PARADISIERS
Ces magnifiques oiseaux, tous originaires de la Nouvelle-Guinée et des îles voisines, ne sont réellement bien connus que depuis le milieu du siècle dernier.
En effet, ceux qu'on importait autrefois en Europe étaient tous plus ou moins mutilés et privés de leurs pattes ce qui avait fait croire qu'ils n'en avaient pas, et cela malgré les assertions contraires de Pigasetta, un compagnon de Magellan, qui en rapporta le premier spécimen à Séville en 1522.
Jusqu'au xvma siècle les oiseaux de Paradis furent considérés comme des êtres fabuleux, d'une essence supérieure, se nourrissant d'air pur et n'ayant pas de pattes ; ils étaient censés vivre continuellement dans les airs sans jamais se poser à terre ou du moins se reposant seulement quelques instants en se suspendant aux branches au moyen de leur longue queue ; on croyait qu'ils se nourrissaient exclusivement dans l'éther; cependant Marcgrave, Clusius et d'autres naturalistes combattirent ces erreurs, mais bien en vain, car ces croyances subsistèrent encore pendant plusieurs siècles.
Aldrovandus (1522-1607), qui croyait à toutes ces fables, en décrit dans son histoire naturelle cinq espèces différentes auxquelles Clusius et Marcgrave en ajoutèrent cinq autres ; toutes ces classifications n'étaient basées, bien entendu, que sur les histoires racontées par des voyageurs incompétents.
Même au milieu du xvine siècle Salerne les classe dans « Les petits oiseaux de proie étrangers, anormaux et irrcgiiliers », mais cependant, à côté de cette erreur, il déclare qu'ils ont « des doigts, des griffes et des pieds entiers ».
La vie de ces oiseaux en liberté et en captivité est connue aujourd'hui, grâce au naturaliste français Lesson qui fut le premier à même d'observer
des paradis vivants, et aussi par les détails qui nous furent donnés au siècle dernier par l'Anglais Bennett et le Hollandais Rosenberg.
Ce fut Wallace qui rapporta en Europe, en 1860, les deux premiers oiseaux de paradis vivants.
Depuis, des amateurs anglais se sont pris de passion pour l'élevage des oiseaux de paradis et en 1904 Mme Johnston recevait un lot important de ces oiseaux vivants; en 1908, le Jardin Zoologique de Londres reçoit une belle collection de paradisiers.
Sir William Ingram acheta, en 1909, la petite île de Tabago, aux Antilles, pour y acclimater l'oiseau de paradis dans cet îlot situé aux antipodes de l'île d'Arou; il y lâcha 47 oiseaux jeunes sous la surveillance d'un gardien chargé de lui adresser des rapports mensuels ; les oiseaux semblent se développer normalement et tout fait prévoir qu'ils se reproduiront.
Les plumes des oiseaux de paradis ont servi de tout temps comme parure aux chefs des divers peuples de l'Inde; ces peuples les avaient dénommés :
« Hirondelles des Molucques », à cause de la rapidité de leur vol.
Les paradisiers appartiennent à la famille des passereaux.
Ils varient comme taille, dit Brehm, de celle du geai à celle de l'alouette.
Ils se distinguent d'abord par les couleurs splendides de leur plumage, mais surtout par les formes spéciales de certaines de leurs plumes et principalement de celles des flancs qui atteignent chez certains un développement considérable.
Les mâles revêtent leur plus beau plumage d'avril à novembre et seulement quand ils ont atteint l'âge de 3 ans ; quant aux femelles elles ont un plumage fort simple et peu propre à attirer l'attention.
Pendant les danses du matin et du soir Plume d'oiseau de paradis auxquelles se livrent ces oiseaux, on peut les
approcher facilement.
Autrefois on tuait les oiseaux de paradis avec des flèches émoussées, ce qui souvent les abimait; aujourd'hui on les piège avec des collets ou la glu de l'arbre à pain ; les indigènes se gardent bien de tuer les femelles qui n'ont du reste aucune valeur ; les jeunes sont également épargnés ; du reste la production annuelle de ces dix dernières années est à peu près constante et il n'y a pour le moment pas de danger d'extermination car, jusqu'ici, on n'a chassé que dans une très petite partie de la Nouvelle-Guinée sans jamais pénétrer très loin dans l'intérieur qui est couvert de forêts vierges immenses.
