‹ Le commerce extérieur et les tarifs de douaneChapitre 95 sur 153 · Cours complet, p · texte numérisé non relu

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duction n'en sont pas moins détruites et perdues pour le pays^ L'essentiel est d'en consommer le moins possible. La production indirecte, par la voie du commerce, doit donc être préférée à la production directe, lorsque celle-ci est plus dispendieuse.

Comme Adam Smith, J.-B. Say critique « la comparaison si facile et si fausse qu'on a fait d'une nation avec un marchand en boutique, lequel a véritablement des motifs pour donner la préférence à l'argent- ».3Iais sa démonstration est différente, et peut-être plus lumineuse. Si vous offrez à un marchand de bas des assiettes en échange de ses bas, il n'en voudra pas. Que ferait-il de vos assiettes? Il lui faudrait les vendre. « Il n'est pas marchand de faïence ; il n'est pas connu pour en vendre ; il n'est pas au fait de ce commerce ; il le ferait avec désavantage. C'est tout autre chose dans une nation. Elle renferme des négociants en tous les genres. Quand ils font venir des marchandises de l'étranger, ce n'est point un paiement qu'ils reçoivent, c'est une spéculation qu'ils font, ils sont marchands de la chose qu'ils reçoivent ; loin d'être pour eux un fardeau, elle est la source de leurs profits. » Ils donnent volontiers leur numéraire, pouracheter la marchandise qu'ils font profession de revendre.

Mais une nation n'est-elle pas intéressée à posséder beaucoup de numéraire, chacun ayant alors plus de moyens d'acheter ce qu'il désire, les marchands vendant plus facilement leurs produits, les capitaux étant plus abondants?

J.-B. Say passe rapidement sur les deux premières propositions, déjà réfutées par ses devanciers. Il s'attache surtout à combattre la confusion entre l'abondance du numéraire et celle des capitaux. C'est la formule nouvelle des partisans de la balance du commerce. Ils conviennent que l'argent n'est pas la richesse ; mais ils le confondent avec le capital. Ils pourraient, à la vérité, s'autoriser de certain passage de la Richesse des nations. Adam Smith n'a-t-il pas écrit que le numéraire fait toujours partie du capital national ?

Le mot « toujours » est de trop. Le numéraire que l'on destine à une consommation non productive n'est pas du

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