‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 93 sur 153 · Ihid., t. I, p. 593 et · texte numérisé non relu

Ihid., t. I, p. 593 et

nos propres produits, il est indifférent que nous fabriquions nous-mêmes ou que nous achetions à l'étranger certaines marchandises. La production du pays n'est pas diminuée par l'effet de nos importations. Car nous ne pouvons importer que si nous exportons et nous ne pouvons exporter que si nous avons produit. (Ju'on n'objecte pas que nous pouvons payer avec du numéraire, du moins tant que le stock n'en sera pas épuisé. L'or et l'argent que nous exportons ne sont pas des produits de notre sol. Nous les avons achetés à l'étranger avec nos produits. Ils représentent ces produits. Nous ne pouvons pas plus exporter le numéraire que des marchandises, sans avoir d'abord produit des marchandises ^ Par conséquent, si nous importons, c'est que nous avons produit. Supposez que l'on restreigne les importations, notre production n'augmentera pas. Cependant, dirat-on, si à l'abri de la protection nous arrivions à fabriquer la quincaillerie aussi bien et au même prix que l'Angleterre, nous ne lui en achèterions plus et l'importation anglaise serait remplacée par la fabrication nationale. On ne réfléchit pas que nous cesserions en même temps de fabriquer les marchandises au moyen desquelles nous payons la quincaillerie anglaise. Nous substituerions la production directe à la production indirecte; la production nationale ne serait pas augmentée -.

Ainsi l'importation étrangère ne réduit pas la production nationale. Il faut même reconnaître que, tout au contraire, elle tend à l'augmenter. Les marchandises que nous importons nous coûtent moins que si nous les fabriquions nous-mêmes. Le prix en étant plus bas, les consommateurs en sont plus nombreux. Avec la consommation des marchandises étrangères semultiplie la demande des produits nationaux au mo;^en desquels on les achète. On produit davantage puisqu'on achète davantage. Quand on n'importait pas de café, « leacouteliers de France, après avoir fabriqué la quantité de couteaux dont les habitants de la France pouvaient avoir besoin, n'en fabriquaient pas davantage, sous peine de les donner au rabais et d'y perdre. Maintenant, après avoir pourvu la France de couteaux, ils en fabriquent d'au-

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