‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 82 sur 153 · Arnold Toynbee, op. cil., p · texte numérisé non relu

Arnold Toynbee, op. cil., p

élever l'offre au niveau de la demande, en utilisant toute la puissance de production des nouveaux engins de fabrication, l'industrie se concentre. L'atelier domestique est remplacé par la manufacture, le petit patron par le grand industriel.

Une classe nouvelle vient au jour, dégagée des vieilles idées de monopole, attachée à la doctrine de la liberté des échanges où l'expérience des affaires lui fait reconnaître une vérité pratique. « Il est impossible » dit M. Boutmy \ « de parcoorir les textes législatifs de la période qui s'étend de 1820 à 1830 sans avoir la sensation d'une société nouvelle, hardie, progressive, en contraste absolu avec la coterie inerte et bornée des premiers « lords du coton » — comme on les appelait — si vite absorbée et assimilée par la noblesse terrienne. Il est évident qu'une lumière a touché les yeux de ces nouveaux venus ; ils savent, voient et croient; un esprit de concurrence et de liberté, un optimisme qui recherche au lieu de craindre le combat pour la vie, un goût de large circulation, mobiles inconnus à la génération précédente, les éloignent de l'aristocratie rurale, les opposent à elle. »

Tandis que la gentry, maîtresse de la chambre des communes, continue d'employer son privilège politique à la consolidation de son monopole de fournisseur de denrées alimentaires, la classe des grands commerçants et des grands industriels, désormais constituée, commence à chercher dans la liberté économique la garantie du développement complet de sa puissance grandissante. En 1820, les marchands de Londres présentent au parlement une pétition qui demande l'abrogation des tarifs et des lois qui restreignent les échanges de l'Angleterre avec les autres nations. En 1823, ils renouvellent leur pétition, réclamant une réforme immédiate « quand même les autres nations tarderaient à établir la réciprocité ». *

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