Le commerce des oiseaux chassés par les indigènes se fait par l'intermédiaire de Chinois ou autres qui groupent les quantités recueillies jusqu'à ce
qu'elles soient suffisantes pour être exportées ou vendues aux agents des maisons européennes.
L'exportation des paradisiers est interdite de novembre à mai de chaque année; quiconque est trouvé en possession d'une quantité marchande est passible d'une forte amende et même de prison. Aucune maison européenne des Indes néerlandaises ne voudrait essayer d'enfreindre le règlement. La surveillance est d'autant plus sévère que le gouvernement hollandais prélève un droit de 10 o/o ad valorem pendant le temps où l'exportation est permise (i).
M. A. E. Prat, dans son ouvrage « Tzvo years among New Guinea Cannibals », relate qu'il a vu les indigènes protéger les femelles et les jeunes mâles et ne tuer que les oiseaux de paradis mâles ayant leur plumage parfait, c'est-àdire ayant atteint l'âge de trois ans au moins.
Jusqu'à une époque relativement récente les oiseaux de paradis importés en Europe étaient toujours non seulement mulités, comme nous l'avons vu, mais en outre excessivement mal préparés ; actuellement la préparation de ces oiseaux est faite avec beaucoup de soin et les exigences de la mode en ont fait un objet de grand luxe.
On distingue un grand nombre d'espèces de paradisiers ; quant aux oiseaux de paradis proprement dits, on en connait déjà un grand nombre de variétés, et au fur et à mesure qu'on pénètre plus avant dans la forêt vierge on en découvre de nouvelles ; c'est ainsi que nous en avons vu tout récemment au Muséum une nouvelle espèce dont les plumes sont brunâtres ; quoiqu'il en soit, nous nous contenterons de décrire les sortes de paradisiers qui sont emnloyés en plumasserie.
i° Paradisiers apode. — C'est Linné qui lui a donné ce nom d'« apode » (sans pattes) en souvenir des anciennes légendes qui voulaient qu'il n'en ait point; on l'appelle aussi paradisier grand émeraude ; c^t oiseau ne se trouve guère que dans les île= d'Aru, en Papouasie ; il a 36 centimètres de longueur. Le mâle a le front noir de velours à reflets émeraudes, le sommet de la tête et le dessus du cou jaune citron ; le haut de la gorge est vert émeraude à reflets dorés ; le devant du cou est brun violet ; les plumes des ailes et de la queue sont de teinte brun marron assez foncé. Les « flancs » ou plumes subalaires se composent de longues plumes de forme pointue et de couleur jaune orange vif passant au rouge légèrement vineux vers les extrémités ; la queue est munie de deux longs filets cornés très allongés et un peu recourbés.
Les indigènes de l'île d'Aru, très jaloux
Patadisicr apode
(1) Voir Appendice pour la nouvelle réglementation de la chasse en Nouvelle-Guinée.
de conserver précieusement une telle source de revenus, prennent grand soin de ne tuer que les adultes en épargnant les jeunes et les femelles; ceci explique pourquoi il est excessivement rare de rencontrer sur le marché des paradis apodes courts.
2° Paradisiers petit émeraude ou papouan. — Cet oiseau, qui a également reçu le nom de « paradis minor », est le plus commun de tous et le plus répandu, aussi bien dans l'intérieur que sur les côtes de la Nouvelle- Guinée hollandaise et allemande.
Sa taille, plus petite que celle de l'apode, ne dépasse jamais 33 centimètres de longueur, mais il lui ressemble beaucoup comme plumage, sauf cependant pour les plumes des flancs qui sont moins longues et d'une teinte jaune un
peu plus claire et dorée.
30 Paradis Raggiana. — Cette espèce se trouve plus spécialement dans !a Nouvelle-Guinée anglaise, c'est-à-dire au sud-est de cette contrée, dans le district de Port-Moresby ; la chasse en est formellement interdite et l'exportation sévèrement punie, aussi les quelques oiseaux qu'on rencontre sur le marché viennent-ils de la Nouvelle-Guinée allemande où cette espèce est beaucoup moins répandue".
Les plumes des flancs sont de couleur jaune orangé assez clair.
