‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 23 sur 153 · Maxime XVI, Ibid., p · texte numérisé non relu

Maxime XVI, Ibid., p

3. «Le salaire de la journée d'un m^inouvrier s'établit naturellement sur le prix du blé et est ordinairement le vingtième du prix d'un setier. » Maxime XIX, Ibid., p. 99.

lions et les prix au même niveau... Or, il est démontré qu'indépendamment du débit à l'étranger et d'un plus haut prix, la seule égalité constante du prix augmente de plus dun dixième le revenu des terres ; qu'elle accroît et assure les avances de la culture; qu'elle évite les chertés excessives qui diminuent la population et qu'elle empêche les non-valeurs qui font languir l'agriculture. Au lieu que l'interdiction du commerce extérieur est cause que l'on manque souvent du nécessaire ; que la culture, qui est trop mesurée aux besoins de la nation, fait varier les prix autant que les bonnes et mauvaises années font varier les récoltes ; que cette culture limitée laisse une grande partie des terres en non-valeur et sans revenu; que l'incertitude du débit inquiète les fermiers, arrête les dépenses de la culture, fait baisser le prix du fermage; que ce dépérissement s'accroît de plus en plus, à mesure que la nation souffre d'une précaution insidieuse qui enfin la ruine entièrement ^ »

Les faveurs accordées aux manufactures de luxe, qui emploient des matières tirées de l'étranger, préjudicient également, au dire de Quesnay, à la reproduction des richesses nationales. Le pri.'î des matières employées par ces industries ne retourne pas à la classe productive des agriculteurs ; le débit des matières premières nationales est diminué, et il l'est d'autant plus que l'on décourage les manufactures qui les utilisent. « Les principaux objets du commerce, en France, sont les grains, les vins et l'eaude-vie, le sel, les chanvres et les lins, les laines et les autres produits que fournissent les bestiaux ; les manufactures des toiles et des étoffes communes peuvent beaucoup augmenter la valeur des chanvres, des lins et des laines et procurer la subsistance h, beaucoup d'hommes qui seraient employés à des travaux si avantageux. Maison aperroit aujourd'hui que la production et le commerce de ces denrées sont presque complètement anéantis en France. Depuis longtemps, les manufactures de luxe ont séduit la -nation; nous n'avons ni la soie ni les laines convenables pour fabriquer les belles étoffes et les draps fins ; nous nous sommes livrés à une industrie qui nous était étrangère, et l'on y a employé une multitude d'hommes dans

i. Maxime XVI, IbicL, p. 97.

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le temps que le royaume se dépeuplait et que les campagnes devenaient désertes K »

L'établissement de ces manufactures a nui d'une autre manière encore au débit des produits agricoles. « La France peut produire abondamment et à bon marché toutes les matières de premier besoin; elle ne peut acheter de l'étranger que des matières de luxe. Nous nous sommes principalement attachés à la fabrication et au commerce des denrées que nous pouvions tirer de l'étranger; et, par un commerce de concurrence trop recherché, nous avons voulu nuire à nos voisins et les priver du produit qu'ils retiraient de nous par la vente de leurs marchandises. Par cette politique, nous avons éteint entre eux et nous un commerce réciproque qui était pleinement à notre avantage ^.. » «... Si on voulait ne rien acheter et vendre de tout, on éteindrait le Commerce extérieur et les avantages de l'exportation des denrées du cru, qui est infiniment plus profitable que celle des marchandises de main-d'œuvre. Une nation agricole doit favoriser le commerce exte'^rieur actif des denrées du cru par le commerce extérieur passif des marchandises de main-d'œuvre qu'elle peut acheter à profit de l'étranger. Voilà tout le mystère du commerce; à ce prix nous ne craignons pas d'être « tributaires des autres nations ^. »

Quesnay arrive ainsi, de déductions en déductions, à réclamer la libre importation des produits fabriqués. Ses théories sur le calcul du produit net le conduisent à la même conclusion.

L'agriculture forme le fonds primitif des richesses. L'industrie ne produit rien. Sa rétribution, prise en entier sur la richesse produite par l'agriculture, est une charge de la reproduction et diminue le produit net. Il est utile que cette charge soit aussi réduite que possible. C'est à quoi l'on arrivera par la concurrence que permet la liberté du commerce extérieur*.

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