‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 101 sur 153 · La main droite et la main ijauche [Rapport au Roi · texte numérisé non relu

La main droite et la main ijauche [Rapport au Roi

pour faire face à l'ensemble de la consommation actuelle, en la supposant invariable, ce que nous faisons toujours quand nous comparons entre eux des systèmes de production opposés. Une demande si prodigieuse de main-d'œuvre ne peut manquer de déterminer une hausse considérable des salaires et le paupérisme . disparaîtra du pays comme par enchantement. » Mais n'esl-il pas à craindre que dans vingt ans les mains gauches ne deviennent aussi habiles que les droites et qu'on ne puisse plus compter sur la gaucherie pour accroître le travail national? Peut-être. Mais on pourra décréter alors qu'il ne sera plus permis de travailler qu*avec le pied. « En désespoir de cause, il nous resterait la ressource illimitée des amputations. » Il fait adresser par Jacques Bonhomme, charpentier, à M. Gunin-Gridaine, fabricant-ministre, une lettre^ demandant le vote d'une loi qui porte : Nul ne pourra se servir que de poutres et solives produits de haches obtuses. Cette loi votée, « où nous donnons cent coups de hache, nous en donnerons trois cents. Ce que nous faisons en une heure en exigera trois. Quel puissant encouragement pour le travail !»

11 démontre encore, dans d'ingénieux apologues, que le travail soi-disant créé par la protection n'est que du travail détourné-. Il rédige la « Pétition des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs et des producteurs de suif, huile, résine, alcool et généralement de tout ce qui concerne l'éclairage », contre l'intolérable concurrence que leur fait le soleil « en inondant de lumière, à un prix fabuleusement réduit, le marché national ». Pour mettre fin à une lutte aussi inégale et sauver les industries nationales, que le législateur ordonne la fermeture de toutes les fenêtres et ouvertures par lesquelles la lumière naturelle pénètre dans les maisons. Bastiat, déduit plaisamment tous les résultats que de répercussion en répercussion produira le besoin de lumière artificielle. Il faudra plus de suif pour les chandelles, partant plus de bœufs et de moutons ; on créera des prairies artificielles; on aura plus de viande, de laine, de cuir, d'engrais. Il faudra plus d'huile; on verra s'étendre la culture du pavot, du colza, de,

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