plate, le corps mince et de très longues jambes en forme d'échasses.
Ils nichent sur les roseaux, les buissons ou les arbres ; beaucoup d'espèces portent sur le sommet de la tête, le haut du dos ou sur la poitrine de long plumes plus ou moins souples qui sont recherchées pour la parure.
Nous lisons dans le « Dictionnaire des Arts et Métiers » édite en iJJ? :
« On trouve souvent sur la tête du héron mâle ordinaire une crête bleuâtre, composée de trois plumes longues, de huit pouces, que l'oiseau perd au' temps de la mue ; on en employait beaucoup autrefois pour faire des aigrettes nommées « Masses de Héron », dont les gens d'épée ornaient un des côtés de leur bonnet, avant que l'usage du chapeau se fût établi en France; aujourd'hui on ne se sert plus de ces aigrettes que pour les coiffures de bal et de théâtre.
« Autrefois, les plumassiers faisaient des panaches en autruche réunis en bouquets, qui se mettaient sur un des côtés de la tête au-dessus de l'oreille et qui étaient relevés par des aigrettes de hérons; c'est de là qu'est venu le 'nom de c< panacher-bouquetier » que l'on voit dans les statuts des plumassiers. » .
Au temps de François Ier, la chasse au héron était fort en honneur et on considérait cet oiseau comme gibier royal ; on le chassait au faucon et des tentatives récentes ont été faites pour remettre en honneur l'art de la fauconnerie qui avait disparu depuis longtemps déjà.
Un héron peut vivre une cinquantaine d'années, comme on a pu le constater pour les oiseaux qui servaient au dressage des jeunes faucons.
Ce fait est important et mérite de retenir l'attention au point de vue de l'élevage et de la domestication éventuels de ces oiseaux.
En dehors de l'aigrette et de la crosse, on trouve, soit dans les mêmes marais que ces derniers, soit en colonies séparées, différentes espèces dont les plumes sont couramment employées en plumasserie et que nous allons énumérer.
Le héron gris fer qui provient de l'Asie occidentale et méridionale, et dont les plumes du dos valent de 175 francs à 500 francs le kilogramme, suivant triage et qualité.
Le héron gris ordinaire ou héron cendré qu'on trouve dans tous les pays tempérés et sous les tropiques; les plumes qu'il porte sur le dos
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Hcron cendré \Cotnmuuique par MM. Pathc Frères
valent de 150 à 450 francs le kilogramme. Cette espèce était autrefois assez
répandue en France, mais il n'en
n'existe plus aujourd'hui qu'une
seule colonie à Ecury-le-Grand.
dans les propriétés de M. le Comte
de Sainte-Suzanne. Il en existe
encore beaucoup dans les marais
de la République Argentine.
Le héron blanc ordinaire
qui habite les mêmes régions que le précédent, et dont les plumes récoltées sur le cou valent de 200 à 800 francs le kilogramme, suivant longueurs et qualités. Celui qui est propre à l'Asie et particulièrement à la Chine a des plumes généralement plus courtes et plus blanches que celles des autres espèces et a du reste un peu plus de valeur marchande.
Le héron marron dont l'habitat se trouve en Asie méridionale ; les plumes qu'il porte sur le dos sont relativement plus courtes que celles des autres espèces et se vendent de 200 à 600 francs le kilogramme suivant la qualité et les exigences de la mode.
Le héron jaune, propre à l'Asie méridionale et dont les plumes du dos valent de 300 à 900 francs le kilogramme ; ces plumes d'un aspect tout à fait particulier ont un duvet décomposé avec de longues barbes séparées et souples. ce qui leur fait donner commercialement le nom de crosse jaune parce que leur aspect général rappelle celui de la crosse blanche tout en ne possédant pas la courbure typique de cette dernière.
Le héron garde-bœuf (bubulciis), sous-genre de héron dont on connaît deux espèces, l'une propre au nord-est de l'Afrique, le nord de l'Asie et au sud de l'Europe : le bubulciis ibis, et l'autre des Indes : le bubulciis coromandus.
On les appelle ainsi parce qu'ils se perchent sur le dos des bœufs et des buffles pour en dévorer les larves de parasites.
Ils ont les jambes et le cou plus courts que les hérons.
Le bubulcus ibis a le plumage entièrement blanc et porte sur le haut de la tête, la poitrine et le dos des plumes décomposées d'un roux de rouille. Cet oiseau s'apprivoise avec la plus entière facilité et devient même très familier.
Les plumes du dos de cet oiseau se vendent entre 600 et 1.500 francs le kilogramme.
Le héron pourpré (ardea pur pur ea), qui doit son nom à la teinte d'un roux ardent qui domine dans son plumage à la tête et au cou. Les principaux
Héron >;rrs argeme
pays producteurs de cette sorte sont l'Inde et la Chine; ces plumes valent de 175 à 300 francs le kilogramme.
Il était jadis assez commun en Italie et on en trouve aussi quelques colonies en Afrique.
Le héron argenté. Cette sorte vient des Indes et vaut de 400 à 1.200 francs le kilogramme.