LES DOCTRINES ÉCONOMIQUES ET LA POLITIQUE DOUANIÈRE
La discussion du libre échange et de la protection est devenue un lieu commun démodé. Les protectionnistes contemporaing font souvent profession de ne pas s'attarder aux théories. lia prennent ainsi le double avantage de refuser un débat dangereux et d'appliquer aux libre échangistes la qualification dé doctrinaires. Personne ne veut être doctrinaire. Mais c'est pousser un peu loin le goût légitime des réalités que de rejeter toute théorie. Autant vaudrait admettre la supériorité de l'empirisme sur la science. Les partisans de la liberté commerciale, en par ticulier, auraient grand tort d'abandonner un teriain de discus-l sion sur lequel ils n'ont jamais été battus. L'appréhension de ne paraître pas réaliste leur ferait mal à propos passer sous silence' le principe scientifiquement démontré auquel ils demeurent attachés.
Le libre échange est un théorème d'économie politique. Sa formule n'est susceptible d'aucune atténuation. Elle affirme en termes absolus. Mais à côté de la science économique il y a l'art du gouvernement. La distinction est nécessaire. Adam Smith la' faisait expressément. Il peut être de bonne politique, remarquait-il, d'établir des droits élevés sur les produits des nations qui opposent des obstacles semblables aux importations étrangères, quand il y a probabilité de les amener ainsi à renoncer aux droits protecteurs et aux prohibitions. On ne s'écarte pas des enseignements d'.Vdam Smith lorsque, au lieu d'attendre la