Cours complet, p. 568 et suiv
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capital. Le capital ne se compose que des fonds aiïeciés à la production. Adam Smilh lui-même a magistralement expliqué comment le numéraire fait partie du capital, 11 est l'un des éléments du capital roulant ou circulant, qui comprend en outre les matières premières et les produits fabriqués. Ce capital revôt successivement, au cours des opérations productives, la forme métallique, puis celle de matières premières, puis celle de produits fabriqués, puis, après la vente de ceux-ci, encore la forme métallique. La rotation recommence tant que continue la production.
« Lors donc, éciit J.-B. Say, que le numéraire que l'on tire du dehors irait se ranger parmi les capitaux de la nation, il ne serait qu'un changement de forme pour cette partie du capital et ne constituerait pas une augmentation. On ne peut nier que le fonds de commerce d'un négociant et par conséquent les sucres, par. exemple, qu'il a dans ses magasins, ne fassent partie des capitaux d'une nation ; cependant, quand à la suite d'une opération de commerce il reçoit pour 20,000 francs de sucre, on ne dit pas que son capital est augmenté de 20,000 francs. Il a changé une valeur capitale, qui était en blé peut-être, contre une valeur en sucre ; et s'il a fait un bénéfice sur cette opération, ce bénéfice fait partie de ses revenus, non de ses capitaux. De même, si après avoir fait un envoi de marchandises dans l'étranger, il en reçoit les retours en écus, ces écus sont un changement de forme subi par son capital et non un nouveau capital qu'il a reçu ^ » L'exportation du numéraire ne diminue pas plus le capital national que l'importation ne l'augmente. En échange du numéraire exporté, une contres-valeur a dû être importée ; qu'elle consiste en marchandises, et le métal devient marchandises. La forme du capital a changé, mais non sa consistance. Ajoutez que celte transformation est la condition nécessaire du profit commercial.
Faute d'avoir compris le rôle des capitaux métalliques et le mode de leur productivité, les protectionnistes se sont imaginé qu'un négociant français achetant des percales anglaises employait une partie de son capital à faire travailler les manufac-
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tures anglaises au lieu des françaises. En réalité, l'acheteur ne prête pas son capital au vendeur. Le capital de celui-ci n'a pas été augmenté, mais simplement transformé par la vente. L'acheteur de son côté ne s'est démuni d'aucune partie de son capital. Il a transformé son argent en marchandises. Le plus souvent même, l'acheteur emprunte le capital du vendeur, loin de lui prêter le sien. Les achats, en effet, ne se font pas au comptant dans le commerce, mais à terme. Eh vendant ses tissus payables à six mois, par exemple, le manufacturier anglais a réellement prêté son capital au négociant fi-ançais ^ T/est ce que l'on aurait aperçu facilement, si l'on n'avait pas été égaré par cette idée fausse de l'identité du numéraire et du capital.
J.-B. Say reproduit les explications de David Hume et d'Adam Smith sur les circonstances de l'importation et de l'exportation des métaux précieux. « C'est ignorer les allures du commerce que de s'imaginer que l'on puisse (par des achats faits en espèces à l'étranger), je ne dirai pas épuiser l'approvisionnement qui nous est nécessaire en métaux précieux, mais seulement le réduire un peu, sans en faire monter la valeur au-dessus de leur valeur dans l'étranger, et que, dans ce cas-là, les spéculateurs perdraient à en exporter, tandis qu'au contraire ils gagneraient à en faire venir'-. » De même, quand une nation est nantie de la quantité de métaux précieux dont elle a besoin pour ses échanges, « personne ne lui en adresse, personne n'en fait venir, car ces métaux n'ont pas alors une valeur supérieure à celle qu'ils ont ailleurs ; ils en ont une moindre peut-être et l'on perdrait à en importer^ ». On porte toujours les métaux précieux de l'endroit où ils valent moins à l'endroit où ils valent plus. J.-B. Say en conclut avec David Ilurfie et .Adam Smith que, quelle que soit sa législation, un pays reçoit toujours tout l'or et tout l'argent qui lui sont nécessaires et n'en reçoit jamais au delà de cette quantité. Il en déduit, de plus, que les partisans de la balance du commerce se proposent un résultat impossible. « Ils veulent à la fois deux effets contradictoires et dont l'un exclut l'autre. Ils veulent que, dans notre pays, les métaux précieux