DINDON
Les dindons sont des Gallinacés originaires du nord et du centre de l'Amérique et qui ont été domestiqués depuis longtemps ; le dindon domestique descend du dindon des forêts du Mexique.
La légende veut qu'il ait été introduit en France en 1570 et servi pour la première fois aux noces de Charles IX, mais en réalité c'est en 1559, comme en fait foi le journal manuscrit du sire de Gouberville.
Les dindons sauvages sont devenus rares aujourd'hui et sont difficiles à
approcher, sauf l'hiver pendant lequel ils restent engourdis sur les branches des arbres ; leur chair est très appréciée des amateurs.
Elevage. — C'est en Sologne que l'élevage du dindon est le mieux pratiqué. Il y en a six variétés : la blanche, la grise, la rouge, la jaspée, la bronzée, l'ardoisée et la noire. La bronzée est la plus estimée, son plumage est analogue à celui du dindon mexicain ; le dos, la poitrine et les couvertures des ailes sont d'un beau bronzé brillant, chaque plume terminée par une bande noire; les rémiges sont de couleur brun sombre et régulièrement barrées de blanc et de gris.
Le dindon vulgaire a le dos brun jaunâtre à reflets métalliques, chaque plume étant bordée de noir velouté ; le bas du dos et la queue sont brun foncé avec des raies noires et verdâtres ; la poitrine et les côtés sont brunâtres.
Le dindon blanc de Hongrie est une sorte très estimée.
M. L. Janning donne le chiffre de 8 francs par tête comme bénéfice annuel de l'élevage rationnel du dindon, et voici comment il l'établit :
Les plumeurs paient 5 francs par tête, trois plumées faites à domicile entre les mois d'octobre et de février ; les deux premières plumées sont effectuées sur les touffes duveteuses, qu'ils arrachent à l'animal sans aucun inconvénient pour sa santé; ce duvet sert à faire le « marabout » et le « pied tourné ».
La troisième plumée, alors complète, se fait après le sacrifice de la bête ; il n'y a donc pas de crainte à avoir au point de vue de son influence sur le dépérissement ou le poids de l'animal. Dans cette complète plumée, il y a déjà 50 plumes d'ailes et de queue {palettes) qui valent de 2 à 3 francs le cent.
Le dindon se vendant 7 à 8 francs minimum, rapportera donc au bout de dix mois 7 francs plus 5 francs, soit 12 francs. Si l'on en déduit la somme de 4 francs, prix de la nourriture de l'oiseau, il restera 8 francs par tête. Les frais généraux seront couverts par le guano ; cent dindons produisent 2 kilos 500 de guano sec par jour, valant 24 francs les 100 kilos, ce qui représente 1 fr. 80 par tête pour 10 mois.
Plumes de dindon. — Il venait autrefois de l'Amérique une grande quantité de plumes de dindons sauvages, mais à la suite de la chasse acharnée qui a été faite à ces oiseaux, l'Europe n'en reçoit plus guère et aujourd'hui c'est cette dernière qui exporte en Amérique les plumes du dindon domestique. En 191 1 la France a produit pour 860.000 francs de plumes de dindon.
Les plumes de dindon sont employées principalement pour la fabrication des plumeaux, mais aussi dans la mode, et tout particulièrement celles du dindon blanc.
Le prix des plumes de dindon est très variable, mais toujours appréciable.
On en distingue de plusieurs sortes : celles des ailes et de la queue, les plumes du corps appelées coquilles, le gros duvet qui se trouve aux cuisses et
sous la queue et qu'on appelle marabout de dinde ou faux marabout à cause de son aspect qui rappelle celui du véritable.
La plume est dite vive ou morte suivant qu'elle a été récoltée sur l'oiseau vivant ou après sa mort ; en tout cas il faut bien se garder d'attendre que l'oiseau soit refroidi pour lui enlever ses plumes, qui, dans ce cas, seraient moins belles et fort dépréciées.
Plumes de dindon blan:
j Queue 1 Palette 3 Fle.-he
Plumes de diudon commun
1 Palette
2 Flèche
3 Queue
Aussitôt après la plumée on les trie et on les nettoie dans un bain de savon puis on les fait sécber dans une étuve.
Il existe, pour les grandes installations, des appareils spéciaux.
Classification pour la vente et la fabrication. — Qu'il s'agisse de dindon ordinaire ou de dindon blanc, la classification est la même :
Flèche, Palette, Queue., Marabout et Plumes du corps ou Coquilles.
Ces plumes ont toujours une certaine valeur. Le prix du marabout de dinde ou faux marabout varie de 40 à 150 francs le kilog, suivant longueurs et qualités.
C'est de 1878 que date l'emploi courant de la plume de dindon; à cette époque en effet les fabricants en firent des bandes collées sur des tissus caoutchoutés, dont le succès fut si considérable que la plume de dindon, délaissée jusque-là, prit de suite de la valeur et atteignit, en 1884, le prix de 100 francs le kilo.