‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 31 sur 153 · Ibid., liv. IV, chap. v · texte numérisé non relu

Ibid., liv. IV, chap. v

pays. La surabondance de l'or et de l'argent en Espagne et au Portugal y a pour conséquence le -bon marché du numéraire, autrement dit la cherté des marchandises espagnoles et portugaises. La rareté relative des espèces dans les autres pays a pour conséquence leur cherté et le bon marché des produits. Les nations étrangères sont ainsi mises à même de fournir à l'Espagne et au Portugal beaucoup de produits bruts et presque tous les produits fabriqués, à des prix inférieurs à ceux des marchandises nationales. L'abondance de l'or et de l'argent est donc une cause de décadence pour l'agriculture et l'industrie de l'Espagne et du Portugal. Ces deux pays possédaient des manufactures quand ils n'avaient pas de colonies ; ils n'en ont plus depuis qu'ils possèdent les colonies les plus fertiles et les plus riches du monde '. Si l'Espagne et le Portugal cessaient de faire obstacle à l'exportation des métaux précieux, la valeur de ces métaux hausserait un peu dans les deux pays. « La valeur nominale des marchandises et du produit annuel des terres et du travail baisserait... mais leur valeur réelle serait la même qu'auparavant ; elle suffirait pour entretenir, commander et employer tout autant de travail qu'elle en employait. » Il n'y aurait de changé que la quantité d'or et d'argent servant à faire circuler les marchandises. Ce changement serait tout à l'avantage du Portugal et de l'Espagne, parce qu'il y ferait descendre les prix au niveau qu'ils ne dépassent pas dans les autres pays. La faculté d'exporter l'or et l'argent leur serait encore profitable d'une autre façon. La portion du capital circulant, qui est inutilement maintenue sous la forme monnayée, pourrait désormais, par des achats effectués au dehors, être convertie en vivres, en matières destinées à l'ouvraison et parcourir le cycle des transformations qui sont la condition de la productivité de ce capital. « Le produit annuel des terres et du travail des deux pays augmenterait sur-le-champ de quelque chose, et au bout de peu d'années éprouverait vraisemblablement une grande augmentation ; leur industrie se trouverait ainsi soulagée d'un des fardeaux les plus accablants sous lesquels elle ait à gémir actuellement^. »

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