V. notamment Maxime VIII, Ibid., p
3. V. P. Clément, Histoire de Colbert, chap. xu, notamment p. 275.
teurs en réglementant le trafic de province à province de la même façon que le commerce avec l'étranger.
Boisguillebert, au début du xviii'^ siècle, avait signalé avec véhémence l'état lamentable de l'agriculture : les propriétaires et les cultivateurs ruinés, les champs laissés en triche par suite de l'avilissement du prix des grains. « C'est le prix qui sème et engraisse la terre », avait-il dit dans une de ces formules heureuses qui jaillissent parfois du fatras confus de ses dissertations. Il réclamait la liberté du commerce d'exportation, afin de relever les prix, affirmant que le peuple n'a pas à souhaiter l'avilissement du prix du blé ni à en redouter la cherté, par cette raison que « le principe de la richesse de la France étant la culture des terres », toutes les professions sont intéressées à la prospérité des cultivateurs K
Quesnay reprend la thèse de Boisguillebert et la condense dans cette maxime : « Que l'on n'empêche pas le commerce extérieur des denrées du cru, car tel est le débit, telle est la reproduction ^ » Il croit, lui aussi, que la cherté du blé n'est pas préjudiciable et que même elle est favorable au menu peuple dans un royaume agricole ; il en donne ce motif erroné que les salaires sont réglés par le coût de la vie^ Mais ce n'est pas la cherté du blé qu'il réclame ; il demande au gouvernement de laisser s'établir le bon prix qui résulterait naturellement du libre jeu des échanges. Il ajoute cette considération alors toute nouvelle : « Par la liberté et la facilité du commerce extérieur d'exportation et d'importation, les grains ont constamment un prix plus égal... Le commerce aplanit en tout temps l'inégalité annuelle des récoltes des nations, en apportant tour à tour chez celles qui sont dans la pénurie, le superflu de celles qui sont dans l'abondance, ce qui remet partout et toujours les produc-
1. Traité de la nature, culture, commerce et intérêt des grains tant par rapport au public qu'à toutes les conditions d'un Etat, divisé en deux parties, dont la première fait voir que plus les grains sont à vil prix, plus les pauvres, surtout les ouvriers sont misérables, et la seconde que plus il sort des blés d'un royaume et plus il se garantit des effets d'une extrême disette. Edit. Guillaumin, j3assi>?i, notamment p. 358, 339, 377, 382.