‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 20 sur 153 · Dialogue sur le commerce, Ibid., p · texte numérisé non relu

Dialogue sur le commerce, Ibid., p

2. Tel est, semble-t-il, le dernier étal de la pensée de Quesnay.

couvrent les frais de fabrication et donnent des gains aux marchands, mais ne produisent rien au-delà ^ La vente des produits manufacturés rembourse simplement les industriels de leurs avances pour l'achat des matières premières et des frais de leur subsistance et de celle de leurs ouvriers. De même les commerçants, qui forment avec les industriels et les personnes autres que les cultivateurs la classe dite stérile, recouvrent strictement par la vente de leurs marchandises leurs avances et ce qu'ils ont dépensé pour vivre. Les avances de la classe stérile ne produisent rien. « Elle les dépense, elles lui sont rendues et restent toujours en réserve d'année en année. » Quant aux dépenses de subsistance, elles ne sont que « consommation ou anéantissement de production sans aucune reproduction ». « Cette classe ne subsiste que du paiement successif de la rétribution due à son travail, qui est inséparable d'une dépense employée en subsistances, c'est-à-dire en dépenses de pure consommation, sans régénération de ce qui s'anéantit par cette dépense stérile, qui est prise en entier sur la reproduction du territoire -. »

Le travail des manufactures et du commerce est stérile ; il n'est pas inutile. La mesure de son utilité dépend de l'emploi qui en est fait. Si la matière de l'objet fabriqué est un produit de l'agriculture nationale, tout est pour le mieux; l'industrie et le commerce facilitent en ce cas le débit d'une denrée du cru et, du même coup, favorisent la reproduction d'une richesse nationale, car « tel est le débit telle est la reproduction^ ». Si la matière de l'ouvrage a été achetée à l'étranger, la portion de sa valeur correspondant à la subsistance des ouvriers, de l'industriel et du commerçant, retourne seule à la classe productive; le débit des denrées du cru est moindre que dans le premier cas ; la reproduction des richesses nationales sera donc moindre.

La direction donnée aux travaux de l'industrie et du commerce peut ainsi seconder ou entraver la reproduction annuelle des richesses. Ces travaux ne peuvent par eux-mêmes créer des

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