‹ Le commerce français dans le LevantChapitre 36 sur 132 · hab · texte numérisé non relu

hab

Kovéït. . . .

Hassa dans le

Nasériyé. . .

Nedjed . .

Souk-el-Chik.

Kattar. . • .

Aniara. , . .

riniers. Le vilayet est obligé, pour se procurer du bois, d'aller le chercher soit aux Indes anglaises, soit à Mossoul.

L'élevage du bétail est très développé et fournit en chevaux, laines, peaux, boyaux et beurre à peu près le tiers du commerce d'exportation. La pêche des huitres perlières se pratique couramment sur les côtes du Nedjed.

L^ndustrie se borne à la fabrication des abas, des tentes et des nattes. Les habitants de Kovéït construisent pour le cabotage de petits voiliers nommés baghalés.

Les transports par terre se font par caravanes» qui, dans ces plaines immenses, n'ont pas de routes tracées. La navigation fluviale est plus importante. Bassorah, qui est en réalité le port de Bagdad, est en communication avec cette ville soit par des voiliers ou barques appartenant à des particuliers, soit par les vapeurs de la Compagnie ottomane de navigation fluviale dirigée par l'amirauté de Bassorah, soit eniin par ceux d'une Compagnie anglaise. Les vapeurs font le voyage d'aller et retour en sept ou huit jours si les eaux sont hautes, en dix ou onze si elles sont basses. Mais il arrive souvent que durant la saison des basses eaux, qui dure de juin à novembre, la navigation sur le fleuve est absolument impossible. Alors les marchandises peuvent s'accumuler à Bassorah. Les prix de transport sur les bateaux ottomans sont d'environ 4 centimes le kilogramme .

Le mouvement commercial de Bassorah qui vers 1890 n'était que de 45 millions de francs en moyenne, s'est élevé en 1899 ^P^^^ de 60 millions, dont 3o.5oo 000 à l'importation et 29 millions à l'exportation. Ce mouvement ne doit pas être considéré comme propre à la ville de Bassorah ; en réalité Bassorah est un port de transit pour Bagdad et la Perse, qui peuvent revendiquer la majeure partie des marchandises exportées ou importées.

Il n'existe pas de maison française à Bassorah. Le

trafic qui se fait entre cette ville et la France est aux mains de commissionnaires indigènes établis à Marseille, qui opèrent pour leurs clients de Bagdad ou de Bassorah.

En l'absence de toute statistique douanière, M. Rouet, vice consul de France, estime que nos ventes à Bassorah ne doivent pas dépasser 3 millions et demi de francs, dans lesquels les sucres de Marseille entrent pour 2 millions. Nos achats s'élèveraient à 3 millions, dont moitié en laines. (M. 0, c, 6 juin 1901.) Malgré ces chiffres peu élevés, la France tiendrait encore le deuxième rang dans le commerce général du port. Ces chiffres pourraient se relever si les Messageries maritimes ou toute autre Compagnie de navigation française consentaient à desservir le golfe Persique, comme les Messageries Tout fait un moment en 1896.

D'une façon générale, les marchandises dominantes sont : à l'exportation, les laines, dattes, gommes, chevaux, noix de galle, opium, crin et mohair ; à l'importation, les soieries, lainages et cotonnades, les épices, le sucre, le riz, le bois pour caisses de dattes, le café, le fer et le tabac.

La ville actuelle de Bassorah se trouve à 10 kilomètres de la ville des Califes, où l'on voit quelques ruines intéressantes. Elle est sale, non pavée, malsaine, et ne contient qu'un beau quartier cré en 1870 par Midhat-Pacha, alors gouverneur de la province.

Bagdad. — Le vilayet de Bagdad est, comme celui de Bassorah, composé de plaines dont quelques collines seulement rompent la monotonie du côté du nord^ Il est

*■ Superficie 140.000 kilomètres carrés.

Population 85o.ooo habitants.

Villes principales :

Bagdad . . . i45.ooo hab. Hillé .... 3o.ooo hab.

Kerbéla. . . 65. 000 — Kazinië . . . 6.000 —

LES ZONKS COMMERCIALRS H7

traversé par le Tigre et TEuphrate, navigables sur tout leur parcours à travers la province. Le climat est généralement sain, mais la température extrêmement chaude oscille entre -H 8 et -4- 3 7 degrés.

Le sol, gras et fertile, avec d'épais dépôts de limon en beaucoup d'endroits, est peu cultivé. Il produit des céréales: blé, riz, orge, sésame, maïs, millet; — des dattes; — des légumineuses : fèves, haricots, lentilles; — des fruits : citrons et limons, oranges, figues, raisins, grenades, abricots; — des aubergines, tomates, courges, artichauts, etc. Les forêts ont disparu.

Il existe de bons et nombreux pâturages, où Ton élève des moutons, des chèvres, des bœufs et vaches, des ânes, des chameaux et des chevaux d*une belle race.

Les mines donnent du bitume, du naphte et du pétrole blanc. Les salines sont fort importantes.

L'industrie consiste dans la fabrication d'abas et d'étoffes de soie pure ou mélangée extrêmement variées (keffiéSy icharchafs, lankias^ dessmalés, etc.), en articles d'orfèvrerie, de chaudronnerie, en tanneries, poteries et briqueteries.

