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POSTES ET TÉLÉGRAPHES

Postes

Les communications postales avec l'extérieur se font par les bâtiments des Messageries maritimes qui s'arrêtent deux fois par mois à Ta-

matave, le 7 ou le 8 et le 26. Chaque bateau reçoit les correspondances pour la France et dépose celles qui en sont originaires. Si, par exemple, celles-ci, viennent directement de Marseille, les autres y parviendront par la Réunion et Mahé où les prendra, au retour, le paquebot d'Australie.

Les bateaux des Messageries maritimes s'arrêtent à Nosy-Be le 4 et le 30 de chaque mois. Dans l'intervalle, le Mpanjaka, qui dessert la côte Ouest de Madagascar, effectue son voyage mensuel d'aller et retour entre cette colonie et Nosy-Ve où il arrive le 15 et d'où il repart le 19 ; il de charge des correspondances de cette localité et des escales intermédiaires (Morotsangana, Mojanga, Maintirano et Morondava).

A l'intérieur, le nombre des lignes postales est encore assez restreint. Voici celles qui fonctionnent actuellement avec la marche des courriers :

De Tamatave à Tananarive. — Aller : départ le 8 et le 26 de chaque mois, après l'arrivée du paquebot-poste, et le samedi de chaque semaine. Retour : départ le l*" et le 22, pour correspondre avec le bateau des Messageries maritimes, et chaque samedi ; en outre un courrier rapide, portant seulement des lettres, est expédié de Tananarive le 3.

De Tamatave à Mananjary. — Aller (correspondances pour Ivondro, Andovoranto, Vatomandry, Mahanoro, Mahela) : départ chaque samedi ; un courrier supplémentaire est envoyé après l'arrivée du paquebot, si elle a lieu du samedi au mardi soir. Retour : départ de Mananjary le samedi matin.

De Tamaiave à Fenoarivo, — Aller : départ le 11 et le 28. Retour : le 2 et le 15.

De Tananarive kMojangsL, — Aller : départ le 26. Retour : départ de Mojanga le 24, après l'arrivée du Mpanjafea venant de Nosy-Ve.

De Tananarive à Fianarantsoa. — Aller :

départ le 4 et le 15. Retour : le 12 et le 24.

De Fisinarantsoa à Mananjary, — Départ chaque samedi dans les deux sens.

De Vohimarina à Diego-Suarez. — Aller : départ le 22. Retour le 5.

La plus chargée de ces lignes est la première qui relie la capitale à Tamatave et à l'étranger. Le transport des correspondances s'effectue ordinairement en cinq jours, mais, pendant la saison des pluies, il est quelquefois plus long. Le courrier est dirigé par un tsimandoa (1) qui,

(1) Les tsimandoa sont des messagers du gouvernement hova entre la capitale et les pravinces, Leur nom (tsy, non ; mandoa, payant) vient de ce qu'ils possèdent le privilège d'être nourris et logés gratuitement dans les localités qu'ils traversent.

pour porter les paquets , réquisitionne des hommes dans les villages de la route.

Le service postal, placé sous Tautorité du Résident général, est fait, suivant les points, par des agents de l'administration française des postes et télégraphes, par le personnel des Résidences, parles représentants du Comptoir national d'Escompte, par des fonctionnaires hova, ou, enfin, par des particuliers.

Tamatave, Tananarive, Mojanga, Nosy-Ve et Fianarantsoa possèdent des bureaux de plein exercice ; des bureaux auxiliaires sont établis à Mananjary, Mahanoro, Vatomandry , Fenoarivo, Vohimarina, Maevatanana et Ambositra ; Ivondro, Andovoranto, Mahela, Sambava, Morotsangana, Morondava et Maintirano n'ont que des entrepôts.

Le bureau de Tamatave est le plus important du pays. Très bien organisé, il est dirigé par un employé de l'administration métropolitaine.

Dans une salle spéciale sont des boîtes particulières pour les principaux commerçants de la ville et dont ils ont la clef. Ils peuvent donc prendre leurs lettres à mesure que le tri est opéré et y répondre immédiatement, le paquebot stationnant 15 à 20 heures à Tamatave.

Le bureau de Tananarive est installé dans les bâtiments de la Résidence générale ; il est

tenu, sous la surveillance d'un receveur français, par un des élèves de Técole des interprètes.

