‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 107 sur 153 · Panthéon, loc. cit · texte numérisé non relu

Panthéon, loc. cit

raient-ils la pensée d'un traité de commerce, c'est-à-dire d'u acte négocié avec une seule puissance sans la participation des autres ? Le principe absolu de la liberté des échanges, tel qu'on l'avait proclamé après la victoire, et tel que l'entendait la grande majorité de la chambre des Communes, juge de la question en dernier ressort, semblait exclure de pareils engagements, par cela même qu'il ne comportait qu'un tarif général, unique, également applicable à tous les peuples, sans distinction, ni préférence. Richard Cobden s'était montré peu sympathique et même opposé aux traités de commerce. — L'expérience même avait démontré qu'il n'y avait rien de grand à en attendre. On les avait si vainement essayés avant la réforme de 1846 qu'il paraissait que, même en laissant les principes à l'écart, il était superflu d'en faire l'objet d'une tentative nouvelle.

« Cependant l'idée d'un traité de commerce fut reprise par voie épistolaire entre Richard Cobden et un de ses amis de Paris (Michel Chevalier), qui était convaincu que, à moins dun traité de commerce avec l'Angleterre, la France était à jamais condamnée à rester enchaînée au char du parti prohibitionniste ^ » Ces ouvertures furent accueillies. « Nous avons autant à faire que nous pouvons produire », écrivait, quelques mois plus tard-, Richard Cobden à son ami. « Il n'y a pour nous aucune nécessité d'ouvrir de nouveaux marchés, en France ou ailleurs... Mais pour des raisons entièrement différentes, je serais heureux de voir abolir les obstacles que votre sotte législation met aux rapports des deux pays. Je ne vois qu'une telle politique qui puisse apporter une amélioration durable dans les rapports politiques de la France et de l'Angleterre... » '.«D'ailleurs, « Richard Cobden avait l'esprit trop ouvert pour être longtemps à . comprefidre qu'un traité de commerce entre la France et l'Angleterre cesserait de soulever des objections au point de vue des principes, du moment que toutes les stipulations consenties par l'Angleterre seraient, non <à l'avantage exclusif de la France, mais applicables et appliquées à toutes les nations. Et puis, il était d'un si grand intérêt pour la liberté du commerce que la

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