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« Empruntée aux Arabes, assimilée par les peuples voisins à leurs besoins intellectuels, la musique en est encore à son expression la plus primitive, le chant populaire; encore est-ce moins du chant qu'une traînante mélopée d'un charme mélancolique et sauvage, dans laquelle on peut voir se refléter le fatalisme résigné des Orientaux.
u De sa voluptueuse langueur se dégage bientôt une invincible monotonie que l'emploi presque exclusif des modes mineurs, le manque absolu d'harmonie et surtout l'accompagnement à l'unisson par les instruments de ces mélodies strictement homophones, justifient pleinement. Ce qui surtout, peut paraître étonnant, c'est que les Orientaux, tout en possédant des instruments capables de produire des accords, semblent ignorer l'harmonie et s'en tiennent toujours h la musique mélodique et rhvtmique. » (B. c. r;., janv. 1902, p. i58.)
Les principaux instruments orientaux sont le lavouda ou luth, le psaltérion ou grande cithare aux cordes métalliques, le zourna et le guérify qui sont des espèces de hiiutbois, le kémentché violon h trois cordes, le iouloum ou corne muse, le daïrc o\x tambour de basque. Il existe encore d'autres instruments indigènes qui tendent h disparaître. \J accordéon 'a vécu; Y orgue de Barbarie ^ku\ notes parfois si mélancoliques, n'est bientôt plus qu'un souvenir : on lui préfère la mandoline et le piano mécanique ou lanterna.
Le piano mécanique menace de tout envahir ; la man-
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cloline a été mise à la mode par les coiffeurs, qui se piquent d'exceller dans tous les arts. Ils forment des sociétés musicales on paréas^ qui donnent des concerts, des soirées et des aubades. Après les coiiFeurs, ce sont les cordonniers et les menuisiers qui ont le plus de vocation pour la musique.
En général, les Levantins ont une extraordinaire facilité à s'assimiler les premiers principes de la musique : à les croire, tous les instruments peuvent être appris en l'espace de quelques mois.
Dans d autres classes de la société, où Ton paraît comprendre la musique savante d'importation étrangère, le piano fait fureur. Il n'est pas une jeune fille de bonne condition qui ne sîiche toucher de cet instrument : aussi les ventes sont-elles assez nombreuses. Les marques françaises les plus demandées sont les marques Bord et Boisselot; les Pleyel et les Erard sont plus estimés, mais se vendent plus cher. Parmi les marques étrangères, relevons les Berkstein et Teurich d'Allemagne, Cellard et Colland de Londres. Les pianos allemands se vendent couramment 600 francs et sont plus demandés que les nôtres.
Les orgues et harmoniums se vendent peu, et cela se comprend. Les églises chrétiennes sont peu noml)reuses.
Les violons sont vendus par l'Allemagne, mais les meilleurs viennent de France ou d'Italie. Il s'en vend fort peu. Les mandolines et les guitares viennent d'Italie.
Les instruments à vent et en cuivre ne servent guère quaux musiques militaires. Le gouvernement ottoman les demande de préférence à l'Autriche, dont les prix sont moins élevés que ceux de la France ou de TAUemagne.
MM. Zildjian et fils, de Constantinople, ont la réputation de fabriquer les meilleures cymbales qui soient au monde.
En 1900, nous avons vendu à la Turquie :
98 pianos droits au prix de 600 francs Tun et 5 pianos à queue, au prix de 1800 francs l'un ; total général 67.800 francs;
1 3 orgues et harmoniums^ v. 25o francs l'un; total 33oo francs;
'2 orgues de Barbarie seulement, a 5oo francs la pièce ;
total 1000 francs;
94 violons et altos, à /^o francs la pièce ; total 38ou francs ;
1 82 ophicléides et saxophones, à 99 francs Tun ; total 18.000 francs;
des clairons pour une somme de 1 1 .400 francs ;