Bnn de Pa^dis Raggiana 4° Paradis orange. — Cet oiseau
vient de la Nouvelle-Guinée allemande; il se distingue facilement des autres espèces par les plumes des flancs qui sont
beaucoup plus larges et d'un beau jaune orangé d'un ton plus soutenu que
celui du paradis raggiana.
C'est une espèce qui n'a été mise sur le marché que depuis cinq ou six ans ; sa découverte étant due à une pénétration un peu plus avancée dans la forêt vierge non encore exploitée.
5° Paradis rouge ou paradis rubra. — Cet oiseau n'existe que dans les îles de Waigiru et de Batanta ; il a du reste beaucoup moins de valeur que les autres car les plumes des flancs sont étroites, brillantes et peu développées; c'est la raison pour laquelle il n'arrive sur le marché que d'une façon très
irrégulière ; il est à peu près de la même grosseur que le petit émeraude, mais il porte sur la tête une huppe vert dorée et s'en distingue surtout par les plumes subalaires qui sont d'un rouge carmin brillant et dont l'extrémité est tordue et de couleur plus claire ; il porte en outre à la queue deux longs brins larges et aplatis de couleur rouge brun.
6° Paradisornis Jobicusis ou paradis géant. — Il provient de l'île Joppen et sa disparition n'est pas à craindre car les indigènes ne prennent que les plus gros, c'est-à-dire ceux qui sont adultes ; les plumes des flancs sont beaucoup plus larges et plus longues que celles du paradisier petit émeraude dont elles ont du reste l'aspect et la nuance.
6° Paradisornis Jobiensis ou paradis géant. — Il provient de l'île des flancs d'un bleu magnifique à reflets violets et les plumes des flancs sont assez courtes; on ne l'utilise pas dans la mode et
les quelques individus importés jusqu'ici l'ont été \
seulement dan^ un but scientifique. On s'en procure difficilement et on le paie entre 300 et 500 francs.
Séleucide -„
8" Séleucide éclatant ou séleucide nigri- ou
, Multifil
cans. — Cet oiseau est appelé commercialement
« multifil » ; ce nom provient de la conformation
toute spéciale de ses plumes subalaires, qui sont
garnies d'un duvet jaunâtre sur une partie et en sont complètement dépourvues
sur tout le reste de la longueur, ce qui leur donne l'aspect de fils assez longs
et contournés.
90 Epinaque superbe
(Epimachus magnus). — Le plumage de cet oiseau, qui est de la grosseur d'un pigeon, est d'aspect plutôt sombre; la tête est couverte de petites plumes rondes vert bronzé à reflets bleus et verts; la partie postérieure du cou est noire; le dos est recouvert de plumes noires mélangées d'autres plumes en forme de spatule à reflets verts bleuâtres; le ventre est violet foncé; la queue très longue peut atteindre 65 centimètres et est formée de plumes assez larges barrées de raies transversales.
Il habite toute l'étendue de la Nouvelle-Guinée.
Multifil et Lophorine
Palette de l'extrémité d'un hrjn de si filet grossie 3 fois
io°Parotia sexsetacia ou sexpennis ou sifilet à six brins. — Les sifflets ont les plumes des flancs assez développées mais moins que chez les oiseaux de paradis ; d'autre part, ces plumée ne sont pas de forme pointue et de plus elles viennent recouvrir les ailes sur lesquelles elles se replient transversalement en formant une sorte d'éventail épais.
Sifilet
Leur nom provient (Pariota sexsetacia)
de ce qu'ils portent sur la tête si brins grêles filiformes, terminés en palette et implantés symétriquement derrière les oreilles.
Cet oiseau
M anucede
il0 Manucaude royal (The King Bird of paradise). connu commercialement sous le nom de Manuc ode est remarquable par la forme tronquée spéciale des plumes des flancs qui sont grises rayées de deux bandes transversales blanche et rouge et dont l'extrémité est de couleur vert émeraude ; il peut étaler ses plumes en forme d'éventail.
La poitrine est traversée d'une bande verte à éclat métallique ; le dos est rouge rubis, la tête orange, la gorge jaune et le ventre gris; sa queue est ornée de deux brins dépourvus de duvet, disposée en forme de lyre et se terminant par une sorte de spirale de duvet d'un vert métallique splendide.
