‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 106 sur 153 · MODIFICATION DU TARIF GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

MODIFICATION DU TARIF GÉNÉRAL

Ainsi, en matière industrielle comme en matière agricole, le gouvernement avait reculé devant l'opposition que la réforme douanière rencontrait dans le Corps législatif.

« Quelques personnes en dehors du gouvernement, dit Michel Chevalier*, pensèrent alors que c'était le cas de recourir à un pouvoir attribué à l'empereur par la constitution et qui consiste à faire des traités de commerce sanâ le concours du Corps législatif et du Sénat-. Un traité de commerce ainsi négocié offrait donc le moyen d'accomplir la réforme douanière telle qu'on la jugeait convenable. » Les personnes auxquelles fait allusion Michel Chevalier et Michel Chevalier lui-même jugèrent avec beaucoup de raison que c'était avec l'Angleterre qu'on devait essayer de traiter. « Le changement une fois admis visà-vis de l'industrie anglaise qui inspirait un si grand effroi, réel ou affecté, tout le monde trouverait naturel qu'on le généralisât, successivement ou d'un seul coup » ^. Michel Chevalier n'essaya pas de faire partager ses idées aux ministres français. Il avait plus de confiance dans la.fermeté et la décision de l'empereur ; mais il n'était pas en mesure d'aborder la question avec lui. Il eut alors la pensée d'amener les hommes d'Etat anglais à prendre eux-mêmes l'initiative de la négociation.

L'entreprise était difficile. « Les apôtres de la liberté commerciale en Angleterre et le gouvernement anglais lui-môme, qui était complètement rallié à la doctrine nouvelle, accepte-

1. Panthéon des illustrations françaises au \ix^ siècle, t. XVI. Notice sur Richard Gobden. Paris, Pilon, 1863 et années suivantes.

2. D'après l'article 8 de la loi constitulionneile du 16 juillet 1875, le président de la République négocie les traités de commerce; mais il ne peut les ratilier qu'après y avoir été autorisé par une loi.

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