Ibid., p
lation proportionnelle à l'habileté et à l'activité de chacune d'elles ^ » Il est donc absolument vain de poursuivre l'augmentation de la circulation monétaire.
Ce raisonnement appelle quelques réserves. David Hume néglige ici un phénomène dont il a lui-même fait une analyse très judicieuse en traitant de la circulation monétaire. Les variations du volume de la circulation n'ont pas un effet immédiat sur les prix : il faut un temps assez long pour que la hausse ou la baisse générale se produise -. Néanmoins David Hume n'avait pas tort de penser que tout excès de circulation tend de lui-même à se réduire, et, tout vide, à se combler. Si l'abondance ou la rareté n'engendrent pas sans délai la hausse ou la baisse du prix de toutes choses, elles ont, au contraire, pour conséquence très prochaine des modifications dans le taux du loyer des capitaux disponibles. La baisse du taux de l'escompte suit les fortes importations de numéraire; les grosses exportations, qui raréfient les capitaux métalliques, amènent la hausse du taux de l'escompte. A son tour, la baisse du taux de l'escompte fait sortir le numéraire, tandis que la hausse du même taux le fait entrer. Les capitaux métalliques, en effet, comme les autres marchandises, sont attirés par les hauts prix. Ils se portent sur les points où leur loyer est élevé, s'éloignent des pays où ce loyer est faible. C'est pourquoi bien avant qu'un changement du niveau général des prix ait pu faciliter l'importation des marchandises étrangères ou l'exportation des produits nationaux et donner lieu à des sorties de numéraire dans le premier cas, à des entrées de numéraire dans le second, les variations du taux de l'escompte auront provoqué les mouvements de capitaux nécessaires pour corriger la. surabondance ou la pénurie des espèces métalliques-'.
David Hume n'en a pas moins le très grand mérite d'avoir établi que, dans chaque pays, les existences métalliques tendent