‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 56 sur 153 · Cours complet, t. I, p. 580, note · texte numérisé non relu

Cours complet, t. I, p. 580, note

à 2,000 francs, etc. Napoléon avait calculé que l'élévation des droits aurait pour résultat d'avilir le prix des denrées coloniales dans les entrepôts anglais ; il comptait ruiner ainsi l'ennemi tout en augmentant ses propres recettes ^ La mise en vigueur du décret fut marquée par une vaste opération de douane, destinée à saisir les marchandises de fraude en France et même dans les entrepôts de contrebande situés hors de France à quatre journées des frontières. Des confiscations énormes furent pratiquées non seulement sur le territoire français, mais à Berne, Zurich, Francfort, Stuttgart, Munich, Dresde, Leipzig, Brème, Hambourg, Lubeck, Stettin, Kustrin, Dantzig. Les recettes de douane se montèrent à 150 millions, valeur des saisies non comprise. •

Le décret déjà cité du 5 août 1810 porta le droit sur le coton en laine à des taux variant de 600 à 800 francs suivant les provenances, sauf pour le coton de Naples à l'égard duquel fut maintenu le droit de 60 francs fixé par le décret du 22 février 1806. Un autre décret du 12 décembre de la même année établit sur le coton de Naples un droit additionnel de 60 francs, dont le produit devait être versé à un fonds d'encouragement pour la culture du coton, du pastel et pour la fabrication du sucre soit de raisins soit de betteraves. De même qu'il voulait relever le pastel en face de' l'indigo, créer un sucre indigène pour se passer du sucre de cannes, Napoléon n'hésitait pas à vouloir acclimater le coton dans le midi de la France. Il envisageait en même temps la substitution du lin au coton. Ici l'obstacle était la difficulté, alors non résolue, de filer le lin mécaniquement. Un prix de 1 million fut proposé pour l'inventeur d'une machine (décret du 12 mai 1810). Napoléon a expliqué lui-même le programme qu'il s'était tracé. « Je proposai au conseil d'Etat de prohiber l'importation du coton filé, des tissus de coton et des toiles de coton imprimées ; on" y pâlit. Je fis venir Oberkampf ; je causai longtemps avec lui ; j'en obtins que cela occasionnerait une secousse sans doute, mais qu'au bout d'un an ou deux de constance, ce serait une conquête dont nous recueillerions d'immenses avantages. Alors je lançai mon décret en dépit de tous ^

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