‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 92 sur 153 · Ibid., t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. I, p

230 J.-B. SAY ET FUliDKlUC UASTIAT.

peut acheter ; « plus les producteurs sont nombreux et les productions multipliées et plus les débouchés sont faciles, variés et vastes. Dans les lieux qui produisent beaucoup se crée la substance avec laquelle seule on achète : je veux dire la valeur^ »... « Un marchand placé dans une ville industrieuse vend pour des sommes bien plus considérables que celui qui habite un canton où dominent l'insouciance et la paresse... Une ville entourée de campagnes productives y trouve de nombreux et riches acheteurs ; et dans le voisinage d'une ville manufacturière les produits delà campagne se vendent bien mieux... Une nation par rapport aux nations voisines est dans le môme cas qu'une province par rapport avec une autre province, qu'une ville par rapport aux campagnes ; elle est intéressée à les voir prospérer ; elle est assurée de profiter de leur opulence, car on ne gagne rien avec un peuple qui n'a pas de quoi payer. ^ »

Jusque-là, les conclusions déduites par J.-B. Say de la .théorie des débouchés n'ajoutent que peu de chose aux considérations développées par ses devanciers. ]\Iais voici une observation nouvelle et vraiment originale. On achète avec ce que l'on produit. On ne peut même acheter que si l'on a produit. Les choses se passent donc précisément comme si l'on avait produit la marchandise que l'on achète. L'achat est une production indirecte. « Quand un commerce s'établit entre nous et une nation étrangère, nous renonçons à la consommation des produits que nous lui envoyons, pour jouir de la consommation de ceux que nous obtenons en retour. L'effet est précisément le même que si nous avions produit les marchandises étrangères sur nos' champs et dans nos ateliers; au fond, nous ne consommons jamais que ce que nousproduisons. . . Même lorsque nous consommons des marchandises étrangères, nous ne consommons toujours que des produits de notre pays; attendu qu'il nous est impossible de rien acquérir, soit au dedans soit au dehors, si ce n'est avec des produits de notre pays '. » J.-B. Say tire de cette conception du commerce extérieur des conclusions intéressantes.

Si en consommant des produits étrangers, nous consommons

Page 1