Ibid
de 49,440,500 francs en 1787, de 58,913,300 francs en 1788, de 60,912,000 francs en 1789.
Arnould ne manque pas de faire remarquer que les importations dépassèrent les exportations, au lieu que les unes et les autres se compensaient avant le traité, et qu'ainsi la balance en argent nous devint contraire. Il insinue aussi que les exportations comprenaient beaucoup de matières brutes et les importations beaucoup de produits fabriqués, circonstances réputées défavorables par les théoriciens du protectionnisme.
Les chiffres d'Arnould peuvent être confrontés partiellement avec la statistique anglaise. La valeur totale des échanges entre la France et le Royaume-Uni, tant à l'importation qu'à l'exportation, est conservée dans un document parlementaire de 1840 ' ; un document de 1897, déjà utilisé ^ donne les quantités devins importées en Angteterre.
La statistique anglaise des importations et des exportations concorde avec celle d'Arnould en ce sens que les envois d'Angleterre auraient dépassé ceux de France. Mais les valeurs enregistrées par la douane anglaise sont beaucoup moins élevées. Les importations de France n'auraient atteint que 568,995 liv. st. en 1788 et 678,485 liv. st. en 1789, soit 14,2-2i,875 et 16,612,125 livres, au lieu de 34,000,000 et de 36,000,000. Les exportations à destination de la France n'auraient pas dépassé 1,477,013 liv. st. et 1,573,474 liv. st. pour les mêmes années, soit 36,925,325 et 39,336,850 livres au lieu de 58,913,300 et 60,012,000 livres.
Les valeurs qu'Arnould attribue à l'exportation des vins et eaux-de-vie ne se concilient pas mieux avec la statistique anglaise. Les quantités de vins importées en Angleterre passèrent de 80,993 gallons (3,677 hectol.), en 1784, à 646.334 gallons (29,344 hectol.) en 1789. D'après un mémoire de Boyetet, le vin de Bordeaux se vendait alors à Londres 5 à 6 livres la bouteille et les vins de Bourgogne et de Champagne y valaient
1. M. H. V. Readc, Principal de l'Oflice statistique des douanos britanniques, a Ijicn voulu ni'envoyer ce document. J(; suis aussi redevable à M. n. V. Reado de la date précise à laquelle le traité de Methuen a cessé dï'tre appliqué. V. supra, p. 29.