‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 131 sur 132 · ÎP · texte numérisé non relu

ÎP

fr.

Détail en 1900

quint. fr.

quint.

fr.

Sav., y compris les sav. transparents 3 le kg. 263 63. o

Parf. alcooliques . 5, 60 le lit. 401 149.2

Parf. non alcooliques 4,251ekg. i32 45.0

Savons autres que

ceux de parf. . . o,551ekg. 9.408 348.4 7.896 434.3

10.210 quintaux ont été importés par navires français, 83 par navires étrangers, et i par voie de terre.

L'Orient est le pays des parfums. Aussi loin qu'on peut remonter dans Thistoire, on en trouve l'emploi dans la vie domestique et dans les fôtes civiles et reli-

g^ieuses. Aujourd'hui encore, les Musulmans s'aspergent d'eau de rose dans certaines cérémonies pieuses et de famille, les orthodoxes brûlent de Tencens devant les icônes, les femmes se couvrent le visage de poudre de riz et les hommes se teignent la moustache.

Les parfums étrangers et particulièrement les parfums français se vendent dans les grandes villes ; mais, d{\ns les cités de moindre importance et dans les localités les plus éloignées de TEmpire, on préfère la parfumerie indigène. Suivant les régions, on obtient diverses huiles des plantes aromatiques, telles que le thym, la sauge et Torigan ; on extrait des essences de la rose ou de la fleur d'oranger : à Rhodes, un arbre nommé styrax^ de la grandeur du chêne, laisse exsuder une résine qui se vend sous le nom d'huile de styrax ; à Chio, le mastic ^ qu'on emploie à parfumer le raki, sert aussi de dentifrice ; ailleurs, on utilise la lavande et les cassies pour donner une bonne odeur au linge; le henné^ qui vient d'Orfa, sert à colorer les cheveux et les ongles ; on parfume les chambres avec de l'écorce d'ambre et Ton conserve les fourrures dans des caisses de bois de cyprès. Les fabriques locales, imitant les produits européens, font des savons, de la poudre de riz, des extraits pour le mouchoir, des eaux de Cologne qui se vendent sous des noms de fantaisie, des eaux de lavande et de toilette, des cosmétiques, des teintures pour les cheveux et la moustache, etc. Le tout se vend meilleur marché qu'en France, mais les qualités sont très inférieures.

Enumérons les produits européens qui ont le plus de vogue.

Les savons donnent lieu à un chiffre d'affaires très important. Les meilleures qualités sont logées en cartons de trois savons, les qualités inférieures en cartons de six et même douze savons. Les prix varient de i fr. 5o à i5 francs la douzaine.

La poudre de riz est également très demandée. Elle se vend depuis 6 francs la grosse jusqu'à 3o francs la douzaine.

L'eau de Cologne est très employée. On préfère la marque allemande Jean -Marie Farina, sans exclusion pourtant de toutes les autres marques.

Les dentifrices du D"* Pierre et des Bénédictins sont les plus recherchés.

Les eaux de toilette, d'une vente plus restreinte, se paient de i8 k 21 francs la douzaine.

Les fards et teintures pour cheveux, cosmétiques, crèmes, pommades et sachets trouvent également un débouché appréciable.

Bien entendu, pour tous ces articles, ce sont les moins chers qui trouvent le plus facilement acquéreurs. Nous avons dit qu'on préfère les marques françaises ; en réalité, elles jouissent d'un quasi-monopole ; les articles étrangers se vendent peu. Les marques françaises les plus répandues sont (nous citons par ordre alphabétique), les marques : Bourjois et C'®, Gellé frères, Lubin, Pinaud, Piver, Roger et Gallet, Simon et Violet. Ces marques sont le plus souvent importées par les grands magasins de Paris, le Bon Marché, le Printemps, le Louvre, etc.

Après les marques françaises viennent diverses marques allemandes, puis les marques anglaises Atkinson, et enfin quelques articles autrichiens, italiens et grecs.

Bien que prospère, notre commerce dans le Levant est entravé par deux sortes de difficultés fort différentes : les contrefaçons et les analyses en douane.

Comme nos articles sont très estimés, il n*est pas rare de voir vendre dans une bouteille authentique de Lubin ou une boîte étiquetée Gellé frères des produits quelconques de composition locale. Ces procédés déloyaux nuisent singulièrement à la réputation des bonnes marques. Différents procès ont été faits sans succès à ces contrefacteurs sans scrupule.

Quant aux analyses, un règlement impérial soumet en douane à une visite hygiénique les préparations chimiques et pharmaceutiques et les spécialités, les comestibles et les boissons, les savons, les joujoux peints et autres.

Il n'est pas question de la parfumerie, mais avec cette facilité d'interprétation que les administrations s'attribuent en toutes les parties du monde, les teintures, poudres de riz et autres articles doivent se soumettre •aux exigences de la douane qui, parfois, rend des arrêts prohibitifs. On prétend que quelques-uns de ces an'êls n'auraient d'autre but que de favoriser la fabrication — lisez la contrefaçon locale. Il est, en tout cas, certain que, sous couleur d'analyse, la douane exige parfois qu'on lui fasse connaître certains procédés de fabrication. Naturellement, les commerçants refusent et ils n'ont pas tort.

Les statistiques ottomanes ont estimé, en 1897, *^ 669.000 francs pour la parfumerie et i4i-ooo francs pour les savons de toilette le chiffre des importations étrangères en Turquie. Ces chiffres sont notoirement inférieurs à la réalité.

Le commerce des parfums est accaparé à Constantinople par la maison Orosdi-Back, qui les réexpédie dans le reste de l'Empire. (B, G. C, fëv. 190a, p. 41a.)

lo* €olis postaux.

Les colis-postaux ont atteint, en 1900, une valeur de 697.600 francs au commerce général et 248.200 francs au commerce spécial.

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