‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 26 sur 153 · David Hume, édit. Léon Say, Paris, Alcan, p · texte numérisé non relu

David Hume, édit. Léon Say, Paris, Alcan, p

numéraire est en plus grande abondance «, dit-il encore, « comme il en faut une plus grande quantité pour représenter la même quantité de marchandises, cette abondance ne peut produire d'effet, soit bon, soit mauvais dans le pays, au point de vue de sa situation intérieure. Ce serait la même chose qu'un changement dans la comptabilité d'un négociant, si au lieu de se servir de chiffres arabes, qui exigent peu de caractères, il employait les chiffres romains qui en exigent un grand nombre ^ » Et comme conclusion : « Il semble que le manque de numéraire ne peuljamais affecter en mal un État en particulier, car les hommes et les marchandises sont la force réelle de la société-. »

L'influence exercée sur les prix par les quantités de monnaie en circulation, fournit à David lîume le principal argument de son essai sur La balance du commerce. Supposez, dit-il, que les quatre cinquièmes de la circulation britannique soient anéantis en une nuit; la valeur du numéraire hausserait et le prix des marchandises baisserait en proportion. Aucune nation ne pourrait vendre ses produits aussi bon marché que l'Angleterre. En peu de temps l'argent qu'elle aurait perdu, rentrerait par l'effet du développement extraordinaire des exportations. Puis, lorsque le stock métallique se serait relevé au niveau de celui des nations voisines, l'Angleterre perdant aussitôt l'avantage du bon marché du travail et des marchandises, l'exportation de celles-ci se réduirait et l'importation de l'argent s'arrêterait. En sens inverse, si la circulation était quintuplée en une nuit, tous les prix monteraient à un taux exorbitant; les nations voisines ne pourraient rien acheter à l'Angleterre et l'intérêt qu'auraient les Anglais à acheter les produits étrangers serait tel que les importations s'accroîtraient énormément, faisant sortir l'argent, jusqu'à ce que l'équilibre fut rétabli entre la circulation britannique et celle des autres pays. « Il est évident que les mêmes causes qui corrigeraient ces inégalités exorbitantes, arrivassent-elles par miracle, les empêchent de se produire dans le cours ordinaire des choses et maintiennent constamment, dans toutes les nations avoisinantes, une circu-

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