‹ Le commerce et la colonisation à MadagascarChapitre 34 sur 44 · HABITATION · texte numérisé non relu

HABITATION

Ainsi que jeTai dit précédemment, on trouve dans les diverses parties de Madagascar des matériaux de construction. Néanmoins, dans certaines régions ou pour des usages spéciaux, on peut avoir intérêt à élever des bâtiments dont tous les éléments sont importés et dont il n'y a plus qu'à faire le montage sur place. Les différents types de constructions démontables sont donc susceptibles d'être quelquefois utilisés, notamment sur la côte et dans les lieux où l'on trouverait difficilement des ouvriers capables ; c'est ce qui arrive, par exemple, près des exploitations minières, souvent établies à une grande distance des centres de population.

Sur le littoral, quand oh se borne aux ressources locales, le bois seul peut être utilisé; les difficultés des transports empêchent de se servir de la pierre et de la brique qu'on exploite ou qu'on façonne dans le centre. Si l'on veut des bâtiments à l'abri de l'incendie, il est plus

économique de recourir à des matériaux venant du dehors. C'est ainsi qu'à Tamatave quelques maisons sont construites en briques apportées de la Réunion, que de nombreux magasins y sont clos et couverts en tôle. Ce dernier système ne peut pas convenir à des habitations proprement dites, à cause de l'élévation de la température. Pour essayer de remédier aux inconvénients qui en résultent , on a employé de doubles parois et fondé sur ce principe plusieurs systèmes ingénieux de constructions démontables, mais, expérimentées à Diego-Suarez pour des bâtiments militaires et administratifs, elles n'ont pas répondu aux espérances. Le système des doubles parois métalliques constitue, en effet, à mon avis, une solution plus théorique que pratique de la protection contre la chaleur ; dans les pays tropicaux, portes et fenêtres sont presque constamment ouvertes ; dans ces conditions, l'équilibre s'établit quand même et très rapidement entre la température du dehors et celle de l'intérieur. Le seul moyen efficace de se mettre à l'abri de la chaleur est de construire des maisons du type arabe, avec des murs très épais eh pierres, en briques ou en terre, avec d'étroites et peu nombreuses ouvertures, avec une cour intérieure complètement entourée par des bâtiments couverts de voûtes.

Les constructions entièrement métalliques, à simple ou à double paroi, ont encore l'inconvénient de posséder une sonorité gênante et d'être incommodes pour les aménagements intérieurs, puisqu'on ne peut pas y planter un clou. En outre, elles sont toujours coûteuses.

Quand, pour des causes exceptionnelles, on est forcé d'y avoir recours pour des habitations, il convient de les entourer d'une large verandah ; celle-ci sera surtout utile pendant la saison des pluies qui est, en même temps, la période des grandes chaleurs.

L'emploi des matériaux importés est seulement avantageux pour certaines parties des constructions. Ainsi, en attendant que les fabriques de produits céramiques installées dans le pays puissent livrer à la consommation des tuiles de bonne qualité, les tuiles métalliques en zinc ou en tôle galvanisée pourront être employées à la couverture des bâtiments. Les différents modèles fournis par les usines françaises pèsent de 5 à 8 kilogrammes par mètre carré ; le transport dans l'intérieur n'est donc pas très coûteux et n'augmente le prix d'achat que dans une faible proportion. Ces tuiles ont l'avantage de n'occasionner aucun déchet dans l'emploi du métal, de donner une étanchéité complète et de ne pas nécessiter d'ouvriers

spéciaux pour la pose. Ce sont ces raisons qui en ont fait adopter pour la couvertui'c de la nouvelle résidence de France, élevée récemment à Tananarive sous la direction de M, JuUy.

Dans les villes de la côte, qui reçoivent les marchandises à la descente des navires, il sera en général préférable, quand on adoptera une couverture métallique, d'employer le zinc et la tôle par feuilles entières. En 1890, on en a importé par Tamatave pour une valeur d'environ 26 500 fr. principalement pour cet usapre.

Verre à vitres

Le verre est aussi une matière qui doit ftjrcément être importée. Sur la côte, beaucnup de maisons, même parmi celles habitées par les Européens, n'ont pas de vitres; les ff^nctres sont simplement garnies de persiennes en bais qui restent ouvertes toute la journée. Dans le centre, et notamment à Tananarive, où la température est moins élevée, les fenêtres des maisons à Tusage des étrangers sont vitrées; Tusage du verre se répand un peu à la fois dans les habitations indigènes. Le seul obstacle que rencontre son emploi est le prix auquel on le vend, les frais de transport étant relative-

ment considérables à cause du poids et de la fragilité de la matière.

Les caisses de verre envoyées à Madagascar ne doivent pas dépasser la force de deux hommes, afin de ne pas nécessiter le remaniement de l'emballage au port de débarquement.

Quincaillerie

La quincaillerie de bâtiment employée à Tananarive est de provenance américaine ou de fabrication hova. Les objets importés des Etats- Unis se vendent à un prix assez élevé ; aussi, dans la construction ordinaire, se sert-on surtout de ceux fabriqués dans le pays.

La quincaillerie indigène laisse fort à désirer et n'est qu'une imitation grossière des modèles étrangers. Ceux vendus couramment sont en petit nombre et mal appropriés aux usages.

Ainsi, pour la fermeture des portes, des fenêtres, des Persiennes ou des armoires, on emploie presque uniquement un verrou, de forme dite chassepot, placé tantôt horizontalement, tantôt verticalement, et remplissant d'une façon très incommode les différents offices auxquels on l'applique.

Les fabricants d'objets de quincaillerie trou-

veraient certainement un débouché dans Tlmerina, s'ils y envoyaient des verrous, des targettes, des paumelles, des charnières, des crémones, ainsi que des serrures de modèles simples et pouvant se vendre à bas prix. Toutefois, ils ne pourront écouler à Madagascar que des objets présentant une certaine difficulté dans la fabrication, car les autres et aussi la grosse quincaillerie (pentures, équerres, ancres, etc.) sont fournis économiquement par les forgerons du pays, qui usent avec habileté de moyens primitifs et d'outils défectueux.

Papier de tenture.

Dans les parties de Madagascar où la maçonnerie est employée pour les habitations, les murs sont enduits intérieurement et badigeonnés. Le papier de tenture ne sert actuellement qu'aux maisons destinées aux Européens ou aux Hova de la classe aisée, mais son usage s'étend peu à peu dans l'Imerina.

Les fabricants français peuvent facilement fournir, dans de bonnes conditions de prix, des papiers de tenture convenant aux Hova. Les dessins doivent être voyants et les couleurs vives. Il n'y a aucun inconvénient à envoyer des types démodés en France; par exemple

les tapisseries à sujets auront beaucoup de débit (1). Souvent les papiers qui nous paraissent de mauvais goût s'écouleront avant les autres.

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