Pour l'intérieur de Madagascar le tarif des lettres ordinaires est de fr. 15 par 15 gramm. L'affranchissement des autres objets de correspondance est fixé à fr. 05 par 100 grammes jusqu'à 2 kilogrammes, poids maximum. Les objets recommandés supportent une taxe supplémentaire de fr. 25.

Pour la France et les pays de l'Union postale, les lettres sont taxées à fr. 25 par 15 grammes, les imprimés, papiers d'affaires et échantillons à fr. 05 par 50 grammes avec un poids maximum de 2 kilogrammes pour les deux premières catégories et de 300 grammes pour la troisième. Chaque objet recommandé est soumis à un affranchissement supplémentaire de fr. 25.

D'une manière général, le service postal, créé par le Protectorat, fonctionne avec régularité et répond à tous les besoins actuels.

Télégraphes

Madagascar n'est pas encore relié au réseau télégraphique universel.

A Tintérieur, la seule ligne qui existe va de Tamatave à Tananarive ; elle longe à peu près

le chemin habituel et ne s'en éloigne que pour éviter certains détours.

Sa longueur est d'environ 300 kilomètres. Le fil est attaché soit à des poteaux espacés de 80 mètres en moyenne, soit à des arbres vivants ou morts. A l'origine, un fil de fer a été employé comme conducteur, mais on a reconnu depuis qu'il se détériorait vite, principalement dans la région côtière entre Tamatave et Andovoranto; à la fin de 1889, on l'a remplacé par un fil en bronze siliceux.

Les deux bureaux des extrémités de la ligne sont tenus par des employés français. Dans l'intervalle existe un bureau avec un employé indigène à Tanimandry, ville voisine d'Andovoranto et située de l'autre côté de Tlaroka ; de plus, des postes de coupure ont été installés à Beforona, en 1889, et à Moramanga, en 1892.

En raison des conditions locales, la ligne télégraphique est fréquemment avariée ; elle est interrompue pendant des périodes longues et rapprochées. Tantôt le vent renverse un support, tantôt un arbre mort tombe sur le fil et le brise, tantôt la malveillance s'en mêle. Les stations intermédiaires sont trop distantes pour qu'on puisse savoir rapidement le point où l'accident s'est produit et, une fois qu'il est localisé, un temps assez long est nécessaire pour se ren-

dre à l'endroit voulu et faire la réparation. Des in-spccteurs indigènes, pris parmi les habitants lies villages que la ligne traverse et n'ayant chacun qu'une petite portion du fil à surveiller ont déjà rendu des services. Les résultats obtenus par ce moyen s'augmenteront certainemont quand le personnel, recruté un peu au hasard, sera mieux au courant.

Etablie pour le service du Protectorat, la ligne a été terminée en 1888. Elle devait être cédée au gouvernement hova à charge pour celui-ci de l'entretenir ; jusqu'à présent, aucune SLUtc Ti'a été donnée à cet arrangement et, bien que le gouvernement de la reine possède la iranchise télégraphique, il ne participe en rien aux dépenses ni de l'entretien ni du personnel.

Le télégraphe sert surtout à la corresponpantici officielle de la Résidence générale avec la iLOsidence de Tamatave. Les correspondances privées sont encore rares entre les bureaux extrêmes et, pour ainsi dire, nulles aux bu reriux intermédiaires. Les recettes mensuelles dépassent rarement 600 à 700 fr. Sans tenir aucun compte de l'intérêt ni de l'amortissement du capital engagé dans la construction, es dépenses sont certainement trois ou quatre fois plus élevées.

Entre Tamatave et Tananarive, le prix du mot

est fixé à fr. 25; la taxe minimum perçue pour une dépêche s'élève à 2 fr. 50, somme correspondant à 10 mots. Les télégrammes en langage convenu, composés de mots ayant un sens intrinsèque, sont transmis suivant le même tarif que ceux rédigés en langage clair ; les télégrammes en langage secret, composés de groupes de lettres ou de chiffres, supportent une surtaxe de 2 fr. 50. Les télégrammes ayant une destination autre que la localité où se trouve le bureau d'arrivée peuvent y être envoyés, de ce bureau, par exprès ou par la poste; dans le premier cas, il est perçu au bureau de départ des arrhes variables pour le salaire du porteur, et, dans le second, une somme fixe de fr. 50 comme surtaxe.

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