Le manucode est le plus commun de tous les paradisiers et vit principalement dans la partie septentrionale de la Nouvelle-Guinée ainsi qu'aux îles Aru.
12° Lophorine superbe ou manteau de velours. — Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire la descriptions qu'en donne Brehm :
« La lophorine superbe, que les Papous, d'après Forster, nomment « Sag-awa » et les Malais de Tidor « Soflou-hozatou », d'après L,esson, a, au plus, de 22 à 25 centimètres de longueur totale.
« Elle a le dos, le croupion, les ailes, la queue, les sus et sous-caudales noirs, mais avec des reflets violets, selon l'incidence de la lumière; les plumes étagées du manteau, d'un riche noir violet, offrent l'éclat, la nuance, le
Extrémité d'un filet de Manucode grossie 3 fois
moelleux et la douceur du velours ; et les plumes imbriquées du devant du cou et de la poitrine sont du vert bronzé le plus chatoyant et s'irisent en violet.
« Quand l'oiseau est au repos, il porte les longues plumes de l'épaule couchées sur le dos comme un manteau; mais il les étale quand il veut se montrer dans toute sa splendeur. »
Cet oiseau se trouve dans toute la Nouvelle-Guinée et dans l'île de Waigiou, mais il est rare et son prix est toujours élevé.
Ce sont surtout les plumes du manteau formant palettes et dénommées marteaux et celles de la gorge qui sont employées dans la mode; on porte aussi quelquefois l'oiseau entier.
130 Ptilornis Magnifica ou ptilornis paradisier. — Les différentes espèces de ptilornis habitent les mers d'Australie, d'autres la Nouvelle- Guinée.
Cet oiseau a reçu le nom de « gorge d'acier ». car il a la poitrine et la gorge recouvertes de pliimes écailleuses, imbriquées et du plus brillant vert émeraude à reflets changeants ; quelques-unes des plumes subalaires, bien que plus courtes, rappellent beaucoup comme forme celles des flancs de l'oiseau de paradis, mais les barbes sont moins abondantes et moins régulièrement disposées.
Marteaux de Lophorine
14" Astrapia splendidissima. — On connaissait autrefois cette espèce sous le nom d'incomparable ou pie de paradis • elle est surtout remarquable par le développement considérable qu'atteignent les plumes de la queue.
M. Brook est parvenu à obtenir, en Europe, la nidification et la ponte de l'Astrapia Stefania, et c'est d'un bon signe pour la domestication éventuelle de ce genre d'oiseaux.
150 Magnificent bird of paradise. — Cet oiseau, communément désigné sous le nom de « Magnifique », est de la grosseur d'une grive.
Il a la tête marron ; à la partie postérieure du cou se trouve une collerette de plumes jaune citron recouvrant une autre collerette de teinte marron rouge et dont les plumes dépassent celles de la première ; le dos est marron ainsi que les ailes ; le dessous de la gorge est noir velouté.
Le ventre est d'un vert magnifique avec partie brillante au centre ; les plumes subalaires. peu développées, mais très fournies sont de couleur marron rouge très foncé.
La queue porte deux fouets plats formés d'une
Plume de flanc de Lophorine
tige garnie d'un seul côté de duvets marrons sur une face et d'un beau bleu brillant et changeant sur l'autre face.
Prix de vente des paradisiers. — Le cours des paradisiers est très variable et dépend surtout de la mode ; ces variations se font en général sentir moins fortement pour les oiseaux de paradis proprement dits dont la production est de beaucoup la plus importante.
Les prix que nous donnons ci-dessous sont ceux pratiqués depuis quelques années pour les sortes courantes :
Paradisier apode de ioo à 300 francs
Paradisier petit émeraude de 50 à 175 »
Paradis raggiana de 100 à 200 »
Paradis orange de 100 à 250 »
Paradis rubra de 30 à 40 »
Paradis géant de 150 à 300 »
Paradis bleu de 400 à 500 »
Multifil de 10 à 15 »
Epimaque de 20 à 25 »
Sifilet de 20 à 25 »
Manucode de 1 à 1 f r. 50
Manteau de velours de 10 à 15 francs
Gorge d'acier de 6 à 12 »
Astrapie de 20 à 25 »
Magnifique de 1 fr. 50 à 2 fr. 50
Emploi. — Les oiseaux de paradis proprement dits, sont les plus répandus et les plus employés de tous les paradisiers. En général, on arrache les
plumes des flancs que l'on classe par longueurs et --— qualités pour en faire ensuite des montures variées.
