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peaux à 4 francs pièce, soit un million de francs

La statistique nous donne, en 191 1, pour les 68 départements où ce commerce existe, le chiffre de 4.700.000 francs pour les plumes d'oie.

Les départements qui en produisent le plus sont la Seine-Inférieure, la Meurthe-et-Moselle, l'Eure-et-Loir, le Tarn, le Gers, l'Aude, la Haute-Garonne, la Gironde et les Basses-Pyrénées.

Les Hollandais venaient jadis acheter les oies dans les ports de Bayonne et de Bordeaux ; ils dégraissaient, nettoyaient et arrangeaient les plumes, qui étaient dites, pour cette raison, « hollandées ».

L'Angleterre, l'Autriche et l'Allemagne produisent également l'oie ; mais cette dernière n'en n'exporte guère, car l'industrie de la plume y est très développée.

Depuis deux ans environ, la Sibérie exporte d'énormes quantités de plumes d'oie blanche ; quand le triage en a été fait avec soin, cette sorte peut presque rivaliser comme blancheur avec celle de Chatellerault ; en tout cas, la coquille est beaucoup plus belle et plus large que celle de l'oie de France.

L'oie de Russie est travaillée en Galicie ou en Bohême, pays dont le triage est excellent.

En résumé, les pays d'où l'on tire principalement la plume d'oie sont : la Bohême, la Hongrie, la Russie, la Sibérie, la Chine et l'Amérique (ces deux derniers pays pour une très faible production).

Les centres de traitement et de tirage sont :

En Bohême à Klattau.

En Hongrie à Budapest.

En Russie à Kasan.

En Galicie à Brody.

En Sibérie à Irbit.

En France à Chatellerault.

En général on plume les oies trois ou quatre fois par an ; la première plumée est faite en mai et la deuxième au plus tard en septembre, de façon que les plumes aient le temps de repousser avant l'hiver; on reconnaît que la plume est mûre quand elle se détache d'elle-même.

Dans le département de la Vienne on écorche l'oie grasse avant de la livrer à la consommation. La peau est fendue sur le dos et détachée du corps de la bête très soigneusement pour ne pas abîmer le duvet ; les peaux excessivement souples, d'une remarquable blancheur, dont le duvet est brillant et soyeux, ont une valeur marchande de 3 à 4 francs ; elles sont aussi belles que les véritables peaux de cygne et une seule fabrique à Poitiers en prépare, chaque année, de trente à quarante mille.

Ces peaux d'oie sont exportées surtout en Angleterre et en Amérique.

La chair est vendue sur le marché local ou expédiée aux Halles de Paris ; une oie rapporte ainsi à son propriétaire de 9 à 12 francs.

La conservation des plumes d'oie est très simple ; il suffit de les passer dans une étuve pendant plusieurs heures, puis de les secouer énergiquement à l'air et les repasser encore un peu à l'étuve ou au four.

Classification. — La plume d'oie est classée et vendue par les marchands sous les dénominations suivantes :

i° Palette, plume de la queue dont le prix varie de 6 à 8 francs ;

2° Moyenne, plume des ailes.

Même prix que pour la palette ;

30 Nageoire, plume du corps en arrière des ailes, prix 15 francs;

40 Pointue, plume d'ailes.

5° Parement ou Pavillon. Cette plume qui garnit l'arrière-bras de l'aile est généralement vendue privée de son culot, qui sert à faire des cure-dents ; le prix du f avillon blanc varie de 5 à 20 francs suivant qualité ;

6° Cosse, c'est la plus petite plume formant couverture des ailes, son prix est de 3 à 4 francs;

7° Coquille, plume du corps, de 8 à 12 francs.

On tire également du plumage de l'oie la sorte appelée « biot » ; c'est une sorte de bourrelet de nature demi-cornée, qui se trouve

placée sur la côte des grandes flèches de l'aile; on en fait généralement des montures souples de petit volume ; on les emploie aussi pailletées.

Palette Moyenne Nageoire Pointue

Plume d'oie

5 Parement dit Favillon

6 Cosse

7 Coquille de cygne

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