Il n'existe pas de routes proprement dites : le commerce terrestre se fait par caravanes entre Bagdad et Mossoul d'une part, BsTgdad et la Syrie d'autre part, enfin entre Bagdad et Kermanchah (Perse). Pour ces diverses destinations, le prix des transports est sensiblement de 2 fr. 75 par jour la charge de i4o kilogrammes. Le voyage entre Bagdad et Damas (75okilom.) dure environ deux mois; avec un bon guide, il offre toute sécurité.

Mais les transports principaux se font par voie fluviale entre Bagdad et Bassorah (environ 3oo kilom.), soit par kéleks, soit par les vapeurs dont nous avons parlé plus haut.

On en peut juger par le mouvement commercial.

L'importation par Bassorah est évaluée par M. Vital Cuinet à 22 millions de francs, dont 11.800.000 francs pour l'Europe, 5. 600. 000 francs pour les Indes et 4.600.000 pour la Perse. Par Kermanchah, elle est évaluée à 4-700. 000 francs, et par la Syrie, à 25o.ooo francs.

A l'exportation, M. Vital Cuinet relève 3b millions par Bassorah, 4 millions par la Perse et 2.700.000 par la Syrie.

Les importations d'Europe consistent surtout en objets manufacturés, sucre et cuivre, celles de Tlnde en étoffes, soieries, café et encens, celles de Perse en gomme adragante, tapis, prunes et opium, celles de Syrie en fil d*or ou laminés, savons et étoffes diverses.

Les exportations par Bassorah consistent en blé, sésame, mais, dattes, noix de galle, laines et diverses étoffes de soie pure ou mélangée. Les exportations par la Syrie consistent en tabacs de Perse, vaches et chameaux.

Aucune maison française n'est établie à Bagdad, ville très déchue, mais qui doit retrouver dans le prolongement du chemin de fer de Koniah, les éléments d'une prospérité nouvelle et considérable. Elle a été construite Tan 764 de notre ère. Le cinquiènre calife abasside, Haroun-al-Raschid, la porta à un haut degré de prospérité. La ville actuelleest entourée d*un mur de défense flanqué de tours. Les maisons sont construites en briques. On remarque plusieurs belles mosquées dans le style persan.

L'emplacement de l'ancienne Babylone se trouve près de la ville actuelle de Hillé.

MossouL. — Le vilayet de Mossoul correspond à l'ancien royaume d'Assyrie, dont Ninive fut la capitale. Il est arrosé par le Tigre et ses divers affluents. Le sol est assez mouvementé dans le nord, où les montagnes se couvrent parfois de neiges ; le reste de la province se

LES ZONES COMMEKGIALES M9

compose de plaines où l'été il règne pendant plusieurs semaines une température de 4^ degrés K

Le sol est fertile ; mais, ruinés par Tusure, les habitants ont peu de courage pour travailler et la culture est très négligée. Les principaux produits agricoles sont le blé, Torge ; les melons, pastèques et citrouilles ; — les aubergines, les raisins, oranges, grenades, figues, olives^ prunes et cerises ; le coton, le sésame, la graine jaune, la racine de réglisse. Peu de grandes forêts: les principales essences d*arbres sont les platanes, cyprès, pistachiers, grenadiers, figuiers, oliviers et peupliers.

L'industrie, très florissante encore au xvni® siècle, est réduite à la fabrication de rares tissus de luxe, au tissage d'étoffes usuelles de coton et de laine, à la préparation des peaux et à la teinturerie. La ville de Mossoul a donné son nom aux mousselines, d*où elles sont originaires.

Il n'existe pas de routes proprement dites, mais seulement des sentiers que suivent les caravanes. La majeure partie des transactions se fait avec Bagdad, d'où Mossoul est séparé par une distance de 3jo kilomètres ; quelques-unes se font avec Alep à travers la province de Zor. Le prix d'une charge de chameaux (i5o à aoo kilos) entre Mossoul et Bagdad est de 28 à 3o francs; d'autres transactions se font par kéleksy lorsque la navigation le permet.

Le vilayet de Mossoul exporte principalement du blé, de Torge, des pois chiches, des lentilles, du gland-doux qui sert à faire leracahout, des fruits secs, noix de galle, bestiaux, bois, gypse, etc. Il importe diverses étoffes de

' Superficie 75.700 kilomètres carrés.

Population 3oo.ooo habitants.

Villes principales:

Mossoul . . . 60.000 hab. son caza . . So.ooo hab.

Suleïmanieh . iS.ooo — Krbil (Arbel- Kerkouk et les) et son caza la.ooo —

coton et de laine, des soieries, des fils de coton, des pâtes alimentaires et des métaux : cuivre, fer-blanc et zinc.

Mossoul, chef-lieu du vilayet, est entouré de remparts tombant en ruines. Elle possède quelques beaux édifices, mais la ville elle-même est triste avec ses rues étroites et sales et ses maisons, dont toutes les ouvertures donnent sur une cour intérieure. Les ruines de Ninive se trouvent aux environs de Mossoul.

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