Pour les oiseaux de paradis émeraude. on distingue deux sortes différentes de brins, les mats et les brillants; les premiers, cle couleur jaune clair, au pied et gris jaunâtre à l'autre extrémité, sont les plus longs, les plus larges et les plus chers, tandis que les seconds, hj, courts, à duvet très bril-
lant et de couleur jaune
, • 1 Plilornis maeni ficus
dor, ont une valeur Gorge d,*./r
beaucoup moins grande.
On emploie souvent comme garniture des flancs entiers, en laissant les plumes adhérentes à la peau de l'oiseau et en se contentant de coller à la face Brin de flanc de Gorge d'Acitr inférieure un petit morceau d'étoffe pour la con-
solider ; on fabrique également des flancs artificiels en disposant les brins d'une façon analogue à celle qu'ils possèdent à l'état naturel.
Les plumes des oiseaux de paradis se teignent en couleur et en noir et se blanchissent facilement en prenant toutefois quelques précautions pour éviter que les brins se détachent pendant ces opérations ; on teint et on blanchit le plus souvent après classement.
Le prix du corps de l'oiseau privé de ses flancs est d'environ 3 francs.
Magnifique 1 Diphylodis chrytopiira ,
Les plumes du paradis Raggiana peuvent se teindre en noir mais non se blanchir.
PELICAN
Le pélican est un palmipède de grande taille, principalement caractérisé par une énorme poche dilatable située sous la mandibule inférieure d'un très gros bec.
Il en existe plusieurs espèces : le pélican onocrotale, dont le plumage est blanc nuancé de rose clair avec les plumes de la tête et du jabot jaune d'or
et les rémiges noires ; on le trouve dans l'Est de l'Europe et en Afrique, particulièrement sur lac le Tchad.
Le pélican frisé, dont le plumage est blanc nuancé de roux sur la poitrine et qui habite l'Europe orientale, l'Asie et l'Afrique septentrionale ; ce sont les plumes du cou et de la tète qui sont frisées.
Le pélican brun qui ha- P«iicans bite les Antilles et le Pérou.
[Communiqué pzr MM. Pathé Frères)
Les pélicans vivent en bandes innombrables en Egypte, sur les bords du Nil, où on les tue à coups de bâton; il y en également des quantités en Turquie d'Asie, dans les bassins du Tigre et de l'Euphrate.
Martial a écrit qu'on en trouvait jadis quantité en Italie près de Ravenne
LE COMMERCE ET i/lNDUSTRIE
et Ray nous rapporte qu'il en existait autrefois beaucoup dans les Indes Orientales et l'Amérique Méridionale.
« On a raconté que le pélican avait un amour extraordinaire pour ses petits jusqu'à se faire mourir pour leur conserver la vie; de là vient que les peintres nous le représentent se perçant la poitrine avec son bec pour rappeler ses petits à la vie en leur donnant de son propre sang, mais cela est fabuleux. (Salerne.) »
Ce qui a pu donner naissance à cette légende c'est la manière dont la femelle distribue la nourriture à ses petits; pour cela elle presse contre sa
poche bien garnie de poissons, et, ouvrant le bec, elle laisse les petits manger à leur faim.
Les pélicans se vendent en peaux entières au prix de i franc ou de 3 francs selon provenance et qualités.
On vend également la palette ou les couteaux séparément.
Les belles plumes lisses de l'aile sont désignées sous le nom de rubans de pélican.
PERDRI X
Palette de Pélican Ruban ou
couteau de pélican ^ nQm de ^ ^^ ^ le ^^
à peu de chose près en grec et en latin ; dans le « Roman de la Rose », il est écrit 0 perdis », et c'est du reste ainsi que les anciens le prononçaient; les Italiens appellent la perdrix grise « Starna », mot qui vient d'une corruption d' « avis extema » employé par Pline.
