‹ Le commerce et la colonisation à MadagascarChapitre 14 sur 44 · ROUTES · texte numérisé non relu

ROUTES

Les routes qui sillonnent l'île de Madagascar sont en général très défectueuses. Partout, excepté dans l'Imerina, elles ne sont que des sentiers, des pistes plus fréquemment parcourues que le terrain environnant et où l'herbe est plus rare. Elles suivent tous les reliefs du sol, font de nombreux détours, sont encombrées d'obstacles et souvent interrompues par

des cours d'eau ou des ma'rais. Les différences, au point de vue de la commodité des routes, Tiennent presque toujours de la nature des terrains qu'elles traversent et rarement des travaux qu'on a faits pour les construira.

Les voies de communication par terre présent donc des caractères variables suivant les régions.

Sur la cote, la route, reliant entre eux les villages, longe la bande de sable qui sépare la mer des lagunes; le terrain étant naturellement plat, le sentier est bon, excepté lorsqu'il coupe les petits bois assez fréquents dans cette région ;. i là, les branches qui s'étendent horizontalement à une faible hauteur, ainsi que les arbres morts qui sont tombés, et au-dessus ou au-dessous desquels il faut passer, rendent la marche pénible. Ce sont des obstacles qu'il serait aisé de faire disparaître. D'autres difficultés viennent des cours d'eau et des marais, souvent assez lonp^s, qu'on ne peut traverser qu'à gué, parce qu'ils n'ont pas assez de fond pour qu'on y navigue avec des pirogues. Quelques-uns de ces marais sont à sec une partie de l'année, d'autres subsistent pendant toutes les saisons.

' Dans la région des dunes d'origine moderne, le sentier fait de nombreux détours, mais ne présente pas de difficultés sérieuses.

Lorsqu'on arrive aux premiers contreforts des montagnes, les chemins deviennent plus mauvais; les montées et les descentes se succèdent sans interruption. Ces rampes, dont le sol formé d'une argile rougeâtre est rendu boueux et glissant aussitôt qu'il tombe de l'eau, sont pénibles à franchir ; pour faciliter la marche, les indigènes ont l'habitude d'y tailler des gradins; à cet effet, la sagaie sur laquelle les porteurs s'appuient en marchant porte, à Textrémité opposée à la pointe, un fer aplati qui leur sert à les faire.

C'est à la traversée des chaînes de montagnes parallèles à la cotent particulièrement dans la zone forestière que les chemins présentent le plus de difficultés. En certains points, des tranchées profondes de plusieurs mètres ont été creusées dans le sol ; elles sont tortueuses et étroites ; le fond en est raviné par les eaux ou rempli d'une boue épaissej, quand celles-ci n'ont pas d'écoulement; ces couloirs, qui s'approfondissent continuellement par le passage des hommes et des animaux et dont les parois s'éboulent à la saison des pluies, deviennent quelquefois impraticables; alors, on en creuse d'autres qui sont bientôt dans le même état.

Par leur faible largeur, qui souvent n'atteint pas un mètre, ils rendent malaisé le transport

des objets un peu volumineux, même sur les roul<*ïs les plus fréquentées, comme celle de Tamatave à Tananarive.

Les ruisseaux et les rivières, affectant le plus souvent une allure torrentueuse, sont nombreux et se passent à gué ou avec des pirogues, suivant leur profondeur ; quand ils sont étroits, des troncs d'arbres jetés en travers relient les deux rives. Quelquefois il n'existe pas d'autre sentier sur une certaine longueur que le lit même du ruisseau.

Dans le centre, notamment aux environs de la capitale, ' les chemins sont plats et assez bons. Quelques-uns pourraient même , sur une certaine longueur, être suivis par des véhicules. Toutefois, ils sont interrompus par des vallées, occupées généralement par des rizières, et qu'on traverse en suivant IcvS étroites levées de terre limitant les terrasses étagées.

A l'intérieur de Tananarive, les voies de communication n'offrent pas plus de commodité pour les transports. La rue principale présente des pentes d'une grande raideur et, en plusieurs points, le granité, qui compose l'ossature de la montagne sur laquelle la ville est bâtie, est à nu avec sa forme naturelle. Les autres rues sont étroites, tortueuses , coupées par de grossiers escaliers taillés dans la roche

et ont leur sol profondément raviné par les eaux pluviales. Il est presque impossible d'y marcher avec des chaussures.

Dans les environs de Diego-Suarez, quelques routes ont été construites' depuis l'occupation du pays par les Français ; la principale va de Diego à la baie du Courrier et a une longueur de 6 kilomètres.

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