Richesse des nations, liv. IV, chap. m, sect. i
2. Customs iarifj's, p. 130. — Ces chilFres paraissent avoir été calculés on tenant compte de diverses déductions admises dans la liciuidation des droits. Lestau.x inscrits aux tarifs étaient pour les vins français 98 liv. 12 sh. 6 d., poui- les vins espagnols 50 livres, pour les portugais 46 livres V. Dumas, op. cil , p. 5.
l'importation anglaise. « Ces entraves réciproques », écrivait Adam Smith, « ont à peu près anéanti tout commerce loyal entre les deux nations, et c'est maintenant par les contrebandiers que se fait principalement l'importation des marchandises anglaises en France, ou des marchandises françaises en Angleterre ^ » C'est ce que les deux gouvernements devaient solennellement constater, quelques années plus tard, dans le préambule du traité de commerce du 26 septembre 1786. On y lit, en effet, que l'objet du traité est de « faire cesser l'état de prohibition et les droits prohibitifs qui existaient depuis près d'un siècle entre les deux nations et de procurer de part et d'autre les avantages les plus solides à la production et à l'industrie nationales, en détruisant la contrebande qui est aussi nuisible au revenu public qu'au commerce légitime qui seul mérite d'être protégé ». On estimait alors en France^ que le commerce interlope, sans être précisément, comme l'avait dit Adam Smith, le principal instrument des relations entre la France et l'Angleterre, faisait pénétrer en France de 10 à il millions de livres de marchandises anglaises contre 13 millions de livres d'importations régulières, et, en Angleterre, 3 millions de livres de produits français pour 21 millions de livres d'exportations avouées.
Les historiens du système protecteur n'ont peut-être pas marqué assez nettement que la prohibition n'était pas, au xviii^ siècle, un régime applicable à la généralité des marchandises étrangères mais seulement le régime des provenances anglaises. Il ne faut pas oublier que pour Colbert « le secret du