Les perdrix appartiennent à l'ordre des gallinacés ; la rouge est répandue dans le Sud-Ouest de l'Europe et dans le Nord de l'Afrique, alors que la grise se trouve dans presque toute l'Europe, le Nord de l'Afrique et l'Asie Occidentale.
Les plumages de ces deux espèces sont trop connus pour qu'il soit utile de les décrire; on les a employés couramment autrefois en plumasserie poulies fantaisies ordinaires et les ailes se vendaient à ce moment de o fr. 05 à o fr. 25 pièce.
LAGOPEDES
Les lagopèdes appartiennent à la famille des gallinacés et sont désignés quelquefois à tort sous le nom de perdrix blanches, bien qu'ils se rapprochent beaucoup plus des gelinottes. Anderson, dans son histoire naturelle rapporte qu'en Laponie on les appelait « Snoerippcr » et en Allemagne et en Suisse « poules à neige ».
Il en existe trois espèces : le lagopède blanc, qui est répandu de l'Europe aux Etats-Unis ; le lagopède d'Ecosse ou grouse, propre au Nord de l'Angleterre, et le lagopède des Alpes, qui habite le Nord de l'Europe.
Ces oiseaux vivent sur les plateaux des montagnes et on en a rencontré jusqu'au 8o° de latitude boréale. Ce n'est qu'en hiver que son plumage devient d'un blanc éclatant à l'exception toutefois des rectrices qui restent toujours noires; en réalité seules les plumes de couverture blanchissent, les autres conservant leur couleur naturelle ; c'est un Lagopède
cas très spécial de mimétisme.
A l'époque des amours, le plumage du mâle est mélangé de brun roux, de marron, de noir et de blanc.
Le plumage des lagopèdes est soumis à deux mues annuelles ; quelques auteurs lui en attribuent même une troisième intermédiaire entre celle d'été et celle d'hiver, mais c'est plutôt une décoloration des plumes superficielles qu'une mue proprement dite.
Les chasseurs norvégiens assurent que si la neige vient à tomber prématurément en automne, les oiseaux s'arrachent les plumes brunes qui ne sont pas encore tombées, de façon à avoir un plumage absolument blanc.
C'est surtout à la fin de l'automne qu'on chasse le lagopède, principalement en Suède et en Norvège ; la chasse d'hiver dans la neige est des plus pénibles, mais on peut la faire avec des tendues de filets.
La plume du lagopède est très employée en plumasserie pour le remplumage ; on le trouve dans le commerce en peaux plates qui valent de o f r. 25 à o fr. 60; les ailes se vendent aussi à part, de o fr. 15 à o fr. 25, mais c'est une sorte peu courante aujourd'hui commercialement.
Le lagopède blanc importé sur le marche parisien par grandes quantités, provient principalement du Nord de la Russie, de la Suède et de la Nonvège ; c'est le seul, du reste, employé en plumasserie.
PERROQUETS ET CACATOES
Les psittacidès constituent une famille d'oiseaux grimpeurs qui comprennent les perroquets, les aras et les perruches.
Les perroquets se trouvent dans toutes les parties du inonde excepté en Europe, ce qui s'explique par ce fait que leur habitat est limité aux régions tropicales.
On appelait autrefois cet oiseau « papegay », et Aldrovandus nous apprend que ce nom lui a été donné « parce qu'il est comme le pape ou le roi des oiseaux, par sa beauté et son instinct merveilleux, ou parce qu'il est digne d'être offert au pape à cause de cette même beauté. »
Ces oiseaux sont remarquables par la forme caractéristique de leur bec, la structure de leurs pieds et par la variété et la richesse de leur plumage.
Nous ne ferons que rappeler pour mémoire la facilité avec laquelle ils s'apprivoisent, leur intelligence indiscutable et leur faculté de parler ou de reproduire les sons qui frappent souvent leurs oreilles ; ces oiseaux vivent très vieux et peuvent atteindre l'âge de 50 ou 60 ans, et même davantage pour certaines espèces, comme cela a été constaté tout récemment.
Les perroquets vivent en bandes souvent très nombreuses qui s'abattent dans les cultures ou sur les arbres fruitiers et ont tôt fait de les piller ; aussi leur fait-on une chasse acharnée.
