RECOLTE ET PRÉPARATION DES PLUMES
La façon dont on procède à la plumée a une grande importance ; il est bon de mettre à part tout d'abord lés plumes des ailes et de la queue, qui sont généralement celles ayant la plus grande valeur ; de même, il est préf é-
(1) Voir appendice.
178 LE COMMERCE ET i/lNDUSTRlE
rable de séparer de suite les grises des blanches. Il est nécessaire que la plumée soit effectuée au plus tard vingt-quatre heures après la mort de l'oiseau, car sans cette précaution les plumes ne se conserveraient pas en bon état.
La plumée doit être faite dans un endroit propre et les plumes mises au fur et à mesure dans un panier ; il faut avoir bien soin d'enlever les débris de chair, de graisse ou de sang qui pourraient rester adhérents aux tuyaux; sans cette précaution, les lots de plumes seraient bientôt pourris et perdus.
Les oiseaux de basse-cour ont presque toujours le plumage plus ou moins souillé et infesté de germes d'œufs d'insectes et de parasites divers; il est donc nécessaire de les nettoyer et de les soumettre à l'action d'une étuve ou d'un appareil d'épuration chauffé à 8o° C, pour les débarrasser de la vermine qui nuirait à leur bonne conservation.
Quand on n'a pas d'étuve à sa disposition, comme cela arrive souvent, on pourra les mettre tout simplement dans une pièce propre et aérée comme par exemple un grenier qui sera spécialement affecté à cet usage où on les retournera avec une fourche en bois tous les trois ou quatre jours pendant quinze jours.
Dans cette pièce, les plumes sont disposées par catégories et étendues sur des cordes afin qu'elles sèchent rapidement ; il faut bien s'assurer avant de les soumettre au triage, qu'il ne reste plus une seule plume humide.
Le triage doit être fait avec le plus grand soin, car de la façon dont il est exécuté dépendent pour la plus grande partie le prix obtenu de l'acheteur et par suite les bénéfices réalisés.
Après le triage, on passe de nouveau les plumes à l'étuve par catégories et on les réunit par bottes.
Toutes les plumes d'ailes et de queue doivent être bottelées par sorte, qualité et longueur ; il ne faut pas faire des bottes trop grosses et surtout ne pas y introduire des plumes de qualité inférieure.
Les plumes doivent être disposées les unes sur les autres et dans le même sens afin qu'elles ne s'abîment pas.
Si le triage a été fait avec soin, le bottelage est facile et s'exécute rapidement.
Quand les plumes sont ainsi bottelées, on relève le poids de chaque catégorie et on les emballe soigneusement.
En ce qui concerne les ailes entières auxquelles la mode donne parfois une valeur appréciable, il y a lieu de prendre soin de les couper bien exactement à la jointure, ensuite on les fait sécher, et, quand elles sont bien sèches, on les emballe dans des boîtes bien closes avec de la naphtaline ou du camphre ; en prenant ces précautions, on peut tirer un bon bénéfice de cette partie du plumage des pigeons et des canards.