Ihid., Pièces justificatives, p. 460 et
LE SVSTÈME DE COLDEÛT. Il
merce de mer sans déroger et l'institution à Marseille d'un port franc et d'une chambre d'assurances. Par-dessus tout, Colbert suivait attentivement tout ce qui se rapportait au commerce maritime, accordant à l'occasion des primes, soit pour la construction des navires, soit pour le transport de certaines denrées ^ recommandant à l'intendant de la Flandre d'engager les négociants de Lille à expédier par la voie de terre jusqu'au Havre les marchandises destinées à l'Espagne, supprimant toul droit de transit sur ces opérations, payant même un entrepreneur pour effectuer les transports jusqu'au Havre-.
Le soin que Colbert prenait de faire diriger sur le Havre par Ja voie de terre le transit de Flandre en Espagne, n'avait vraisemblablement pas pour cause unique le désir d'enlever du fret au pavillon étranger. L'intérêt très spécial que tous les pays attachaient alors au commerce espagnol devait suffire à faire souhaiter que les marchandises des Flandres fussent apportées en Espagne par des navires français. « ... Ce commerce de toutes les nations en Espagne », lit-on dans une instruction du 29 septembre 1681 pour le Comte de Vauguyon^ « ne se fait presque point par échange de marchandises, mais pour de l'argent comptant qui vient en Espagne du Pérou ; ce commerce est d'autant plus considérable que c'est par son moyen que l'argent se répand dans tous les autres Etats de l'Europe et que plus chaque Etat a de commerce avec les Espagnols plus il a abondance d'argent ». Or. l'échange des marchandises étrangères contre l'argent espagnol se faisait dans des conditions singulières et telles que la France ne pouvait y prendre part qu'en envoyant ses propres navires à Cadix pour y réaliser une double opération de contrebande, que Colbert décrit dans l'instruction remise au comte de Vauguyon. L'exportation de l'argent monnayé ou en barres était interdite par la législation espagnole. Mais comme l'Espagne n'avait pas assez de manufactures et était obligée d'acheter des objets fabriqués à l'étranger, on y pourvoyait par la contrebande. Les étrangers amenaient leurs marchandises en rade de Cadix à l'époque du départ des galions
■i. P. Clément,' Histoire de Colbert, p. 390. ,