Ibid., liv. IV, chap. vu
moins, la défense de la Grande-Bretagne dépendant beaucoup du nombre de ses vaisseaux et de ses matelots, Adam Smith considère que le parlement a eu raison de leur donner le monopole de la navigation. « .Gomme la sûreté de l'État est d'une plus grande importance que sa richesse, l'acte de navigation est peut-être le plus sage de tous les règlements de commerce de l'Angleterre ^ »
Quelques parties de l'argumentation de Smith ont vieilli. Ce sont celles où il appliquait aux circonstances de son temps les principes généraux de l'économie politique. L'ordre de grandeur des opérations du commerce a prodigieusement augmenté. Le mode des expéditions et des retours maritimes a changé : le navire d'autrefois emportait des marchandises à vendre et rapportait des marchandises achetées par le capitaine ; aujourd'hui les cargaisons partent et arrivent en vertu d'ordres d'achat préalables ; l'armement est devenu une entreprise de transports. La création de la marine à vapeur a supprimé toute différence, au point de vue de la fréquence et de la régularité des retours, entre le commerce avec l'Amérique du Nord et le commerce avec l'Europe. Mais les principes posés par Smith n'ont rien perdu de leur valeur. Plusieurs de ses observations s'adaptent telles quelles aux circonstances présentes du commerce extérieur, en dépit des transformations survenues au cours du XIX' siècle. Et l'on trouve tout au moins en germe dans sa discussion la plupart des raisons qui ont été opposées plus tard aux thèses du protectionnisme moderne.