« La manière dont les Caraïbes sauvages les capturent, dit le père dominicain Labat dans son c: Nouveau voyage aux Isles de V Amérique » {1722), est trop ingénieuse pour ne pas l'écrire. Je ne parle pas des petits qu'ils prennent dans le nid, mais des grands, ïls observent, sur le soir, les arbres où il s'en perche le plus grand nombre et quand la nuit est venue, ils portent aux environs de l'arbre des charbons allumés, sur lesquels ils mettent de la gomme avec du piment vert ; cela fait une fumée épaisse qui étourdit de telle sorte ces pauvres, animaux, qu'ils tombent à terre comme s'ils étaient ivres ou à demi-morts ; ils les prennent alors, leur lient les pieds et les ailes, et les font revenir en leur jetant de l'eau sur la tête. »
Les plumes de perroquets ont eu de tout temps une grande valeur commerciale due à leurs chatoyantes et vives couleurs.
« Dans les temps les plus reculés, dit le naturaliste allemand Poeppig, en 171)8, les habitants des lisières des forêts apportaient aux Incas des plumes d'aras pour orner leurs palais, et les anciens historiens du Pérou nous apprennent que ce fut la recherche de ces plumes et du coca qui fit pénétrer les hommes dans les terribles forêts vierges. »
Le genre perroquet proprement dit (psittacus), comprend trois espèces propres à l'Afrique Occidentale; l'une d'elles est le jaco ou perroquet gris
à queue rouge (psittachus eathacus-Linnê), qui habite la Sénégambie et l'Afrique Equatoriale. (Le jaco de Lenz est resté célèbre, et Brehm relate les phrases qu'il répétait fort à propos.)
Au Sénégal, on trouve le perroquet à tête grise avec le reste du corps vert et le ventre jaune, et le perroquet à collier au plumage vert brillant à reflets bleu ciel et qui porte un collier formé d'une bande noire et rose ; ce dernier habite également les Indes et rOcéanie. Perroqutt ..j%co„
Le perroquet de la Nouvelle -Hollande a un plumage qui possède les teintes les plus variées et se compose de vert, de bleu, d'orangé et de rouge.
Dans la Nouvelle-Galles du Sud habite le perroquet à gorge écarlate, ainsi appelé parce que son cou jaune porte un collier écarlate ; il a le dos et le ventre verts, les ailes et la queue bleu foncé.
On trouve également en Australie des perroquets noirs, quelques-uns à reflets verts ou marqués de taches ou de raies rouges ou jaunes.
On y rencontre aussi des perroquets analogues aux cacatoès et dont le plumage blanc est à reflets jaune soufre avec quelques taches d'un rouge écarlate; il y a de même des perroquets de couleur rouge sombre, connus sous le nom de « nestors », caractérisés par un bec excessivement fort et très recourbé.
Aux Indes et dans les terres- australes habitent les cacatoès, remarquables par la huppe colorée qu'ils portent sur la tête et qu'ils peuvent dresser à volonté ; le blanc est la couleur dominante de leur plumage.
En Indo-Chine habite un perroquet que les malais désignent sous le nom de « betteî » et dont le plumage est vert avec la poitrine et une partie de la tête rose.
En Amérique, il existe une très grande variété de perroquets ; les perroquets amazones sont d'un vert splendide et habitent les forêts de l'Amérique du Sud. Les perroquets à tête bleue, dont le plumage, variant du vert bronzé au vert jaune est mélangé de rose, de jaune et de rouge vif, vivent en bandes tellement innombrables que quand l'une d'elles s'abat sur un grand arbre, celui-ci paraît entièrement vert et les graines qu'ils font tomber produisent un bruit assez fort pour être perçu de loin.
Sur les bords de l'Amazone et de la Guyane habitent des perroquets dont les plumes du cou et de la nuque peuvent se hérisser autour de la tête à la volonté de l'oiseau ; leur plumage est excessivement bariolé et Linné le comparaît à celui de l'épervier; les colons le nomment « Lca » à cause de son cri.
Au Congo il y a également des perroquets qui ressemblent à ceux du Sénégal ; à Madagascar se trouve un perroquet noir et aussi d'autres espèces analogues au jaco.
Les perroquets se vendent généralement de i à 3 francs la pièce, selon la qualité et la provenance.
212 LE COMMERCE ET i/lNDUSTRIË