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C'était le moment où Ganning venait d'entrer dans le cabinet Liverpool (septembre 1822), Son influence avait contribué à faire nommer chancelier de l'Échiquier Robinson, président du Board of Irade depuis 1818, lequel fut remplacé dans ce dernier poste par Huskisson. Un esprit nouveau avait avec eux pénétré dans le gouvernement. En présentant le budget de 1824, Robinson prononçait ces paroles significatives : « Pourquoi ne pas émanciper le commerce de la Grande-Bretagne? Pourquoi ne pas dénouer les liens qui le retiennent à terre, ne pas lui laisser prendre son essor pour porter les produits de notre industrie aux quatre coins du monde ? Quel temps pourrait être plus propice? Tout nous réussit... Voici la meilleure occasion que l'on puisse souhaiter de briser les chaînes dont les anciens préjugés ont chargé les énergies du peuple et de s'élancer d'un bond nouveau à la recherche de la richesse nationale. » '
S'inspirant de ces principes, Robinson et Huskisson proposèrent une transformation radicale du régime des soies. Les soies ouvrées étaient alors prohibées à l'importation ; les soies grèges et moulinées supportaient des droits d'entrée élevés et, -par compensation, les soieries britanniques bénéficiaient de primes à la sortie. La loi du 25 mars 1824 (5, Georges IV, c. 21) ramena le droit sur la soie grège et la bourre de soie de 5 sh. 6 d. à 3 d. par livre, le droit sur la soie moulinée non teinte de 14 sh. 8 d. à 7 sh. 6 d. Les droits furent abaissés, à partir du 5 avril 1826 (7, Georges IV, c. 53), à 1 d. pour les grèges et, pour les moulinées, à des taux variant de 2 shillings à 6 sh. 8 d. A la même date, les soies ouvrées cessèrent d'être prohibées à l'importation. Les primes à l'exportation des soieries avaient été supprimées par la loi précitée de 1824. Une autre loi de la même année (5, Georges IV, c. 66) abrogea les actes qui permettaient aux juges de paix de réglementer les salaires des ouvriers en soie. Les droits d'entrée sur la laine furent réduits. En môme temps disparut l'ancienne prohibition d'exporter les laines. Leur sortie et celle des poHs et peaux de lièvres et de lapins fut per. mise par une loi de 1824 (5, Georges IV, c. 47), moyennant des
1 . Cité par Stephen Dowell, A hislory of taxation and taxes in England from the earlieit times to the year 1885, London, Longmans, Green and Cs 1888 (2« édit.), t. II, p. 275-276.
droits de 1 d. par livre de laine ou de poils et de 1 shilling par 100 peaux. Les droits sur le charbon importé à Londres et sur le rhum des colonies britanniques furent de même abaissés.
En 4825, les lois douanières furent codifiées et le tarif des droits complètement revisé (6, Georges IV, c. lOo à 116). La codification fit disparaître une infinité de lois accumulées depuis 550 ans. L'acte de rappel (c. 105) énumérait 445 statuts ; les autres firent l'objet d'une clause générale d'abrogation. La revision du tarif fut l'occasion d'importantes réductions dans le taux des droits. Celui qui grevait le chanvre fut réduit de moitié ; le droit sur les vins français fut ramené de 11 sh. 5 d. par gallon i à 6 shillings, le droit sur les autres vins de 7 sh. 7 d. à 4 shillings. La somme des perceptions correspondant à la différence des tarifs fut évaluée à 700,000 liv. st., dont 100,000 pour le chanvre, 150,000 pour le café, 230,000 pour les vins, 250,000 pour les autres articles. Les réformes de l'année précédente représentaient une réduction de 1,150,000 liv. st., dont 460,000 pour la soie, 350,000 pour la laine, 200,000 pour le charbon, 150,000 pour le rhum des colonies anglaises-.
Huskisson fit de même abroger les lois qui punissaient l'embauchage des ouvriers anglais à l'étranger et donner au gouvernement le pouvoir de permettre l'exportation des machines lorsqu'elle paraîtrait ne pas pouvoir être préjudiciable aux manufactures du royaume.
Ganning, devenu en 1827 premier lord de la Trésorerie et chancelier de l'Échiquier, essaya d'améliorer également le régime des céréales. Le bill qu'il avait proposé, adopté par la chambre des communes à une grande majorité, fut modifié à la chambre des lordg, sur un amendement du duc de Wellington, de telle façon que Ganning préféra le retirer^. Un an plus tard, Wellington étant devenu premier ministre, son chancelier de l'Échiquier Goulburn faisait abroger la loi de 1815 en même
1. C'est le tarif de 1825 qui introduisit, pour la liquidation des droits sur les vins et spiritueux, le gallon impérial (4. lit. 54 cent.). Une autre loi de la même année faisait passer de l'administration du revenu intérieur (excise) à celle des douanes la perception des droits sur les vins, les spiritueux étrangers, le café, le cacao, le poivre et le tabac.