Richesse des nations, liv. IV, chap. ix
Dupont de Nemours. A supposer que le goût du paradoxe ait pu indirectement contribuer à ces re'sultats en facilitant la diffusion de la doctrine de Quesnay, on pourrait être tenté de ne pas regretter les erreurs qui la déparent. 11 faut convenir toutefois que, l'argumentation de Quesnay en faveur de la liberté du commerce reposant exclusivement sur la théorie du produit net, la rétutation de cette théorie devait atteindre dans leur base même ses conclusions libre-échangistes. D'un autre côté, plusieurs des propositions de Quesnay se prêtent à des détournements de sens qui les rendent susceptibles d'être utilisées par les protectionnistes. Il suffit de citer les suivantes : intérêt que présente l'égalité des prix annuels du blé; préférence que méritent les manufactures où sont travaillées les matières d'origine nationale; dommage causé au peuple par le bas prix du blé, avantages que procure sa cherté. Seules dans l'exposé de Quesnay, la définition de la nature et du rôle des métaux précieux et la critique de la balance en argent se suffisent à elles-mêmes ; sur ces deux points, rien d'essentiel n'a été ajouté à sa démonstration.
Au moment où Quesnay donnait h V Encyclopédie les articles qui exposaient son système, David Hume avait déjà porté en Angleterre les premiers coups au système mercantile. Ses Essais économiques avaient paru en 1752. Ils traitaient, entre autres sujets, delà circulation monétaire, de la balance du commerce et de la jalousie du commerce.
Dans l'essai sur la Circulation monétaire, David Hume établit que l'abondance d'argent n'est pas la richesse des nations. « Le plus ou moins de circulation est sans conséquence, car le prix des marchandises est toujours proportionné à l'abondance de la monnaie, et une couronne au temps de Henri VU! remplissait le même objet qu'une livre sterling aujourd'hui ^ » « Là où le